Dans l’Ordre du Carmel, le 15 novembre : Commémoration de tous les défunts de l’Ordre
Rm 14,7-9.10c-12 / Ps 114 / Mt 25,31-46
Je le disais hier : nous sommes promis à l’Amour – promis et appelés. Et c’est bien ce que, jour après jours, nous voulons vivre : vivre de cet Amour qui, un jour, nous a saisis.
Aujourd’hui, en priant pour les défunts de l’Ordre du Carmel, nous confions toutes ces vies données à sa miséricorde. Car il y aura un jugement, les textes de cette fête insistent là-dessus. Mais nous le savons, nous le croyons, un jugement dans l’amour.
Car Dieu est amour, Dieu est miséricorde, et il n’est que cela. Un amour sauveur, un Amour qui veut nous confirmer à lui, nous purifier, nous ajuster.
Alors oui, nous prions pour tous ces défunts de votre Ordre. Que l’amour de Dieu les saisisse en plénitude et pour toujours. Et nous prions tout spécialement pour ces sœurs qui vous ont précédées, ici à Surieu, mais déjà à Paray ou à Grenoble, et ailleurs. Que le Seigneur parachève pour elles et pour tous les défunts de l’Ordre du Carmel, qu’il parachève son œuvre de salut…
En méditant sur la 1ère lecture, je rendais grâce pour ces vies données et pour les vôtres aussi, mes sœurs. Vous pouvez oser dire avec confiance : « nous vivons pour le Seigneur », « nous appartenons au Seigneur ». C’est en fait notre appel à tous, depuis notre baptême, mais c’est bien aussi le choix de vie préférentiel que vous avez posé un jour et peu à peu, et qui est signe pour nous tous : vivre pour le Seigneur, par amour, appartenir au Seigneur de cœur et de corps. Par amour.
Car un jour son amour vous a saisies. Dans cette espérance qui vous appelle et vous entraîne : voir Dieu, vivre unies à lui, vivre dans l’Amour et avec lui, pour toujours.
Alors oui, nous le savons, nos vies ne sont pas des chemins linéaires et tout bien tracés, sans pierres ni chutes ni fatigues des jours. Nous le savons aussi, les frères et les sœurs qui nous sont donnés, et que nous n’aurions pas forcément choisis, mettent parfois notre amour à l’épreuve, dans l’humble quotidien où il faut se supporter et apprendre à s’aimer. Et nous le savons, il n’y a pas d’amour vrai sans pardons à vivre, humblement et patiemment.
Nous le savons bien, oui, nos vies ont besoin de s’ajuster à cet Amour qui nous appelle et nous entraîne, mais qui doit déjà se vivre concrètement avec le prochain qui est là. Ce prochain, cette sœur, qui est aussi une aide qui m’est donnée, une aide pour avancer et pour vivre d’amour, peu à peu et en vérité.
Alors oui, comme disait St Paul dans la 1ère lecture : « chacun de nous devra rendre compte à Dieu pour soi-même ». Et voilà pourquoi nous prions pour nos défunts.
Mais dans cette confiance, cette espérance, que la fidélité des jours nous rapproche de lui, même balbutiante parfois, et nous conforme déjà à son amour, son amour sauveur, sa miséricorde.
Et nos choix de vie comptent déjà, puisque Dieu veut pour tous le salut. Dieu se réjouit de la marche des jours de chacune qui veut avancer avec lui et à sa rencontre, humblement mais fidèlement, jusque dans les combats intérieurs et je ne sais quelles épreuves à vivre avec lui – à l’abri en lui.
Mourir à soi-même, disait St Paul, mourrir pour lui, le Seigneur, pour vivre déjà de son Amour, en vivre pour toujours. C’est notre confiance, c’est notre espérance, c’est aussi notre prière pour celles et ceux qui ont ouvert pour vous ce chemin, mes sœurs, et qui, pour certaines, l’ont même emprunté avec vous. Alors oui, nous prions… Amen.