Homélie-méditation 18 août 2021

Publié le par Christophe Delaigue

Mercredi de la 20ème semaine du Temps Ordinaire

Mt 20,1-16

 

Je ne sais pas comment vous réagissez à cette page d’évangile, mais souvent on est spontanément un peu choqués et même heurtés : c’est quoi cette justice de Dieu qui donne vraiment l’impression que ça n’est pas juste du tout ?! Une justice qui ne serait pas proportionnelle au mérite de ce qu’on aurait fait pour Dieu ?!

C’est vrai qu’à vue humaine les ouvriers de la première heure auraient dû gagner plus que ceux de la dernière heure. C’est vrai… Mais ont-ils vraiment été lésé pour autant ?

Qu’est-ce que le maître leur a promis ? Et qu’ont-ils reçu ? Il leur avait promis « un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent » (on ne se rend peut-être pas compte mais c’est une somme énorme). Et qu’est-ce qu’ils reçoivent ? Je cite encore le texte : ils « reçurent chacun une pièce d’un denier ». Le contrat est donc honoré.

C’est pour les suivants qu’il semble y avoir une forme de démesure du salaire puisqu’ils touchent cette même somme énorme... Alors certes les ouvriers de la première heure ont reçu ce qui était promis, mais cette jalousie que nous connaissons bien et cette soif de justice qui peut nous prendre, ça les envahit. Et ils ne voient plus que le maître a fait pour eux ce qu’il avait dit. Il a pourtant tenu parole…

Au tout début de cette page d’évangile on a entendu que « le Royaume des cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit (…) afin d’embaucher des ouvriers ». Retenons donc qu’il en va du Royaume des cieux comme d’une promesse qui est tenue. Le maître a tenu promesse.

Et la venue de Jésus qui fait advenir le Royaume et le révèle n’est-elle pas justement de l’ordre des promesses de Dieu qui ont été tenues ? C’est notamment ça qu’on fête chaque année à Noël et pendant l’Avent. Dieu tient promesse. Dieu a tenu promesses et nous pouvons croire du coup que celles qui nous sont faites par Jésus lui-même le sont et le seront également.

Car Dieu est le Dieu qui tient promesse. Comme le maître de la parabole pour les ouvriers de la première heure…

Alors vous êtes peut-être en train de vous dire : ok, mais la promesse qui nous est faite à nous, c’est quoi ?

Eh bien ça a à voir avec la deuxième chose que je voulais pointer de cette parabole. La promesse qui nous est faite ça a justement à voir avec la justice de Dieu.

Et là vous vous dites : nous voilà bien ! La justice de Dieu, alors même que spontanément on a l’impression que ce qui nous est raconté ça n’a pas l’ait très juste ! Alors comment on fait ? Qu’est-ce qu’il faut comprendre de tout ça ?

Ce que j’entends de cette parabole et donc de ce qu’il est en du Royaume de Dieu c’est d’abord que la justice de Dieu n’est pas proportionnelle à nos mérites. Mais c’est un don...

La justice de Dieu c’est de nous vouloir ajustés à Lui, nous vouloir ajustés à son projet, à ses promesses de vie, c’est de nous vouloir ajustés au don qu’il veut nous faire. La justice de Dieu c’est le salut, le salut qu’il veut pour tous et que nous sommes appelés à accueillir, ce salut qu’il veut pour tous et pour lequel il a besoin de nous pour qu’il soit vécu et annoncé à d’autres.

Son salut : son amour sauveur, son Amour qui nous veut debout, vivants, en marche, relevés, libérés de ce qui empêche justement que nous puissions avancer avec lui, le Christ, et libérés de tout ce qui peut entraver notre capacité à aimer et à prendre soin les uns des autres.

Et la récompense pour tous – le « salaire » –, quel que soit le mérite de notre chemin de vie ou de notre degré de foi, c’est le salut, si nous voulons bien en être – si nous répondons à l’appel. Ce salut qui est amitié avec Dieu. Cette amitié qui est l’assurance confiante de la présence du Christ avec nous pour tout-jours et l’espérance de son salut pour nous et, par nous, pour celles et ceux qui croiseront notre route ; que nous soyons des forts dans la foi – des ouvriers de la première heure –, ou que notre foi soit bien balbutiante, comme celle de tout nouveaux arrivés – des ouvriers de la dernière heure.

La question c’est alors de savoir si nous entendrons l’appel, l’appel à rejoindre le mouvement, celui du Royaume et de la mission, pour y répondre à notre mesure, avec ce que nous sommes et là où nous en sommes. Et pour cela, si nous voulons bien nous laisser rejoindre, déjà, aux lieux mêmes de nos vies qui ont besoin de salut…

Je ne sais pas comment vous recevez tout ça. Je vous propose de prendre quelques instants de silence pour déposer auprès du Seigneur tout ce que ça éveille en nous. Nous le déposons dans le silence de la prière et nous demandons au Christ qu’il vienne là nous rejoindre, le Christ qui nous dit à chacun : « Tu es toi aussi mon ami. Je suis là avec toi pour tout-jours, comme je l’ai promis » …

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :