L'éternité n'est pas de trop (François Cheng)

Publié le par Christophe Delaigue

 

L'auteur est plutôt connu, membre de l'Académie française. Et pour dire vite : c'est une sorte de poète spirituel, même s'il s'agit ici d'un roman. Que j'ai envie de qualifier de “magnifique” mais qui fut pour moi un peu déroutant : l'univers culturel de l'époque de la dynastie Ming, le monde religieux taoïste et bouddhiste, et le style !

Mais c'est un beau roman, un roman d'amour. Et plus que cela : un roman spirituel au sens de ce qui donne sens à notre vie, ce qui l'oriente, la motive, la conduit, etc.

Il y est question d'amour et d'éternité, de désir et de manque, d'absence et d'attente, de souffrance et de vie. Je devrais même écrire : de “Vie”...

Un homme a perdu celle qu'il a aimé, un jour croisée, pas plus, mais qui va rester celle qui a saisi son coeur. Une trentaine d'années plus tard il la retrouve de loin, malade. Ils vont se rapprocher, sans qu'elle le reconnaisse. Sa science médicale à lui va lui redonner vie à elle, du moins leur rencontre et ce qui va naître et renaître en eux. Et là : une fleur qui éclot et tout le champ autour d'elle semble reprendre vie et beauté. C'est vraiment ce à quoi nous allons assister.

Son amour pour elle va être son levier de vie mais aussi la rencontre que notre homme va faire avec deux religieux venus de loin, des chrétiens (sans doute des missionnaires jésuites), dont le questionnement entre lui et l’un d’eux va leur donner d'avancer chacun dans leur quête spirituelle...

Je le redis, ce peut être déroutant dans le style et l'univers dans lequel tout cela nous plonge, mais c'est très beau.

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François Cheng, L'éternité n'est pas de trop, Le Livre de Poche, rééd. janvier 2020 (Albin Michel 2002, LLP 2003), 247 pages, 7€20.

Publié dans Romans et récits

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