Les Misérables

Les Misérables

Je ne sais pas si c’est complètement fidèle à l’oeuvre de Victor Hugo, même si j’ai l’impression, au regard des souvenirs que j’en avais et de ceux qui me revenaient un peu au fur et à mesure du film. En tout cas c’est du très beau cinéma, même si c’est un peu long : c’est esthétiquement magnifique, la photographie notamment et la bande-son aussi. Et puis le jeu de Vincent Lindon, un Jean Valjean magistral.

Ce qui m’a marqué dans l’histoire elle-même, c’est combien les personnages principaux sont comme marqués à vie par leur passé et même prisonniers, pour une part, de leur vie blessée, combien il y a une sorte d’empreinte indélébile dans les effets que ça a pu produire. C’est flagrant pour le rôle du commissaire Javert, qui a vécu un abandon traumatisant et qui s’est durci, qui passe finalement sa vie à se venger sur ceux dont il était mais qui l’ont laissé être livré aux forces de l’ordre. Et puis il y Jean Valjean, marqué au fer rouge pour toute sa vie, à cause d’une maudite miche de pain volée et de 19 années de bagne ; il y a surtout eu cette main secourable de ce prêtre qui aura choisi de le protéger alors qu’il aurait pu le dénoncer pour vol et qu’on aurait alors dû le renvoyer au bagne, et ça aura marqué un bouleversement profond, une conversion intérieure et d’attitude magnifique – et c’est justement toute l’histoire.

C’est très beau, je le redis, c’est aussi une plongée dans une époque de grande pauvreté, mais une époque troublée aussi, non sans quelques résonances avec l’actualité sociétale du moment – il y a notamment, vers la presque fin du film, cette superbe scène des barricades avec une charge des forces de l’ordre, impressionnant cinématographiquement !

Le film est de Fred Cavayé. Avec une superbe distribution, dont Vincent Lindon (déjà cité) mais aussi Benjamin Lavernhe et Camille Cottin, ainsi que Tahar Rahim et Vassili Schneider.

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