Mots d'homélie - Pentecôte

Publié le par Christophe Delaigue

Mots d'homélie - Pentecôte

Dimanche 15 mai 2016 - Pentecôte / Année C

Homélie initialement prévue pour la messe des familles à l'église St JB de Bourgoin-Jallieu

Ac 2,1-11 / Ps 103 (104) / Rm 8,8-17 / Jn 14,15-16.23b-26

Nous fêtons donc la Pentecôte – jusque là, pas de scoop ! – et la Pentecôte c’est la fête du don de l’Esprit Saint. Dans l’évangile qu’on vient d’entendre Jésus nous dit qu’il va nous donner un Défenseur, un autre défenseur que lui, c’est-à-dire quelqu’un qui est une sorte de présence réconfortante et même plus que cela, celui qui nous donnera les mots dont on a besoin, les mots dont on a besoin pour comprendre et pour annoncer qui est Dieu et quel est son projet de vie pour nous, les mots dont on a besoin, pour le dire autrement, pour comprendre qui est Jésus et ce qu’il a annoncé.

A l’Ascension, déjà, qui est la fête de Jésus ressuscité qui remonte vers le Père – c’était jeudi il y a 10 jours, ça vous a valu un jour férié – Jésus avait promis cet Esprit Saint. A l’Ascension c’est comme s’il disait à ses apôtres : « Maintenant que vous avez compris que je suis ressuscité et donc que je serai présent pour toujours avec vous, je vais retourner vers mon Père - où vous irez aussi un jour -, car puisque vous avez compris vous n’avez plus besoin de me voir ; et désormais je serai présent autrement, je serai présent par cette force de l’Esprit Saint qui va vous être envoyée, cette force de l’Esprit Saint qui est la force de vie et d’amour de Dieu, ce qui me relie à mon Père. C’est sa présence désormais et – c’est toujours Jésus qui parle – et c’est ma présence désormais. Priez le Père de vous donner cette force, cette présence, elle sera donnée à qui veut la recevoir. »

Et le jour de l’Ascension, Jésus a même dit à ses disciples : « Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint ; alors vous serez mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre ». Ce qui veut dire : non seulement Jésus sera présent par cette force presqu’imperceptible, mais il sera aussi présent grâce à chacun d’entre nous qui nous laisserons habiter par cette force et cette présence, grâce à chacun de nous qui nous laisserons conduire par l’Esprit Saint.

C’est exactement ce que St Paul nous a dit dans la 2ème lecture, avec ses mots à lui. Il nous a dit que nous avions le choix, soit de vivre sous l’emprise de la chair – ça veut dire de nos réflexes seulement humains et parfois même passionnels –, soit de vivre sous la conduite de l’Esprit Saint. L’Esprit Saint qui est cette force et cette présence de Dieu qu’il veut déposer en nous. Ou plutôt qui a été déposée en nous au jour de notre baptême, que nous avons célébrée au jour de notre confirmation pour qu’elle se déploie vraiment en nous, et qui est sans cesse à demander et à accueillir. L’Esprit Saint c’est le souffle de vie et d’amour de Dieu, c’est lui qui va nous permettre de passer du statut de disciple de Jésus – le disciple c’est celui qui écoute un maître pour apprendre de lui – au statut de témoin, celui qui annonce et partage ce qu’il a vu et entendu, ce qu’il a reçu, ce qu’il a compris…

