Homélie jeudi 22 avril 2021

Publié le par Christophe Delaigue

Jeudi de la 3ème semaine du temps pascal

Ac 8,26-40 / Ps 65 (66) / Jn 6,44-51

 

Pas si simple, ces paroles d’Évangile… Pas si simple tellement tout semble imbriqué de ce que nous y est dit du Père et du Fils. On dirait que ce qui nous y est révélé de l’un et de l’autre, que tout cela est comme en train de se tisser au fil de ce que Jésus nous en dévoile… Laissons-nous entraîner par lui dans le mystère… ce mystère face auquel on ne peut que balbutier...

On l’a déjà entendu ces jours, il est, lui le Christ ressuscité, le Pain vivant qui vient du Ciel, Celui qui nous promet la vie éternelle et la résurrection au dernier jour.

Et on vient de l’entendre, s’il est celui qui vient de Dieu, lui le Christ Jésus, il est donc celui-là seul qui a vu le Père de ses propres yeux et qui le connaît vraiment, pleinement. Et croire cela, nous dit-il, et donc croire en lui, c’est déjà de l’ordre de la vie éternelle. C’est vie éternelle.

La vie éternelle, dira-t-il au ch. 17 (dans sa grande prière dite « sacerdotale », juste avant sa Passion), c’est de connaître le Père, lui le seul vrai Dieu, et celui qu’il a envoyé, Jésus Christ (cf. Jn 17,3).

Connaître c’est-à-dire savoir qui il est – qui est Dieu –, mais aussi le reconnaître, faire l’expérience de qui il est, vivre en relation avec lui, en intimité avec lui.

Et connaître le Fils, le Christ Jésus, c’est le reconnaître comme l’envoyé du Père mais aussi comme le Ressuscité, celui qui est présent pour tout-jours avec nous, comme il l’a promis, celui qui donne l’Esprit Saint, et celui qui nous révèle pleinement le Père.

Mais pour le reconnaître comme tel, nous dit Jésus, il nous faut nous laisser instruire par Dieu lui-même, notamment et déjà par sa Parole et toute l’histoire de la révélation qui se raconte dans les Écritures – comme avec Philippe et l’eunuque éthiopien, dans la 1ère lecture.

Alors nous allons comprendre qui est Jésus et qu’il nous révèle pleinement le Père car il est son envoyé, son Fils Bien-aimé de toute éternité, celui qui seul connaît vraiment le Père car lui seul, nous dit-il, a vu le Père.

Le Père qui nous attire, dit aussi Jésus… Qu’est-ce que cela veut dire ?

Nos cœurs pressentent Dieu, nous sommes comme attirés par lui. Certes, c’est parfois sans le nommer. Mais nos cœurs à tous pressentent un « plus grand que nous », quelque chose qui nous dépasse. Et dans notre histoire à chacun cela nous a mis en route un jour, sans doute parce qu’on nous avait déjà parlé de Dieu et sans doute avec le Christ que nous avions déjà appris à connaître un peu.

Nos cœurs qui pressentent et qui sont attirés par le Père, c’est, je crois, la marque en chacun de nous de la présence de Dieu, son Souffle de Vie déposé en nous aux jours de la Création.

Nos cœurs pressentent Dieu et cela nous a conduit au Christ qui se révèle à nous et qui nous emmène avec lui dans la pleine connaissance du Père, petit à petit, à l’écoute de la Parole, à l’écoute de l’histoire du salut et de la révélation, et dans une compréhension progressive du mystère de Dieu et de son désir de salut pour notre humanité.

Et là le Christ se donne à connaître. Il s’est déjà donné à connaître à nous, sans quoi nous ne serions pas là, mais jour après jour il se donne encore à connaître, il se découvre à nos cœurs et se révèle à nous. Sa Parole vient faire son œuvre en nous.

Et nous croyons. Nous croyons en lui, nous croyons en l’amour du Père qu’il est en sa personne, et nous pouvons croire et goûter déjà en une présence du Père que nos yeux, pourtant, ne voient pas. Y goûter et nous en approcher par le Fils. Et c’est l’œuvre de l’Esprit Saint en nous, déjà présent comme la marque de Dieu en nous.

Croire cela et recevoir le Christ qui ainsi se fait Présent à notre quête de Dieu, notre quête du Père, c’est vivre déjà de la vie éternelle, c’est vivre en vie éternelle dès aujourd’hui. C’est connaître Dieu, déjà, c’est nous laisser rassasier de son amour par le Fils qui s’offre à nous, jour après jour.

Alors l’appel ce matin, il est vraiment à nous laisser nourrir de cette Présence du Ressuscité. Il est là avec nous. C’est ce que nous célébrons et confessons avec force et insistance depuis plus de 15 jours.

Il est là, avec nous, et nous appelle toujours et encore, il nous appelle à lui, pour nous conduire au Père. Pour que nous ressuscitions au dernier jour mais tout autant et inséparablement pour que nous en vivions déjà. Car le dernier jour, n’est-ce pas l’aujourd’hui qui nous est donné, premier jour éternel et quotidien d’une vie renouvelée par le mystère de la résurrection de Jésus ?

Nous en sommes déjà ! Alors accueillons et célébrons ce matin encore cette Bonne nouvelle, dans la paix et la joie du Ressuscité, cette paix et cette joie dont il veut nous combler, nous rassasier, cette paix et cette joie pascales qu’il nous offre à chaque eucharistie.

Publié dans Homélies

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