Homélie jeudi 6 mai 2021

Publié le par Christophe Delaigue

Jeudi de la 5ème semaine du Temps pascal

Ac 15,7-21 / Ps 95 (96) / Jn 15,9-11

 

En méditant cette courte page d’Évangile et en préparant cette homélie je me disais : mais que dire après de tels mots et une telle densité de ce que Jésus nous livre dans ces quelques versets ?

Ce qu’on vient d’entendre c’est à la fois dense et pourtant tout simple. Tout simple parce qu’il y a en fait un appel et une promesse. L’appel : à demeurer dans son amour, l’amour de Jésus qui est l’amour même du Père dans lequel lui, Jésus, demeure, et qui est ce même amour qu’il a pour nous. Demeurer dans cet amour, donc… Et la promesse : celle de la joie, sa joie à lui.

Et ça n’est pas rien cette promesse car rappelez-vous ce que nous entendions il y a quelques jours, au chapitre 14 : le « Que votre cœur ne soit pas bouleversé » de Jésus à ses disciples, leur indiquant qu’il part vers le Père et leur promettant la paix, sa paix.

Cette joie promise s’inscrit dans cette même promesse de paix. C’est intimement lié. Et nous le savons bien, je crois, quand il nous est donné de goûter à cette paix intérieure, cette paix du cœur, qui est en même toute joie, et qui nous fait dire et croire que là Dieu est présent à nos côtés, avec nous. Il nous arrive de pressentir cela dans la prière, ou qu’une Parole méditée prenne tout son sens au cœur de ce que nous traversons ou offrons à ce moment-là et que cela nous ouvre alors à cette paix et cette joie profonde qui va avec…une sorte de plénitude…

Demeurons dans son amour, demeurons dans l’amour de Jésus qu’est l’amour même du Père, et la joie nous est promise, la joie véritable qui est toute paix quoi qu’il nous arrive.

Et si nous sommes tracassés, inquiétés, déposons tout cela dans ce cœur aimant qui nous invite à demeurer avec lui. En nous rappelant avec confiance et espérance que Dieu donne ce dont nous avons besoin pour notre marche de chaque jour, un jour après l’autre. Rappelez-vous, la manne au désert (cf. Ex 16 et Jn 6)…

Mais pour cela, demeurons dans cet amour de Jésus pour nous, cet amour de Jésus qui lui vient du Père, cet amour qui n’est autre que celui de l’Esprit Saint.

Et pour demeurer dans cet amour, pour nous y enraciner en toute confiance, pour qu’il prenne toute place en nous et qu’il nous soit donné de faire toute place au Seigneur, entendons alors cet autre appel qui va avec, à garder les commandements que Jésus nous laisse.

Quels sont-ils ces commandements ? Dans les versets qui précèdent, on l’entendait hier et dimanche, Jésus nous appelait à garder ses paroles, à ce qu’elles demeurent en nous, disait-il. Et je crois que c’est bien de cela dont il s’agit : pour demeurer dans son amour, écoutons sa Parole, où Jésus nous dévoile ce qu’il a lui-même reçu du Père ; accueillons-là, cette Parole ; enracinons-nous ainsi en lui, Jésus, en contemplant qui il est et comment il nous aime. Et vivons alors, à sa suite, à son exemple, vivons son appel à aimer – c’est ce que nous entendrons dans l’évangile de demain où il nous dira qu’il a donné sa vie pour ses amis, dont nous sommes.

Si j’en fais mention c’est parce que je crois, du coup, que demeurer dans son amour et vouloir obéir à sa Parole, nous mettre à l’écoute et y répondre, cela peut justement s’enraciner dans cette confiance que nous sommes ses amis, et donc dans notre compagnonnage d’amitié avec lui, jour après jour, en lui faisant place, en lui racontant ce que nous portons, et en l’écoutant dans le silence de notre cœur et dans ce que sa Parole va venir y susciter en nous.

Et si la paix nous envahit, et cette joie intérieure qui va avec, alors rendons grâce au Seigneur de pressentir là sa présence avec nous. Que ce nous soit une aide pour demeurer tout-jours et encore, et notamment que nous puissions en faire mémoire quand ce sera plus difficile ou moins évident.

Et ainsi nous avançons avec le Seigneur, au fil des jours et de ce qui nous y est donné. Et cela seul compte. Nos soucis ou nos questions, il les prend et nous pouvons croire que Dieu répondra à nos besoins et nos attentes. Quand ? Comment ? Ce n’est plus la question. C’est dans la foi.

Alors oui, demeurons et apprenons à demeurer tout-jours dans l’amour de Dieu pour nous, son amour sauveur, sa miséricorde. Et gardons précieusement, comme un trésor de Vie, ses Paroles et ses promesses. Méditons-les vraiment pour entendre comment y répondre dans l’aujourd’hui qui nous est donné et pour nous en nourrir. Et rendons-grâce de ce qui, là, nous fait vivre ; ce qui, là, fait toute joie en nous, la joie même du Christ, sa joie qu’il nous promet. Amen.

Publié dans Homélies

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