Homélie samedi 20 septembre 2025

Homélie samedi 20 septembre 2025

Samedi de la 24ème semaine du Temps Ordinaire

1Tm 6,13-16 / Ps 99 / Lc 8,4-15

Jésus vient de faire lui-même un p’tit bout d’homélie, mais deux questions me restent.

La 1ère : avoir un cœur bon et généreux, pour être une terre féconde, ok, mais concrètement, comment on fait ?

Parce que nos terres, qu’on le veuille ou non, elles sont plus ou moins empierrées ou ensablées et plus ou moins pleines de ronces. Ce qui m’amène à ma 2ème question : non seulement qu’est-ce qui rend nos terres peu fécondes, la terre que nous sommes, mais encore : qu’est-ce qui a pu, déjà, nous rendre malheureusement peu capables à ce que la Parole, en nous, peine à déployer toutes ses potentialités ?

Parce qu’il n’y a pas en soit de bonne ou de mauvaise terre, il n’y a que des terres à travailler ; même si, c’est vrai, certaines sont plus faciles que d’autres. Mais justement ! Qu’est-ce qui fait que cette terre que nous sommes est plus ou moins facile ou difficile à travailler ?

Alors Jésus là dit, il y a ces soucis du quotidien qui peuvent prendre beaucoup de place, mais aussi les richesse et les plaisirs faciles ainsi que les tentations du monde ; il y a également les épreuves qui nous font douter ou nous décourager ; il y a évidemment notre péché, aussi, mais encore nos histoires familiales qui, pour certains d’entre nous, sont parfois complexes et douloureuses, et ça joue forcément !

Alors comment faire ? Comment dépierrer, comment désensabler, comment déroncer ?

Avec patience ! Et avec persévérance, dit Jésus. Et donc avec miséricorde avec nous-mêmes. En demandant au Seigneur que lui-même vienne travailler avec nous cette terre que nous sommes. Avec nous ; car il s’agira évidemment de nous donner les moyens, de lui faire place, le laisser venir travailler nos cœurs, et nous y aider les uns les autres, nous soutenir, nous épauler, nous aider à discerner où aller et comment y aller, comment faire…

Mais jour après jour déjà, s’obliger à écouter et ruminer cette Parole qui veut prendre racine en nous. Jour après jour essayer et apprendre à la mettre en pratique, à notre petite mesure mais toute notre mesure. Et humblement déposer auprès du Seigneur ce qui nous est difficile, ce qui peine, ce qui manque la cible du commandement à aimer – auquel St Paul faisait allusion dans la 1ère lecture. Ce qui est encore entaché d’égoïsme, de peur et de découragement, de soif parfois de toute puissance, de recul aussi face à l’effort, nos manques de volonté, etc. etc.

Humblement, déposer tout cela au Seigneur, dans la prière et dans le sacrement du pardon. Et lui demander sa lumière, celle de l’Esprit-Saint ; lui demander sa force, l’Esprit-Saint justement, sa force de vie et d’amour qui peut faire toute chose nouvelle.

Et humblement, jour après jour, se relever, se remettre au travail, celui de la charité et du service du frère et de la sœur qui sont là.

Et peu à peu notre cœur se dilate et devient bon et généreux. Nous devenons cette terre où la Parole peut prendre racine et se déployer…

Je termine en faisant le lien avec l’évangile de Jean, au chapitre 15. Il me semble que Jésus résumé tout cela en ce double appel qu’il nous y adresse : (1) Demeurer en lui, le Christ, demeurer en son Amour, et (2) Garder sa Parole, ses commandements. Alors, dit-il, nous porterons beaucoup de fruit – fruit au singulier ! – : ça portera son fruit, son fruit à lui, son fruit de salut.

Mais pour ce faire, nous le savons bien, un jour après l’autre, pas à pas, avec patience et persévérance, et avec miséricorde envers nous-mêmes et nos piétinements à avancer… Amen.

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