Lundi de la 32ème semaine du Temps Ordinaire
Sg 1,1-4 / Ps 138 / Lc 17,1-6
Ces mots de Jésus viennent pour une part nous mettre face à la réalité difficile du pardon. Difficile et parfois douloureuse. Le pardon comme chemin de salut, pourtant, pour l’offenseur comme pour l’offensé.
Pour l’offenseur, dont je suis responsable, malgré tout. Le mal qu’il m’a fait est bien là, et pourtant Jésus nous appelle à aller le trouver ; lui faire de vifs reproches, dit-il, et donc mettre en mots. Alors, s’il se repent, offrir le pardon. Même si c’est à recommencer…
Il y a là un acte de foi à poser. En la force du pardon, peu à peu. En notre capacité aussi à guérir en apprenant à pardonner, en notre capacité à vivre et offrir un pardon même difficile et douloureux – et même si ça prendra du temps. Et en la capacité de Dieu à nous convertir ; à convertir le cœur de celui qui fait le mal, peu à peu, et de celui qui en souffre.
Notre foi en cela est parfois bien fragile et pauvre. Alors oui, il nous faut crier vers Dieu : « Augmente en nous la foi. »
Mais entendons aussi la suite, et entendons-le comme une consolation au cœur de nos pardons parfois difficiles à vivre, qu’ils soient à donner ou à demander, qu’ils soient envers autrui ou envers soi-même, voire envers Dieu. Entendons cette Bonne nouvelle : même toute petite, toute fragile, toute pauvre, ma foi suffit, mon tout petit peu de foi peut déjà faire miracle. Si elle est confiance en Dieu, confiance en son salut, et non pas confiance d’abord en mes seules capacités à moi…
Alors l’enjeu, nous le savons bien, il est de grandir dans cette confiance-là, et même cet abandon. Tout remettre au Seigneur, humblement. Lui demander aussi la force de son Esprit Saint, lui demander cette sagesse de croire qu’il entend notre plainte et nos demandes, et qu’il connaît nos cœurs.
Et nous, apprendre-là à lui faire place, apprendre à ouvrir de l’espace en nous.
Comment ? En nous arrêtant avec lui. La prière. Et en mendiant son amour et son salut. Mais aussi en nous laissant éduquer par la Sagesse de Dieu et notamment par sa Parole, et même la Parole mise en pratique – et donc apprendre avec Dieu à choisir le bien et vivre les appels de l’Évangile.
Me revenait ce verset du prophète Michée au chapitre 6 verset 8 : « Ce que le Seigneur attend de toi, homme, c’est de pratiquer la justice, aimer avec miséricorde et marcher humblement avec le Seigneur don Dieu. »
Et là nous allons pouvoir nous laisser conduire, avec le petit peu de la foi que nous avons déjà, nous laisser conduire par Dieu. Nous lui demanderons qu’il nous donne la lumière et la force de son Esprit Saint pour les pardons que nous avons à vivre. Et peu à peu le chemin du salut se fait.
Puissions-nous y croire tout-jours, et notamment aux heures plus difficiles – les nôtres ou celles du monde – ; puissions-nous grandir dans la confiance en ce que Dieu a déjà déposé en nos cœurs de sa force de vie et de pardon. Amen.