Le blog de Christophe Delaigue, prêtre à Grenoble : homélies, cinéma, lectures…

Homélie samedi 4 juin 2022

Homélie samedi 4 juin 2022

Samedi de la 7ème semaine du Temps pascal

[Carmel ND de Surieu]

Ac 28,16-20.30-31 / Ps 10 (11) / Jn 21,20-25

 

Ces quelques versets d’évangile peuvent nous laisser un peu songeur – moi en tout cas, du moins un peu spontanément ! Et je pense surtout au début de ce qu’on vient d’entendre.

C’est étonnant ce « que t’importe » de Jésus à Pierre. Car se soucier de son prochain c’est bien normal, non, pour qui veut suivre le Christ ?! Or c’est bien de cela dont il s’agit ! Pierre voit ce disciple que Jésus aimait tout particulièrement qui marche derrière eux et il s’inquiète de savoir ce que lui aussi deviendra. Tout simplement.

Alors que veut dire cette réaction de Jésus ? Ce « que t’importe » ?!

Peut-être faut-il juste se redire que l’enjeu de ces quelques versets c’est bien d’abord et avant tout le « suis-moi » de Jésus à Pierre. C’est ça qui doit préoccuper Pierre qui vient d’être refondé et renouvelé dans son appel – on l’entendait hier. Et ce « que t’importe » me fait penser à ces récits d’appels dans l’Évangile où Jésus invite à tout quitter et aussi à ne pas regarder en arrière. Pourquoi ? Parce qu’il faut y aller, il faut décider d’y aller !

On aura toujours des bonnes raisons de retarder les choses. Mais quand c’est clair – ou plutôt quand c’est lumineux d’une espèce d’évidence de foi ou quasi « amoureuse » –, quand l’amour du Christ nous a saisi, ce qui compte, ce qui importe, c’est d’y aller.

Et c’est dans ce mouvement d’y aller, c’est dans un chemin de vie qui se donne vraiment à la suite du Christ,  que le reste – et notamment de nos relations – trouvera en lui et avec lui, le Christ, ses justes modalités. Qui forcément s’inscriront dans l’appel à aimer et donc à se soucier de l’autre.

Mais il faut y aller, si nous avons consenti à répondre à l’appel. Et il nous faut décider, déjà, de répondre, sans quoi il y aura toujours de bonnes raisons de remettre à demain.

Voilà d’ailleurs l’autre élément qui me vient à propos de ce « que t’importe ». La question pour Pierre ne doit pas être de savoir de quoi sera fait l’avenir de son frère. Confiance, Dieu va ou veut s’occuper aussi de lui. L’enjeu, non, pour suivre le Christ n’est pas de savoir demain, c’est de vivre aujourd’hui à sa suite. Et demain sera donné tel que Dieu voudra ou le permettra. Frère Roger de Taizé dirait : « Vivre l’aujourd’hui de Dieu ».

Et Jésus, dans l’évangile de Matthieu, nous dirait : « Ne vous faites pas de souci pour demain. Demain aura souci de lui-même » … « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice et tout le reste vous sera donné de surcroît » (Mt 6 v.34 et 33) …

L’enjeu, pour nous aujourd’hui, quel est-il ? Continuer à marcher. Un jour après l’autre. Continuer à vouloir suivre le Christ. Un jour après l’autre. Et tout le reste, le vivre dans cette dynamique-là, le vivre avec le Christ. Et notamment lui confier les uns et les autres qui nous importent pour que Dieu s’en occupe et qu’il nous soit donné de vivre les justes relations que notre vie donnée appellera et permettra…

Dans le concret de votre vie et de votre histoire à chacune, mes sœurs, je ne sais quelle résonances cela peut prendre. Je vous laisse les accueillir et méditer… et demander au Seigneur qu’il vous éclaire !

En tout cas demandons l’Esprit Saint, demandons que l’Esprit de Pentecôte nous fortifie, et qu’il nous donne, à chacun et à chacune, une claire vision de comment avancer aujourd’hui. Pour suivre le Christ Jésus. Pour le suivre au présent et le suivre résolument. Pour le suivre dans l’aujourd’hui de ce qui nous est donné. Et le cœur en paix. Amen.

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