Samedi de la 15ème semaine du Temps Ordinaire
Ex 12,37-42 / Ps 145 / Mt 12,14-21
Une expression m’a marqué dans la 1ère lecture à laquelle je n’avais jamais vraiment prêté attention ; elle m’a fait penser à vous les jeunes qui finissez ce soir votre semaine de retraite et de découverte de la spiritualité carmélitaine. Cette expression c’est quand on nous dit : « Ce fut une nuit de veille pour le Seigneur, quand il fut sortir d’Égypte les fils d’Israël »…
« Ce fut une nuit de veille pour le Seigneur »…
Et puis la suite, l’appel à en faire chaque année une fête de commémoration « en l’honneur du Seigneur », une nuit de veille pour lui – c’est la fête de la Pâque juive et c’est, pour nous, la grande nuit de Pâques et sa veillée.
« Ce fut une nuit de veille pour le Seigneur »… J’entende deux choses : Dieu qui est entré dans cette attente patiente de ce qui vient, après avoir laissé des consignes à Israël – c’est l’attente patiente de Dieu envers nous et avec nous –, et Dieu qui a été là avec Israël, Dieu qui a en même temps veillé sur lui en étant avec lui – et donc Dieu qui veille sur nous et qui marche avec nous.
Et puis notre réponse à cela, l’appel régulier de Jésus dans les évangiles à ce que nous aussi nous vivions cela, pas tant « en l’honneur du Seigneur » mais plus que cela : avec lui, lui le Seigneur.
Rappelez-vous les appels de Jésus à veiller et à prier, pour ne pas entrer en tentation – celle des disciples comme celle de la foule qui va douter du salut de Dieu avec l’arrestation et la mise à mort de Jésus et le silence de Dieu qui va sembler donner raison à ceux qui railleront Jésus sur la Croix – ; et puis l’appel à veiller et à prier car nous ne savons ni le jour ni l’heure du passage de Jésus en notre vie, sa Pâque, c’est-à-dire comment Dieu va nous rejoindre chacun, comment il va nous sauver concrètement au cœur de nos questions ou nos épreuves ; ni quand ni comment. Et c’est toute la question de la persévérance et d’une confiance à renouveler chaque jour, d’autant plus quand Dieu semble se taire et ne rien faire…
Alors vous le savez, et vous l’avez expérimenté de façon toute particulière en ces jours de retraite, veiller et prier avec lui, le Seigneur, c’est se mettre à l’écoute, à l’écoute de sa Parole pour le contempler et l’aimer, et puis c’est aussi l’écouter dans le fin murmure de l’Esprit Saint, comme Élie sur la montagne de l’Horeb, et c’est entendre-là Dieu qui passe et ses appels peut-être, mais aussi, parfois, comme il me souffle d’y répondre…
En tout cas, en ce « veiller et prier », nous allons goûter quelque chose de ce que nous a donné à entendre l’évangile de ce jour : contempler le Christ dans les Écritures et l’écouter, et apprendre là à mettre notre espérance en son nom – Jésus, Dieu-sauve, Jésus qui est l’Emmanuel, Dieu-avec-nous. Elle est là notre espérance – en son salut, en sa présence qui sauve – ; elle est là notre espérance, cette espérance dans laquelle nous voulons nous ancrer, fidèlement et peu à peu.
Alors pour vous qui finissez votre semaine de retraite, ça va être le moment de récolter comment Dieu est passé, comment vous avez veillé avec lui, et comment lui veillait aussi avec vous et sur vous, et qu’est-ce qui a pu se murmurer à vous dans le silence du cœur et de l’oraison, ou dans telle parole, tel verset de psaume, telle prière entendue ou tel chant…
Je ne sais ce qui va remonter pour vous de ces jours – ou de ces mots déjà, pour nous tous. Tout simplement offrons-le au Seigneur, et offrons-lui déjà ce qui nous habite, là maintenant. Dans l’action de grâce mais aussi en lui demandant le don de la confiance et de la persévérance, le don de la patience des jours, pour la suite du chemin. Amen.