Homélie samedi 15 juin 2019

Publié le par Christophe Delaigue

Samedi de la 10ème semaine du Temps Ordinaire

Journée de retraite Groupe « Nightfever » Bruxelles [*]

2Co 5,14-21 / Ps 102 / Mt 5,33-37

 

J’aimerais m’arrêter avec vous sur la 1ère lecture… Je trouve ces propos de St Paul saisissant, émouvant, et j’aimerais que nous les laissions résonner pour nous-mêmes, j’aimerais que nous essayions d’entrer dans son propos qui est une sorte de louange au Christ, si je puis dire, et un vibrant appel pour nous.

St Paul a commencé avec ces mots : « l’amour du Christ nous saisit »… Et c’est vrai, St Paul peut l’affirmer, c’est son expérience, il a été saisi par l’amour du Christ, par sa présence indicible et impossible à vue seulement humaine ; il a été saisi comme une fulgurance qui l’a pris et qui l’a littéralement retourné. Et de persécuteur des chrétiens qu’il était il en est devenu l’apôtre, l’évangélisateur. Il a été saisi par l’amour miséricordieux du Père révélé en Jésus Christ, révélé par le Christ ressuscité, cet amour miséricordieux du Père qui est cet amour – pour reprendre les mots du pape François pour l’Année de la miséricorde – cet amour qui console, qui pardonne et qui donne l’espérance.

L’amour du Christ l’a saisi, et il nous invite avec lui à fixer notre regard sur le Christ en croix, qui ressuscite, et qui nous ouvre ainsi un chemin de vie.

C’est ce qui lui fait dire : « l’amour du Christ nous saisit quand nous pensons qu’un seul est mort pour tous », et même – c’est moi qui ajoute – est mort pour nous, pour chacun de nous. Il est mort pour nous, pour nous aussi aujourd’hui. Il a pris sur lui le péché des hommes, il s’est laissé identifier à ce péché, dit même Paul, c’est-à-dire il se livre au péché, il se laisse conduire par le mal et la violence des hommes qui font taire l’innocent, pour nous en libérer. Ça s’appelle le salut. Nous en libérer au sens de nous libérer de l’emprise du mal sur notre vie, pour nous libérer de l’esclavage du péché et nous rendre à la liberté que Dieu veut pour nous.

Non pas que nous ne péchons plus, malheureusement pourrait-on dire, et nous le voyons bien dans nos vies. Non pas que nous ne péchons plus car nous restons libres, et ça c’est une bonne nouvelle, libres d’aimer, et donc de ne pas vouloir aimer. Libres de vivre de Dieu et de ses promesses de vie, et donc libres de refuser sa présence et son amour, libres de nous croire forts tout seuls, libres de croire que nous pouvons juger l’autre et savoir ce qui l’habite au plus profond de lui. Libres en fait de nous prendre pour Dieu… Et c’est bien cela le péché. Mais Dieu nous aime tellement qu’il nous laisse maîtres de nos choix…

Et au cœur de ce péché qui nous guette tous et qui reste inscrit en nous, au cœur du mal qui traverse très concrètement nos vies, que ce soit le péché, justement, ou les épreuves de tous ordres qui peuvent en être des conséquences, que ce soit encore la souffrance qui défigure peut-être notre vie, eh bien là le Christ nous assure de la victoire de la vie, quoi qu’il arrive et malgré les apparences parfois, la vie aussi fragile et imperceptible serait-elle, comme une toute petite lumière qui scintille dans la nuit immense...

C’est la victoire de la résurrection, c’est la victoire de la vie qui peut être re-suscitée, c’est la victoire de l’amour de Dieu, cet amour qui n’abandonne pas son enfant qui souffre et qui se tourne vers lui, son amour qui offre le pardon à celui qui fait le mal et fait retour vers le Père très aimant, non pas qu’il nous excuserait de notre mal comme une sorte de « c’est pas grave », non, mais pour que nous soyons rendus à la confiance, cette confiance que nous se sommes pas que nos actes et pas que le mal que nous faisons, que nous avons de la valeur, même au cœur de notre vie blessée.

Et Dieu a une telle confiance en nous, au nom de cet amour qu’il a pour nous, qu’il veut nous associer à son œuvre de salut, son œuvre de libération du mal. Jésus dira à ses disciples, dans l’évangile de Luc : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Lc 6,36). Il nous appelle à devenir les mains du Père pour soigner et consoler, il nous appelle à devenir sa voix pour pardonner et pour relever. Si nous vivons à l’école du Christ et de son Evangile, si nous nous laissons saisir par son amour qui est l’Esprit Saint lui-même et par sa promesse de vie qu’est la résurrection, sa promesse de vie dès aujourd’hui.

Alors, comme on l’a chanté avec le Psaume, oui que notre âme bénisse le Seigneur ! Qu’elle le bénisse pour son amour. Oui, bénissons le Seigneur, soyons dans la louange, pour tous ses bienfaits pour nous.

Voilà notamment ce que nous pouvons offrir chacun au cœur de cette eucharistie, avec le pain et le vin par lesquels nous célébrons le Christ qui donne sa vie pour nous, le Christ qui se livre dans nos mains pour être porté au monde. Avec lui faisons mémoire, chacun, de son amour, faisons mémoire maintenant en prenant quelque instants de silence, faisons mémoire de ces évènements ou de ces rencontres où nous pouvons dire comme St Paul que nous avons été saisis par l’amour du Christ pour nous, saisis par l’amour miséricordieux du Père, cet amour qui console, qui pardonne et qui donne l’espérance. Faisons mémoire de ce qui dans notre vie a été très concrètement une expérience de salut, l’expérience de la vie plus forte que tout mal et que toute mort… Amen.

 

[*] Groupe de jeunes cathos bruxellois animant tous les mois des soirées de louange, enseignement, adoration et évangélisation de rue, accompagnés par un séminariste de la Maison Ste Thérèse.

Publié dans Homélies

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