Homélie lundi 26 avril 2021

Publié le par Christophe Delaigue

Lundi de la 4ème semaine du temps pascal

Ac 11,1-18 / Ps 41 (42) / Jn 10,1-10

 

Le Seigneur nous dit ce matin qu’il est venu pour que ses brebis aient la vie en abondance. Lui le Bon Pasteur à l’image du Père qui veut pour nous la vie.

Jésus est venu pour cela, pour nous ouvrir à cette vie que Dieu veut pour nous, cette vie en abondance. Et c’est là tout le mystère et toute la Bonne nouvelle de son incarnation et de sa résurrection.

Dieu veut pour nous la vie. Et il est la vie.

Il veut pour nous la vie, la vie en abondance, c’est-à-dire : pas juste que nous survivions au gré des évènements et au travers des épreuves ou des doutes ou de je ne sais quoi d’autre qui viendrait perturber nos jours.

La vie en abondance, pas seulement la vie qui serait celle de nos vies qui nous semblent parfois un peu étriquées, difficiles ou décourageantes – je ne sais comment dire. La vie en abondance c’est-à-dire la vie au-delà de ce que j’en vois, au-delà de ce que je crois qu’elle est ou qu’elle pourrait être, au-delà aussi de ce que je m’autorise peut-être à en vivre, la vie « qui rend vivant », la vie dans toute sa plénitude, la vie déployée…

En balbutiant ces mots, j’ai une image en tête qui est une histoire d’évangile, une rencontre de Jésus. Une guérison où il décourbe une vielle femme courbée, il la déplie, il l’a décroqueville – si j’ose ce mot. C’est en Lc 13 (v. 10-17). Et c’est cela la résurrection, la vie re-suscitée, ce que j’appelle « la vie qui nous rend vivant », c’est Dieu qui nous déplie et nous délie de tout ce qui nous referme sur nous-mêmes, de tout ce qui nous casse en deux, de tout ce qui nous rabougrit. Ces situations où l’on est pourtant vivant mais l’on sent bien que c’est difficile, pénible, douloureux, éreintant…

Jésus en nous ouvrant au salut et à la résurrection nous promet cette vie-là, cette vie en abondance. Et il s’offre à ses brebis, ses brebis que nous sommes et celles que nous entraînerons à sa suite. Il est le chemin qu’il nous faut emprunter pour accéder à la réalisation de cette promesse, il est la Porte, dit-il ce matin, celui par qui il faut passer pour que Dieu puisse faire cette œuvre-là en nous.

Et nous laissant rejoindre dans les courbures du réel de nos vies, nous laissant décourber par le mystère d’une présence pressentie et d’une promesse de salut qui nous rend à l’espérance et à la confiance en la vie, alors nous faisons l’expérience de la vie qui est vraiment là et qui nous traverse, « la vie qui nous rend vivant » – pour le redire ainsi –, et de la paix qui va avec, quoi que nous vivions, et même d’une certaine joie intérieure. Qui est, je le crois, de l’ordre de cette joie promise par Jésus juste avant sa Passion, la joie même de la résurrection et donc de la vie en nous, la vie de Dieu en nous, sa présence…

Vous l’entendez, et vous le pressentez bien, on ne peut que balbutier face à tout cela… C’est tout le mystère de ce que nous célébrons et auquel nous croyons, qui est force de vie, de confiance et d’espérance, pour notre marche de chaque jour et pour notre quête de bonheur.

Le monde nous fait miroiter des chemins qui nous apporteraient plénitude et bien-être, avec d’autres « bergers », mais c’est lui le Christ qu’il nous faut chercher, accueillir, écouter et suivre. Pour trouver ce bonheur-là qui est vie en plénitude, vie en abondance, quelles que soient alors les apparences de nos traversées.

Mais là, au cœur de ce réel-là, le Christ Bon Pasteur nous promet sa présence qui prend soin et qui relève, qui décourbe, qui redresse, qui remet en route. Il nous promet la vie en abondance. Et il le rend possible par le mystère de sa présence.

Celui de sa présence pressentie dans le silence de la prière, mais aussi celui de sa présence en actes par les frères et sœurs qui vont prendre soin, consoler, accompagner, se risquer à une présence ; il le rend possible encore par sa Parole qui nourrit la confiance et l’espérance, et par ses sacrements qui fortifient la foi, qui relèvent et remettent en route, jour après jour.

Alors rendons grâce pour cette promesse de vie, de vie en abondance, et demandons au Seigneur, dans cette eucharistie, que cette vie-là nous soit donnée, pour aujourd’hui – « Rien que pour aujourd’hui », comme dirait le petite Thérèse (Ste Th. de Lisieux) –, et ainsi jour après jour. Dans la reconnaissance et la louange pour la présence de Dieu à ce que nous vivons et traversons.

Et nous lui demandons que notre confiance ainsi renouvelée nous rende vivants et témoins de cette vie pour d’autres. Qu’ils puissent ainsi découvrir la Porte par laquelle nous sommes invités à passer, qu’ils puissent découvrir qu’un passage est ouvert pour eux aussi. Une « Pâques ». La Pâques qu’est le Christ lui-même en son amour sauveur. Amen.

Publié dans Homélies

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