La route

Publié le par Christophe Delaigue

            Il y a quelques mois, je voyais le film « Les derniers jours du monde ». Et je posais cette question sur ce blog : dans le cas d’une situation catastrophique, une situation extrême, qui annonce la fin du monde, que ferions-nous ? [ Qu'est-ce qu'un bon film ? ]

            C’était, je crois, une des questions de ce film déroutant. C’est la même qui me vient avec « La route »… Ellehttp://images.allocine.fr/r_160_214/b_1_cfd7e1/medias/nmedia/18/67/04/72/19193602.jpg se pose là en ces termes : que deviendrait l’humanité ? Que ferait-elle ? Resterait-elle humaine ?

            Au cœur du chaos (dont on ne sait pourquoi il survient, dans le film comme dans le roman de Cormac McCarthy), l’homme est capable du pire comme du meilleur ; il serait capable du cannibalisme – pour survivre, avec violence – comme de l’entraide fraternelle – pour rester en vie, quand on voit ceux qui sont là autour de soi et qui attendent cela eux aussi. L’un comme l’autre de ces extrêmes est une « solution » envisagée pour sauver sa peau.

            Plus qu’une « solution », d'ailleurs, une sorte de pulsion…

            Au cœur de ce chaos, un homme et son fils ; un père qui veut sauver son enfant et un enfant qui sauve l’humanité de son père même s’il finira par mourir.

            Voyant l’enfant, ses réactions, ses questions, je me suis fait cette remarque : voilà une illustration de ce que Jésus veut nous dire quand il nous dit qu’il nous faut être et redevenir comme des enfants pour entrer dans le Royaume de Dieu. Car que se passe-t-il avec celui-ci ? Il est celui qui garde confiance en l’autre qui croise sa route – quand cet autre n’est pas armé ou en bande – et même qui pardonne à celui qui lui a tout volé, car il comprend sa détresse ; ça ne veut pas dire que l’enfant n’a pas peur, il s’en remet d’ailleurs complètement à son père qui promet de ne pas l’abandonner, il se sait dépendant ; par contre il sait voir le bon et pas que le mal, dans une sorte de fraîcheur de l’innocence qui n’est pas naïve – il pose toutes les questions qui l’habitent, il a besoin de comprendre mieux et d’être rassuré…

C’est son âme d’enfant, confiant malgré tout et aimant, qui sauve son humanité et lui permet à la fin du film de s’ouvrir à ceux qui sont là pour l’aider, s’il veut bien…

Que ferions-nous ? Je ne sais… Resterions-nous humains ? Je l’espère…

Un beau film qui, forcément, nous interroge sur cette question : qu’est-ce que l’humain ?

 

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Pour ceux qui aiment lire : Cormac McCarthy, La route, Editions de l'Olivier, février 2008, 245 pages

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