Homélie vendredi 21 septembre 2018

21 septembre 2018 - Fête de Saint Matthieu

Maison Ste Thérèse (Bruxelles)

 

Ep 4,1-7.11-13 / Ps 18 / Mt 9,9-132

 

Comme Matthieu, nous avons répondu à un appel. Je ne connais pas vos histoires vocationnelles, mais ce que je sais de ma propre histoire c’est qu’il y a eu comme une rencontre, et le pressentiment bouleversant qu’il fallait suivre pour vivre… Et comme Matthieu, nous nous sommes mis en route…

 

Si vous vous préparez à devenir prêtres, peut-être, un jour, ou si certains parmi nous le sont, ce n’est évidemment pas au nom de je ne sais quel mérite que nous aurions, ou que nous croirions avoir et qui pourrait conduire alors à ce fameux cléricalisme dont parle le pape François dans sa Lettre au peuple de Dieu, non, si nous sommes là aujourd’hui c’est parce que notre seule richesse, si j’ose dire, notre seule dignité, c’est de vouloir suivre le Christ.

 

Matthieu fera partie de ceux que l’on appelle « Apôtres », les proches de Jésus, ceux qui recevront mission de vivre sa mission à lui, de continuer sa mission, et de permettre que d’autres, avec eux, reçoivent, annoncent et vivent l’Evangile du Christ. Mais Matthieu est d’abord quelqu’un qui suit. Sans se poser de questions.

 

Et il nous est bon, je trouve, de réentendre que Jésus appelle des mal-aimés et des pécheurs. Nous avons bien en tête qu’il est venu non pas pour les justes mais pour les malades et les pécheurs, sauf que dans ce que nous venons d’entendre il y a plus : il ne vient pas seulement pour leur annoncer la Bonne Nouvelle du Salut, mais il vient les chercher, il vient les appeler, il vient même leur dire qu’il a besoin d’eux pour sa mission.

 

Et notre mission à tous, baptisés qui voulons suivre le Christ, elle est là : à la suite de Jésus, vivre concrètement l’annonce de cette Bonne nouvelle là. Avec lui, le Christ. Il s’agir de devenir à sa suite ces mains, comme j’aime dire, dont le Père a besoin pour guérir et prendre soin, et devenir sa bouche qui osera des paroles de consolation, de pardon et d’espérance ; pour que d’autres le vivent à leur tour et que nous le vivions ensemble, et qu’ainsi grandisse le Royaume de Dieu.

 

Mais cela nous le pouvons, nous le pourrons, si nous reconnaissons d’abord que nous sommes appelés comme nous sommes, avec nos faiblesses, nos petitesses, et nos difficultés à vivre ou à vouloir vivre l’appel à aimer. Et si nous acceptons de nous laisser rejoindre, pardonner et relever… Alors nous pouvons être de ceux qu’il enverra auprès d’autres malades et pécheurs, pour les aimer eux aussi, les aimer en son nom, et leur annoncer la miséricorde du Père, le leur dire concrètement, par nos actes.

 

L’appel, il est à se faire proche de l’autre, comme Jésus qui mange avec eux. Se faire proche de l’autre et même les uns des autres. L’appel, il est à apprendre à vivre la rencontre et l’écoute de l’autre, pour cheminer ensemble, et pour permettre à l’autre de trouver place avec nous, quelle que soit son histoire… Dans « Amoris Laetitia », le pape François résume cela en 4 verbes que je trouve intéressant à toujours avoir en tête : accueilliraccompagner, discerner, intégrer.

 

Tout cela demande « humilité, douceur et patience », comme nous a dit St Paul ; « humilité, douceur et patience » envers celles et ceux que nous rencontrerons et vers qui nous sommes envoyés, qui bien souvent ne sont pas comme nous aurions voulu, dans nos cadres à nous ; « humilité, douceur et patience » entre nous aussi, dans nos communautés, pour « [nous supporter] les uns les autres avec amour » et pour « garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix » « humilité, douceur et patience », enfin, envers nous-mêmes qui n’y arriverons pas toujours…

 

Dans cette suite du Christ, nous voilà embarqués, ensemble, pour cette nouvelle année, où chacun, là où nous en sommes de notre discernement et de notre vie avec Jésus, nous allons continuer à apprendre à le suivre, nous allons nous donner les moyens d’entendre ses appels pour discerner où il nous attend aujourd’hui et où il nous conduit, entendre où le Père nous veut pour sa mission.

 

Et c’est à chacun que Jésus redit aujourd’hui : « Suis-moi… Suis-moi comme tu es. Dépose tes faiblesses, tes peurs et tes questions, dépose aussi tes certitudes, peut-être, ou tes jugements, dépose-les auprès de moi, dépose-les en moi. Et viens. Suis-moi »

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