Vendredi de la 15ème semaine du Temps Ordinaire
Ex 11,10 – 12,14 / Ps 15 / Mt 12,1-8
Plusieurs expressions ont retenue mon attention dans ces lectures, et notamment dans cette page d’Évangile :
Quand Jésus dit : « il y a ici plus grand que le Temple », peut-être il nous faut nous rappeler d’abord que le Temple c’est le lieu du culte et des sacrifices. Mais plus que cela. C’est le lieu de la présence de Dieu et donc des sacrifices qui sont au service de la relation à Dieu – comme le sabbat, d’ailleurs. Et ces sacrifices ils pouvaient être soit d’action de grâce – comme on l’a entendu dans le psaume – soit des sacrifices de réparation et de demande de pardon.
Et le Temple comme signe de la présence de Dieu au milieu de son peuple c’est en même temps un rappel et même un appel pour le peuple, le rappel que sa mission – sa mission comme peuple que Dieu s’est donné – c’est d’être témoin au milieu des nations – et pour elles, de l’existence et de la présence de Dieu – Dieu qui veut se faire connaître de tous.
Alors oui, avec Jésus « il y a ici plus grand que le Temple » puisqu’il est la présence même de Dieu, en chair et en os – si j’ose dire –, il est l’Emmanuel, Dieu-avec-nous, il est le Temple nouveau, le Temple véritable, il est même l’Agneau de Dieu, celui qui s’offre lui-même en sacrifice, pour notre salut – et c’est son nom : Jésus, Dieu-sauve.
Dieu s’offre lui-même pour notre salut, ça ne dépend plus de nos sacrifices à nous. Et c’est fait, une fois pour toutes.
C’est ce que nous célébrons à chaque eucharistie. Et nous sommes appelés à en vivre, et même à en être témoins pour d’autres.
On rejoint là ce que Jésus nous dit de la miséricorde et ce qu’il veut nous dire du sacrifice au sens du « culte » véritable qui nous est demandé. Rappelons-nous, dans l’évangile de Luc, au ch.6 (v.36), l’appel que Jésus a donné à ses disciples : être « miséricordieux comme le Père est miséricordieux », c’est-à-dire à vivre de cet amour même de Dieu que nous aurons reçu, cet amour sauveur du Père qui veut se faire proche et qui vient soigner les blessures et offrir le pardon et la paix du cœur, un amour qui s’abaisse à hauteur de l’autre pour le rencontrer, le relever et lui donner de reprendre la route.
Cet Amour-là, nous le savons, il s’est fait Parole et chair, il a pris notre humanité, en Jésus, Jésus qui veut nous y entraîner à sa suite.
C’est ce que nous célébrons à chaque eucharistie, pour en vivre !
À chaque eucharistie qui est sacrifice d’action de grâce pour ce don-là du Christ au Père et pour nous ; à chaque eucharistie où Jésus s’offre pour notre salut et se donne à nous, où il se fait nourriture pour la route des jours et par laquelle il nous fait devenir ce que nous allons recevoir, ce que nous célébrons : le Corps du Christ, son Corps, sa présence pour le monde, au souffle de l’Esprit, chacun et ensemble…
C’est ce que nous célébrons ce jour encore et c’est bien ce que nous pouvons aussi demander tout particulièrement en cette eucharistie. En demandant au Seigneur que nous nous laissions renouveler par la miséricorde du Père, pour en vivre – en vivre mieux –, tout-jours et encore. Amen.