Après sa résurrection Jésus a envoyé ses disciples pour devenir témoins de la Bonne nouvelle du salut, témoins de la Bonne nouvelle de la résurrection, témoins qu’avec Dieu, quoi qu’il arrive, la vie et le don de soi par amour sont et seront plus forts que tout mal et que toute mort, et que ça peut vraiment être un moteur de vie, un moteur de confiance et d’espérance, même au cœur des épreuves que nous aurons à traverser. Et pour y arriver, Jésus nous promet sa présence et il nous donne l’Esprit Saint. C’est lui, l’Esprit Saint, que nous allons prier tout à l’heure pour que le pain et le vin que nous présenterons pour l’eucharistie deviennent mystérieusement mais réellement le sacrement de la présence de Jésus, c’est-à-dire à la fois le signe qu’il est là, comme il l’a promis, et le moyen qu’il a choisi pour venir nous rejoindre et demeurer en nous, devenir notre force de vie. Nous allons prier pour cela l’Esprit Saint. Vous écouterez bien, juste avant de consacrer le pain et le vin je vais dire : « Sanctifie ces offrandes en répandant sur elles ton Esprit ; qu’elles deviennent pour nous le corps et le sang de Jésus, le Christ, notre Seigneur ». « Sanctifie » ça veut dire « Rends les saintes comme Toi seul Père Tu es saint » c’est-à-dire : « Fais qu’elles deviennent Dieu, qu’elles deviennent la présence de Jésus » ; comment ? je le redis : « en répandant sur elles – elles c’est les offrandes, le pain et le vin – en répandant sur elles ton Esprit ».

Et après cette prière et le récit du dernier repas de Jésus, juste après qu’on chante l’anamnèse, vous écouterez bien, une fois encore, quand je vais dire : « Humblement nous te demandons qu’en ayant part au corps et au sang du Christ nous soyons rassemblés par l’Esprit Saint en un seul Corps ». Là on va demander l’Esprit Saint sur nous, on va demander que par notre communion à l’eucharistie et par la force même de Dieu nous devenions les témoins en actes de Jésus, sa présence, sa voix pour dire l’espérance en ce monde et pour consoler, et ses mains pour prendre soin.

La question c’est voulons nous vivre comme des disciples et même des témoins de Jésus ? Est-ce que nous voulons, à notre mesure, être de celles et ceux dont Dieu a besoin pour prendre soin de ce monde tel qu’il le veut, un monde qui se laisse sauver, qui se laisse libérer du mal par Dieu lui-même et grâce à ce que nous arriverons à vivre chacun, petit à petit, de l’Evangile ?

Rappelez-vous ce verset de l’évangile de Jean que je cite souvent, au chapitre 13 : « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples »… C’est dur d’aimer, c’est dur de pardonner, c’est dur d’apprendre à croire et à voir qu’en chacun il y a du bon et du beau à faire éclore et à faire grandir, malgré les apparences parfois… C’est dur… Mais Dieu nous promet sa force pour y arriver, si nous voulons nous y ouvrir, si nous la lui demandons. Cette force il nous la donne déjà dans l’eucharistie, messe après messe. Et il nous la donne dans la prière, si nous osons demander l’Esprit Saint et si nous demandons à l’Esprit Saint de nous éclairer dans ce que nous avons à vivre et dans les questions que nous nous posons. Comme disait St Paul dans la 2ème lecture, laissons-nous conduire par l’Esprit, faisons confiance à Dieu et nous aurons la vie, nous serons dans la vie qui est plus forte que nos épreuves.

C’est vraiment ce que je souhaite pour chacun de nous, en cette fête de Pentecôte, que nous renouvelions notre confiance en Dieu et notre confiance en la présence mystérieuse mais réelle de Jésus, par l’Esprit Saint. Et que nous demandions à Jésus cette force, au cœur de ce que nous avons à vivre. C’est sa force de vie et d’amour. Laissons-nous faire, et demandons lui qu’il fasse de nous ces témoins dont ce monde a besoin. Nous le lui demandons dès maintenant en laissant résonner en nous ce que ces mots éveillent ; et nous lui demandons l’Esprit Saint, chacun, dans le silence et dans le secret de nos cœurs…

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Photo accompagnant ce post' : coupole de l'église du monastère orthodoxe de Tismana (Roumanie), photo Chris.D.+ août 2015.

Publié dans Homélies

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