Lundi de la 5ème semaine du Temps Ordinaire
1R 8,1-7.9-13 / Ps 131 / Mc 6,53-56
Dans la 1ère lecture, nous avons entendu le récit du transfert de l’Arche d’Alliance dans le Temple, ce Temple construit pour y accueillir la présence de Dieu. Et on l’a entendu à la fin du récit : « la gloire du Seigneur » prend possession du lieu. C’est l’expérience que fait Israël, l’expérience que Dieu est là : Dieu est là au milieu de son peuple.
Et dans le Saint des Saints – ce Saint des Saint de la présence de Dieu – a donc été déposée l’Arche d’Alliance, avec les tables de la Loi, les 10 commandements, la Loi que Dieu a donnée à son peuple, ce qu’il faut écouter et suivre, ce qu’il faut vivre, ce que Dieu demande et propose à son peuple.
Les 2 mots que nous pourrions là retenir c’est ceux de présence et don : une présence impalpable, celle de Dieu, et ce don que Dieu a fait à son peuple, qui est gardé précieusement – ça vient de Dieu, c’est de lui, c’est quasi lui.
Présence et don. On pourrait même dire : don caché, puisque personne, ou quasi, n’aura accès à ce Saint des Saints, hormis tel ou tel prêtre pour telle ou telle fête particulière.
Présence impalpable et don caché. Nous avons là comme une image et une préfiguration du Christ-Jésus lui-même. Il est le Temple véritable, et plus que cela : la présence qui anime ce Temple et le don par excellence que Dieu nous fait. Présence cachée à nos yeux mais présence pourtant réelle…
En méditant cela je pensais à la Vierge Marie, à l’Annonciation : comme le Temple au jour de son inauguration elle s’est retrouvée enveloppée et habitée de la nuée de Dieu, l’Esprit Saint, qui la couvre de son ombre ; et elle abrite en elle le don de Dieu, Dieu lui-même, le Christ-Jésus.
Et c’est ce que nous sommes appelés à vivre nous aussi, nous-mêmes, à l’écoute de la Parole et dans l’accueil du Pain et du Vin de l’eucharistie. Dieu habite son Temple nouveau que nous sommes dans le Christ, Dieu habite son peuple, Dieu est au milieu de nous et nous appelle à en vivre, à en être témoins.
Et désormais il n’y a plus deux tables de pierre pour matérialiser sa présence, il y a l’unique table de sa Parole et de son eucharistie ; pour que nous devenions ce que nous célébrons, que nous devenions ce que nous allons recevoir : que nous devenions le Corps du Christ, ses témoins – ensemble, en Église, au souffle de l’Esprit Saint qui est la Loi nouvelle déposée en nos cœurs…
Alors, tout simplement, prions en cette eucharistie pour nous-mêmes et toute l’Église, que nous sachions tenir notre place dans le monde, notre place de témoins de la présence de Dieu pour les nations, présence plantée au cœur de monde ; que nous le vivions à l’écoute de sa Parole et de ses appels, et en nous faisant proches, comme Jésus dans l’évangile, proches de celles et ceux qui veulent s’approcher de lui et qu’il nous appelle à accueillir et à écouter, à aimer et à soigner, pour qu’ils se relèvent et qu’ils vivent quelque chose de ce salut que Dieu veut pour tous… Nous prions…