Le blog de Christophe Delaigue, prêtre à Grenoble : homélies, cinéma, lectures…

Blackwater – Michael McDowell

Blackwater – Michael McDowell

Certains amis ou lecteurs de ce blog s'étonnent d'une sorte de silence, ces dernières semaines, quant à la lecture – et donc la proposition éventuelle – de romans. Peut-être me faut-il d'abord rappeler ici que je ne poste pas de commentaires quand ça ne me paraît pas en valoir la peine, mais surtout parce que ces temps-ci je me suis laissé tenté à me plonger dans la série Blackwater. Six tomes. Et je voulais attendre d'en arriver au bout pour en dire peut-être quelque chose.

Peut-être avez-vous entendu parler ces derniers mois de ce phénomène littéraire ? Un roman publié à raison d'un volume tous les quinze jours pendant trois mois. La couverture est originale – et donnerait à croire qu'il s'agit de littérature fantastique –, la lecture est agréable, et telle une série l'enjeu était de donner envie de la suite, de créer une sorte d'attente et de désir de ce qui pourrait arriver. Et de ce point de vue là c'est réussi.

Ce roman, écrit en 1982 et traduit pour la première fois, est une sorte de grande saga familiale américaine, dans la petite bourgade de Perdido, en Alabama. Une riche famille blanche, son personnel de maison qui eux sont des noirs, et l'histoire d'une affaire florissante, de l'exploitation du bois à celle du pétrole. La particularité de cette famille comme de son personnel c'est que ce sont les femmes qui tiennent tout. Une sorte de petite société matriarcale dans laquelle les hommes vont jouer leur rôle évidemment, mais ce sont quand même les femmes qui mènent la danse.

Une saga familiale américaine, donc, avec une touche de fantastique. Mais vraiment une touche seulement : un personnage énigmatique, une jeune femme qui va se retrouver là, suite à une crue terrible d'une des rivières qui traversent et donnent forme à cette commune de Perdido et qui va être un quasi personnage à part entière ; une jeune femme, donc – Elinor –, dont on ne saura jamais vraiment qui elle est, d'où elle vient pour de vrai et qu'est-ce qu'elle est venu faire là. Son destin semble lié à cette rivière et à son eau si étrange. Et de volume en volume on va comprendre un peu mieux qui elle semble être et son pouvoir sur cette famille.

Dis comme ça, je ne sais pas si ça donne envie de se plonger dans cette saga. Mais honnêtement ça se lit vraiment bien, on passe un bon moment de lecture, détendant. Après qu'est-ce que ça apporte de plus, je ne saurai trop dire... Faut-il y lire et y entendre je ne sais quelle métaphore de je ne sais quoi ? Spontanément j'en suis plutôt resté à une lecture au premier degré, pas désagréable d’ailleurs, où l'on a envie de connaître la suite et de voir où cela va nous emmener, ce qui va arriver.

Dans cette famille on va rencontrer beaucoup de situations de vie qui ne nous sont pas si étrangères aujourd’hui encore, plus l'histoire du XXème siècle que cela nous fait parcourir au fil des générations qui vont se succéder. Pourquoi pas. En tout cas c'est bien écrit et agréable à lire. Pour le reste, je ne sais ce qu'il faudrait en dire, je vous laisse juges...

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Michael McDowell, Blackwater, éditions Monsieur Toussaint Louverture, 6 tomes (format poche), 2022, 8€40 le volume.

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