Barack Obama | Une terre promise

Publié le par Christophe Delaigue

Barack Obama | Une terre promise

Ce post' pourrait s'intituler : “Osez l'aventure !” Car c'en est bien une que cette expérience de lecture ! C'en est une tant la personnalité qui prend ici la parole a joué un rôle international indéniable mais aussi parce que ce 1er tome de ses Mémoires présidentiels fait à lui seul près de 850 pages !! Oui, de quoi ne pas oser se lancer ! Et pourtant...

Cette lecture, qui paraît simultanément aux Etats-Unis et chez nous en France, est passionnante, je vous assure, et plutôt facile à lire. Je vous promets. Je n'ai pas tout à fait fini, puisqu'il me reste à lire un peu moins du 1/4 du livre, mais en même pas une semaine ! Certes, j'avais un peu de temps... et quand ça me passionne alors... !! Mais surtout ça se lit vraiment bien. Il est vrai qu'il faut s'accrocher ci et là, parce que la crise financière de 2008 ou le projet de réforme du système de santé qu'a porté Barack Obama sont des processus complexes dans lesquels il nous entraîne, et qu'il n'hésite pas à croire que nous pouvons le suivre dans les méandres des enjeux et de la complexité d'adoption des projets de loi qu'il porta avec ses conseillers et son administration. De même pour la diplomatie ou rien n'est jamais simple. Mais on arrive à suivre assez facilement, le style (et la qualité de la traduction) le permet, les anecdotes et les souvenirs aussi, certaines expressions pleines d’humour également.

Je le redis, c'est passionnant. Et je suis frappé de l'humilité de l'homme, sa lucidité aussi, et sa tenacité. Un homme bosseur, qui sait d'où il vient, qui ne veut pas l'oublier, et qui est à toujours l'écoute, vraiment, de ses conseillers, mais aussi du terrain. Qui s'en donne les moyens. Qui croit en une démocratie participative qu'il veut faire mieux advenir. Et qui quoi qu'il arrive veut être fidèle à ses promesses et ses engagements au nom de l'Amérique en laquelle il espère, au nom de ce rêve américain qui est son moteur de vie, au nom d'une juste place pour chacun, au-delà des différences raciales, sociales, ethniques et culturelles. Une Amérique états-unienne où chacun puisse trouver sa place, où l'on construise des ponts, où les écarts ne se creusent pas, dans le respect profond des intuitions fondatrices qui président au système démocratique états-unien.

Rien ne destinait Barack Obama aux plus hautes fonctions. Il se cherchera pas mal, entre le monde du social et de l’associatif et celui du droit. Et finalement dans celui de la politique où sa carrière, nous le savons, fut du genre assez fulgurante. En quelques années à peine il est passé d'élu local, au Sénat de l’Illinois (1997-2004), à sénateur fédéral (à partir de 2005) et, seulement quatre ans plus tard, Président des Etats-Unis. Au terme d'une course à l'investiture et d'une campagne présidentielle qui furent féroces. En essayant de préserver sa vie familiale – dans laquelle nous plongeons aussi en ces pages – et en tentant quoi qu'il arrive d'être fidèle à ses valeurs et à ce pour quoi il voulut s'engager.

Je ne me rappelais pas qu'il fut élu en pleine crise financière de 2008. Doublée de l'épineuse question irakienne, elle-même doublée de la guerre en Afghanistan suite aux attentats du 11 septembre 2001. En plus de tout cela Barack Obama et son administration s'attelèrent à la crise nucléaire iranienne mais également à ce qui fut sa grande réforme du système de santé – le fameux Obamacare – qu'il réussit à faire adopter au prix de combats âpres, jusque dans son propre camp.

Tout au long de sa double mandature (2009-2017) il se heurtera à une opposition systématique du camp républicain, alors qu'il voulait unir et faire avancer ensemble les uns et les autres, toujours prêt à négocier, à rencontrer, à essayer de comprendre le point de vue de l'autre. Ce qui sera aussi sa ligne de conduite pour la diplomatie internationale qui fut marquée par sa désignation au Prix Nobel de la Paix en 2009 et qu'il reçut comme un appel à ce à quoi il devait travailler au cours de son mandat.

Vous le pressentez mieux, j'espère, ou vous l'aurez compris : c'est pas-sion-nant ! Et, je le redis également : vraiment ça se lit bien, quasi comme un roman. Essayez ! Et s'il fallait vous donner envie autrement, regardez la courte vidéo ci-dessous qui donne un petit aperçu ou avant-goût.

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Barack Obama, Une terre promise (Mémoires présidentiels tome 1), Fayard, novembre 2020, 843 pages, 32€.

 

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