Homélie 13 février 2026

Vendredi de la 5ème semaine du Temps Ordinaire

1R 11,29-32 ; 12,19 / Ps 80 / Mc 7,31-37

Le Seigneur l’avait annoncé par la bouche du prophète Isaïe, celui qui devait venir, le Messie de Dieu, son Envoyé, allait rendre aux sourds de pouvoir entendre et aux aveugles de voir (par ex en Is 29,18).

Que voyons-nous en cette page d’Évangile, et que voit la foule ? Un sourd qui va désormais entendre, et même un sourd qui avait du mal à parler et qui va se désormais pouvoir mette en mots ce qu’il vit et être ainsi en relations avec les autres, à leur écoute.

Cet homme, Jésus, qui rend possible cela, ne serait-il pas ce Messie de Dieu ?

C’est d’ailleurs la question qui traverse tout l’Évangile : qui est-il ce Jésus de Nazareth qui fait des miracles ?

Et lui-même nous posera la question – du moins à ses disciples – : « Pour vous, qui suis-je ? » ; et ceux qui vous entourent : que disent-ils ? (cf. Mc 8,27-29).

Par cette guérison – et d’autres – Jésus manifeste qui il est, l’Envoyé de Dieu, son Messie. Et manifestant le Dieu Sauveur il nous montre ici que le Dieu Sauveur est le Dieu créateur, que le salut est œuvre de re-création qui redonne vie, qui rouvre à la vie.

C’est ce geste étonnant de Jésus qui prend le temps, Jésus qui met ses mains sur les oreilles du sourd et même ses doigts dedans, comme pour y laisser son empreinte ou modeler le visage qui est là, Jésus qui dépose aussi de sa salive sur la langue qui peine à parler, comme s’il y déposait son être même ; et c’est le souffle de vie donné, qui va envelopper et ranimer notre homme.

« Ouvre-toi », dit Jésus. « Ouvre-toi » au Dieu qui est là. « Ouvre-toi » à la vie qu’il te donne. « Ouvre-toi » et va ; va annoncer cette vie re-suscitée en toi et pour toi, qui te donne d’entendre, désormais, et de parler…

Dieu est là, qui manifeste son salut. Mais qu’on ne s’y trompe pas : c’est pour tous ! Pas que pour Israël : Jésus à élargi son périmètre, il a franchi la frontière de la mer de Galilée, il est entré en Décapole – cette région historiquement rivale. Et qu’on ne s’y trompe pas : qu’on ne le prenne pas pour un faiseur de miracles – il faut donc se taire, seul l’homme guéri est habilité à en parler, à témoigner. Car cette guérison est un signe, signe du salut que Dieu vient offrir et qu’il veut pour tous.

Tous, nous sommes appelés à entendre ce que Dieu veut nous dire, ce que Dieu veut pour nous, et tous, nous serons alors appelés à témoigner de son salut pour nous et à l’annoncer, en paroles et en actes.

Mais pour ce faire, il nous faut entendre l’appel, ce « Effata », « Ouvre-toi » : « Ouvre-toi » au salut que Dieu veut pour toi, au cœur du réel de ce que tu vis ; « Ouvre-toi » à la présence de Dieu et à son amour ; « Ouvre-toi » à sa Parole et à ses appels…

Ce « Effata », « Ouvre-toi », nous en avons été marqué, nous l’avons reçu, au jour de notre baptême, avec ces mots qu’il nous est peut-être bon de réentendre : « Que le Seigneur Jésus, qui a fait entendre les sourds et parler les muets, te donne d’écouter sa Parole et de proclamer la foi pour la louange et la gloire de Dieu notre Père. » Amen.

 

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