Ce sera donc la 1ère lettre encyclique du pape Léon. Et ça y est j’en serai venu au bout, pas à pas. Voilà en tout cas un texte que je crois important et qui (re)dit bien qu’il nous a été donné un pape social – d’où le choix de son nom, d’ailleurs, dans la lignée de Léon XIII, le pape de la Doctrine sociale de l’Eglise.
Comme on le sait, ce texte traite de la question complexe de l’IA et de ce que les avancées technologiques et numériques viennent provoquer au coeur de ce que nous avons à vivre. Une véritable révolution technologique, un tournant mais qu’il nous faut prendre résolument (et positivement) pour ne pas le subir.
Mais plus que de traiter de l’IA en soit, ce texte vient en fait parler de ce que veut dire être un homme, une femme, dans un monde qui vit ce tournant de l’IA. C’est un texte d’anthropologie à l’heure de l’IA, qui s’appuie sur les principes de la Doctrine sociale de l’Eglise.
Et c’est ce qui est intéressant en ces pages : nous donner à réentendre et se réapproprier ces grands principes de la Doctrine sociale et des fondements, réentendre combien ils concernent notre rapport les uns aux autres et au monde, et quelles en sont l’actualité et les enjeux aujourd’hui, dans ce monde traversé de crises, de guerres, tout cela à l’heure de cette révolution technologique et numérique. Et c’est vraiment intéressant. Pas toujours très évident à lire – même si ça ne jargonne pas, mais faut s’accrocher un peu pour bien suivre le fil de la pensée – ; en tout cas vraiment intéressant. Avec notamment tout un tas d’appels bien concrets sur la rapport à la vérité, à la dignité de chacun, l’enjeu du dialogue véritable et d’un désir vrai de paix et de plus de justice, la question de l’éducation aussi, et l’enjeu à ressaisir ou redécouvrir le sens du travail, etc.
Ce texte aborde finalement plein de questions de notre vie de tous les jours, immédiates ou plus larges que nous-mêmes ; mais qui nous concernent, car tout ce qui se joue de conflits dans le monde, de nouvelles formes d’esclavage, de désinformation et de course à la réussite économique et la rentabilité, tout cela nous y sommes confronté tous les jours. On peut se sentir bien souvent assez impuissant, mais le pape entend justement nous donner des éléments de réflexion et même nous montrer quelle part nous pouvons prendre, à notre mesure et comme chrétiens appelés à construire une « civilisation de l’amour ».
Pour développer son propos, Léon XIV a pris une double image biblique très parlante, qu’il développe en début d’encyclique puis qu'il reprend souvent au fil des chapitres, celle de la tour de Babel et celle de la reconstruction de Jérusalem à l’époque de Néhémie. Et vous verrez que c’est vraiment éclairant, y compris pour la vie de notre Eglise et notamment suite à la crise des abus ou au coeur de la marche synodale à laquelle nous sommes appelés à continuer à nous engager – le pape y fait allusion ci ou là.
Bon... que dire de plus ? ... Je crois que le mieux c’est de vous partager ici les 5 fiches d’infographie que le Dicastère pour le service du développement humain intégral a mis en ligne pour nous aider à entrer dans ce texte et ses différents chapitres ; vous allez voir, c’est éclairant et c’est à partager à d’autres !
Et pour lire le texte c’est par ce lien, sur le site du Vatican – on peut aussi l’acheter en librairie pour quelques euros seulement. En tout cas n’hésitez pas à oser vous y plonger, au moins l’introduction et la conclusion, et le chapitre 2 qui reprend et nous redonne les grands principes de la Doctrine sociale de l’Eglise.