Le labyrinthe du silence

Publié le par Christophe Delaigue

Le labyrinthe du silence

Nous sommes en 1958, en Allemagne, à Franckfort-sur-Main. Un jeune procureur (superbement incarné par Alexander Fehling) va se mettre à enquêter sur d'anciens SS ayant travaillé à Auschwitz. Mais c'est tabou à tel point que sa génération, 13 ans seulement après la guerre, ne sait même pas de quoi il s'agit. Il se heurte très vite à de nombreuses hostilités, au silence de beaucoup, à la ferme volonté de tourner la page pour oublier et avancer. Mais peut-on avancer en niant ou en décidant de ne plus savoir ?

Très vite ce jeune procureur va se trouver confronté à la question de la responsabilité et de la culpabilité de beaucoup d'allemands qui pour certains n'ont fait que leur devoir de militaires, pour d'autres ont préféré adhérer au parti nazi juste pour pouvoir continuer à exercer librement leur métier. D'autres ont malheureusement fait plus que ce qu'on leur imposait et d'autres encore ont préféré fermer les yeux sur ce qu'ils voyaient, dans les camps notamment. Quelles sont les responsabilités ? Quelle justice et jusqu'où la justice ? Et la question que ce jeune homme posera à cet ami qui est rescapé : comment vivre et même comment vivre encore en Allemagne après tout cela ?

Ce jeune procureur va se retrouver confronté à sa propre histoire, celle de son père notamment, celle de ses amis. Mais il sera celui qui permit à l'Allemagne, en 1963, d'ouvrir le premier procès de la mémoire, celui de ces anciens SS coupables de leur très à Auschwitz. L'enjeu ? Ne pas fuir le passé ni les responsabilités des uns et des autres.

Un film superbe mais difficile, émouvant, très bien joué par les uns et les autres. C'est signé Giulio Ricciarelli.

Publié dans Cinéma