Homélie mardi 9 février 2021

Publié le par Christophe Delaigue

Mardi de la 5ème semaine du Temps Ordinaire

[Carmel ND de Surieu]

Gn 1,20 – 2,4a / Ps 8 / Mc 7,1-13

 

Est-ce que parfois nous ne sommes pas ces pharisiens de l’Évangile ?

Nous honorons des lèvres, notamment quand nous chantons les louanges du Père – et cela rythme vos journées, mes soeurs, cela rythme les nôtres à nous aussi, prêtres, et même certains laïcs – ; nous honorons des lèvres notamment encore quand nous annonçons la Parole de Vie et les appels de l’Évangile...

Mais notre cœur, parfois, où est-il ? Notre cœur est-il toujours proche du Seigneur ?

Je crois que sincèrement nous cherchons à nous rendre proche de Lui, nous le cherchons, déjà présent qui nous attend, et c’est bien tout le sens de votre vie ici au carmel, c’est l’appel que vous êtes pour nous, le signe.

Mais concrètement, pour de vrai, notre cœur est-il accordé à nos lèvres ?

Ce que j’entends en creux de cette parole de Jésus qui cite le prophète Isaïe c’est l’appel à mettre en pratique ce que nous croyons et affirmons, et notamment en vivant très concrètement l’unique commandement qui accomplit toute la Loi, le double commandement de l’amour : aimer Dieu et, c’est semblable (nous dit l’évangile de Matthieu, semblable donc inséparable), aimer son prochain comme soi-même.

Nous le savons tout cela, mais il nous est bon de le réentendre ; il ne s’agit pas seulement d’aimer Dieu pour l’aimer, il ne s’agit pas seulement (1) de le chercher, (2) de vouloir suivre le Christ et (3) de désirer l’union avec lui. Pas seulement. Mais cela, l’incarner dans toute notre vie, et donc notre vie relationnelle, qu’elle soit communautaire, familiale, paroissiale – notre vie fraternelle.

C’est-à-dire nous donner tout autant les moyens (1) de chercher le frère, la sœur, chercher à les rejoindre, les comprendre, à les aimer, (2) de vouloir aussi avancer ensemble, dans une même direction, et donc apprendre à vouloir vraiment se comprendre, à se réconcilier aussi, et (3) de désirer la communion – j’ose dire « parfaite » – et du coup chercher comment tendre réellement vers celle-ci, quoi qu’il nous en coûte.

C’est cela aimer. Nous aimer les uns les autres comme le Christ nous a aimés (Jn 15,12).

Cela nous paraîtrait-il parfois impossible, difficile, inenvisageable ? Rappelons-nous ce que la 1ère lecture nous redisait : nous sommes créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, et son Souffle de Vie, son Souffle d’Amour qu’est l’Esprit Saint, a été insufflé en nous.

Ce serait trop difficile en apparence que d’aimer ce frère, cette sœur ? Posons tout-jours cet acte de foi qu’en Dieu, avec Dieu, un chemin de vie reste toujours possible, qu’il faudra chercher et demander. La vie est plus forte que le mal, nous le savons, nous le célébrons à chaque eucharistie, puissions-nous le croire vraiment, et le vivre, en toute situation, jusque dans les toutes petites choses du quotidien qui parfois alourdissent tellement notre cœur.

Alors oui, honorons le Seigneur de nos lèvres, lui que notre cœur aime, pour prendre force en Lui et recevoir de lui toute paix. Que cela nous donne de l’honorée avec un cœur aimant qui apprenne et cherche à gagner son frère, sa Soeur, dans le don de nous-mêmes. Par amour. J’ai envie de dire : tout simplement. Mais surtout comme le Christ lui-même. Amen.

 

Publié dans Homélies

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