Homélie mercredi 21 avril 2021

Publié le par Christophe Delaigue

Mercredi de la 3ème semaine du temps pascal

Ac 8,1b-8 / Ps 65 (66) / Jn 6,35-40

 

« Je suis le pain de la vie, nous dit Jésus. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, celui qui croit en moi j’aura jamais soif. »

Ne plus avoir faim… Ne plus avoir soif… Mais de quoi ? La question, je crois, est de savoir quels sont nos désirs de vie profonds. Car c’est de cela dont il s’agit. Quels sont-ils ces désirs de vie profondément inscrits en nous que Dieu seul peut combler ? Quelles sont-elles ces faims et soifs existentielles et spirituelles que Dieu seul pourrait étancher et rassasier ?

Il faut que nous nous posions la question… pour lui demander que là il nous rejoigne, lui demander que là nous allions à lui pour que là nous nous laissions nourrir et abreuver de ce qu’il vient nous offrir…

« Je suis le pain de la vie, nous dit Jésus. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, celui qui croit en moi j’aura jamais soif. »

Il s’agit de venir – venir à lui, le Christ ressuscité – et de croire – croire en lui. Et pour cela – troisième verbe de cette page d’évangile et qui est comme les deux autres un appel –, pour cela : voir – le voir à l’œuvre, lui Jésus, et par là même voir le Père présent et agissant en nos vies et en ce monde.

Venir, voir et croire… Venir et croire parce que nous aurons vu, mais voir et croire parce que nous osons venir, nous approcher. Venir et voir, enfin, parce que nous posons un acte de foi, nous osons un croire en Jésus ressuscité et en sa Parole.

Tout est lié de ce triple appel. Et l’enjeu de notre réponse ce n’est rien de moins que la vie éternelle et la promesse de résurrection au dernier jour…

Venir au Christ, nous dit-il, c’est être assurés qu’il nous accueillera. Et donc qu’il entend et qu’il porte avec nous ce que nous déposons auprès de lui.

Venir au Christ c’est aussi la promesse que nos faims, nos désirs de vie, seront comblés.

Et venir au Christ c’est enfin le désir même du Père, c’est le don que le Père fait au Fils, lui le Père qui « a tant aimé le monde qu’il nous a donné son Fils unique afin que tout qui croit en lui ait par lui la vie éternelle », le Père qui veut que tous les hommes soient sauvés. Telle est sa volonté, son désir le plus profond.

Ainsi, venir au Christ c’est l’assurance confiante en la vie éternelle et la promesse de la résurrection pour nous aussi, promesse et don que le Père voudrait que tous accueillent.

Venir au Christ, donc. Et croire… Mais qu’est-ce que croire ? ou : Comment croire ?

Croire, c’est-à-dire reconnaître que le Christ ressuscité est l’envoyé du Père, son Bien-aimé qui nous entraîne à sa suite, dans une vie en dynamique de résurrection.

Croire, c’est mettre notre confiance en lui, qu’il est l’accomplissement des promesses de Dieu et donc que ce qu’il annonce et nous promet se réalisera, que le Père le réalisera, par l’Esprit Saint. Mettre là notre confiance et notre espérance. Et avancer alors humblement, avec lui le Ressuscité.

Apprendre à voir qu’il est bien là, qu’il passe dans nos vies, qu’il nous parle et nous appelle, par sa Parole mais aussi dans le silence de la prière.

Le voir c’est déjà le contempler, et notamment dans les Écritures, c’est lui demander qu’il nous en donne l’intelligence (cf. Lc 24), celle de la foi aimante, la foi qui aime et veut aimer. Et donc c’est écouter, tout-jours et encore, écouter pour se laisser configurer au Christ, le laisser configurer tout notre être.

Mais pour cela, il nous faut vouloir le laisser faire. Nous offrir à lui, venir à lui.

Et pour que d’autres entrent dans cette promesse de vie, l’annoncer, en témoigner. Croire que la Parole, quoi qu’il arrive, si nous la laissons façonner nos vies et si nous la vivons dans le concret de nos jours, croire qu’elle portera son fruit, même si elle se heurte à l’hostilité ou à l’incompréhension ou à l’indifférence (cf. 1ère lecture).

Demander pour cela l’Esprit Saint qui nous donnera les mots et la confiance en cette fécondité de la Parole de Dieu…

Venir, voir et croire… Laissons-nous entraîner en ce lieu-là, ce que nous vivons finalement à chaque eucharistie. Et là, avec le pain et le vin que nous allons déposer sur l’autel, offrons aussi nos faims, nos soifs, que le Seigneur nous rassasie et nous donne d’avancer avec lui en sa paix. Amen.

Publié dans Homélies

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