Homélie ND du Rosaire 2026

[Montmartre - janvier 2020]

[Montmartre - janvier 2020]

Mercredi 7 octobre 2026 - ND du Rosaire

Ac 1,12-14 / Ct de Lc 1 / Lc 1,26-38

–

Cette fête m’interroge… car il y a quelque chose de paradoxal qui nous est là donné à vivre ou auquel nous sommes appelés ces jours…

Je m’explique. Le pape nous demande, en ce mois du Rosaire, et donc en cette fête aussi, de prier pour la paix – « une paix désarmée et désarmante », comme il aime à dire. Prier pour la paix, donc, alors même que cette fête mariale est celle d’une victoire militaire, celle de la bataille de Lépante (en 1571), la victoire d’une certaine chrétienté sur l’islam politique de l’empire ottoman…

La question se pose régulièrement de savoir s’il y a une « guerre juste » et comment nous positionner comme chrétiens. La réponse est plutôt celle de savoir quelle « paix juste » nous voudrons bien servir, « une paix désarmée et désarmante » à l’école du Christ, Prince de la Paix.

Alors oui, le Rosaire est une arme de combat contre le mal, mais d’abord car c’est une école de prière. Avec la Vierge Marie qui intercède pour nous, et à l’école du Christ en ses mystères que nous allons méditer.

Or c’est bien ça l’enjeu, je crois : prier, rester assidus à la prière, comme Marie au Cénacle :

  • rester assidus à la prière pour que l’Esprit Saint descende sur ce monde et dans les cœurs ;
  • rester assidus à la prière quand nous ne savons que faire et que nous nous sentons impuissants face au mal qui défigure ce monde, aujourd’hui encore ;
  • rester assidus à la prière car « Rien n’est impossible à Dieu » et, comme disait même fr. Roger de Taizé, parce que « Rien plus responsable que de prier ». Car l’appel du Christ est bien d’aimer nos ennemis et, pour ce faire, de prier pour ceux qui nous persécutent.

L’enjeu c’est bien celui de la paix des cœurs et de faire grandir en nous et en tous ce désir de paix qui est salut – salut pour le monde.

Alors oui, nous le croyons, le salut nous est déjà acquis, par le Christ – la victoire du salut – ; mais nous le savons, c’est à accueillir et à faire advenir, encore. C’est à accueillir et à faire advenir en étant témoins de ce salut, en étant de moins de ce que le Christ fait déjà dans nos vies à chacun, en demandant sa paix et en en vivant, que ce salut et cette paix nous traversent et que nous en vivions concrètement, à notre petite mesure mais toute notre mesure.

Puissions-nous croire en cette puissance de la prière, c’est-à-dire en sa fécondité. Et entendre, réentendre, ce matin encore, ce double appel de nos lectures de ce jour :

  1. être assidus à la prière ; croire malgré tout – malgré l’horreur du mal qui défigure ce monde –, croire en la fécondité de toute prière
  2. et entendre et réentendre ce deuxième appel, celui de l’évangile de ce jour, celui à enfanter le Christ et son salut, aujourd’hui encore, comme Marie à l’Annonciation, en répondant « oui » aux appels du Seigneur, à l’écoute de sa Parole et dans la confiance en ses promesses de vie et de salut.

Osons prier, et même crier vers le Seigneur, ces mots par lesquels nous commençons chaque Office : « Dieu, viens à mon aide, Seigneur, à notre secours ». Et prions, portons ce monde et toute guerre, toute détresse, dans notre prière ; demandons la paix et même, déjà, le désir de paix dans les cœurs… Amen.

Retour à l'accueil
Partager cet article
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :