Mercredi 7 octobre 2026 - ND du Rosaire
Ac 1,12-14 / Ct de Lc 1 / Lc 1,26-38
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Cette fête m’interroge… car il y a quelque chose de paradoxal qui nous est là donné à vivre ou auquel nous sommes appelés ces jours…
Je m’explique. Le pape nous demande, en ce mois du Rosaire, et donc en cette fête aussi, de prier pour la paix – « une paix désarmée et désarmante », comme il aime à dire. Prier pour la paix, donc, alors même que cette fête mariale est celle d’une victoire militaire, celle de la bataille de Lépante (en 1571), la victoire d’une certaine chrétienté sur l’islam politique de l’empire ottoman…
La question se pose régulièrement de savoir s’il y a une « guerre juste » et comment nous positionner comme chrétiens. La réponse est plutôt celle de savoir quelle « paix juste » nous voudrons bien servir, « une paix désarmée et désarmante » à l’école du Christ, Prince de la Paix.
Alors oui, le Rosaire est une arme de combat contre le mal, mais d’abord car c’est une école de prière. Avec la Vierge Marie qui intercède pour nous, et à l’école du Christ en ses mystères que nous allons méditer.
Or c’est bien ça l’enjeu, je crois : prier, rester assidus à la prière, comme Marie au Cénacle :
L’enjeu c’est bien celui de la paix des cœurs et de faire grandir en nous et en tous ce désir de paix qui est salut – salut pour le monde.
Alors oui, nous le croyons, le salut nous est déjà acquis, par le Christ – la victoire du salut – ; mais nous le savons, c’est à accueillir et à faire advenir, encore. C’est à accueillir et à faire advenir en étant témoins de ce salut, en étant de moins de ce que le Christ fait déjà dans nos vies à chacun, en demandant sa paix et en en vivant, que ce salut et cette paix nous traversent et que nous en vivions concrètement, à notre petite mesure mais toute notre mesure.
Puissions-nous croire en cette puissance de la prière, c’est-à-dire en sa fécondité. Et entendre, réentendre, ce matin encore, ce double appel de nos lectures de ce jour :
Osons prier, et même crier vers le Seigneur, ces mots par lesquels nous commençons chaque Office : « Dieu, viens à mon aide, Seigneur, à notre secours ». Et prions, portons ce monde et toute guerre, toute détresse, dans notre prière ; demandons la paix et même, déjà, le désir de paix dans les cœurs… Amen.