Homélie mardi 18 août 2026

Homélie mardi 18 août 2026

Mardi de la 20ème semaine du Temps Ordinaire

Ez 28,1-10 / Ct de Dt 32 / Mt 19,23-30

Hier, nous étions avec le jeune homme riche, encore prisonnier de ses richesses. Et dans la 1ère lecture aujourd’hui, il y ce roi qui est, lui, prisonnier du rôle et même de l’image qu’il s’est donnée. Sauf qu’il n’est pas Dieu ! Et il ne pourra se sauver lui-même de tout ce qui s’annonce pour lui de malheurs et d’épreuves. Il n’est pas Dieu, ne lui en déplaise…

En vous disant cela, avec ces deux figures, je pense à tant de jeunes accompagnés ces dernières années à St-Jo ; tant de jeunes se décourageant, pour certains, et tout tristes comme le jeune homme d’hier, se décourageant de ne pas s’en sortir de telle ou telle addiction ou autres chutes et rechutes, ou se décourageant de ne pas arriver à être à la hauteur de l’image qu’ils veulent se donner d’eux-mêmes, y compris spirituellement – être saints mais en étant des parfaits, sans péchés ni épreuves…

Parfois, pour ne pas dire souvent, alors même que nous disons attendre un salut de Dieu, nous comptons en fait sur nos propres forces d’abord. Combien il est difficile de consentir à nous abandonner vraiment au Seigneur. Et nous nous accrochons à je ne sais quelles sécurités apparentes, pensant trouver par nous-même une issue et trouver là le bonheur.

Or personne ne se sauve lui-même. Le Christ-Jésus lui-même va se laisser conduire jusqu’à la Croix pour vivre-là le salut, être sauvé par le Père. Non seulement il y va, il ne sauve pas sa peau, mais encore il ne se sauve pas lui-même. C’est le Père qui va le sauver, par l’Esprit Saint qui est puissance de résurrection.

On ne se sauve pas soi-même. Et pour se laisser sauver alors il nous faut consentir à nous ouvrir à la miséricorde de Dieu – son pardon mais aussi sa consolation. Accepter que nous ne sommes pas des saints, pas encore, que le péché marque notre vie ; accepter aussi que notre vie est marquée par des blessures, des déceptions, des peurs, des jalousies, que sais-je encore…

Nous voudrions paraître pour des forts, humainement et même spirituellement, voilà qu’il nous faut accepter et reconnaître que nous n’y arrivons pas, que nous avons besoin de Dieu et de son salut. C’est sans doute la 1ère conversion fondamentale que nous avons à vivre.

Et la seconde, c’est alors de tout vivre avec le Seigneur, tout lui confier, écouter sa Parole et ses appels qui nous décentrent de nous-mêmes, pour le suivre, le suivre vraiment ; et lui demander qu’il nous aide à tout quitter pour le suivre, quitter nos attachements et nos pseudos-sécurités, quitter aussi nos rêves d’être autrement que ce que nous serions, humainement spirituellement, quitter ce qui nous retient de vivre vraiment ses appels ; et tout vivre en lui, le Christ – avec lui et en lui –, toute situation et toute relation.

Alors nous allons nous laisser rejoindre, nous allons nous laisser aimer, malgré tout, tel que nous sommes. Et Dieu va nous offrir son salut. Pas toujours comme nous le rêverions, non pas libérés définitivement dès ici-bas de nos péchés et de toute épreuve, non, mais libérés quand même, libérés de l’emprise mortifère du péché, libérés du découragement dans les épreuves ; faisant l’expérience que nous sommes vivants, malgré tout, appelés et capables d’aimer – aimer Dieu, aimer notre prochain…

Alors c’est vrai aussi, il faudra souvent nous soutenir les uns les autres, nous y aider, nous le savons bien. Quitter père, mère et autres, et recevoir au centuple, c’est entrer dans une famille aux dimensions du Christ. Mais justement, nous savons aussi qu’il y a certaines relations qu’il faudra accepter de laisser de côté, car certains vont parfois se prendre pour Dieu à notre encontre, ou nous de tourner d’une confiance première à garder en lui, quoi qu’il arrive…

Alors prions, mes sœurs ; prions pour tous ceux qui désespèrent, prions pour nos propres chemins à chacun et pour ce qui a besoin du salut de Dieu ; confions aussi au Seigneur celles et ceux qui sont une aide et dont la présence dit quelque chose de la présence en actes du Seigneur à nos côtés. Pour eux tous et pour nous-mêmes, demandons au Seigneur la grâce de l’humilité et de l’abandon, et celle de la confiance et de l’espérance. Amen.

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