Homélie dimanche 15 juin 2014 - Trinité

Publié le par Christophe Delaigue

Homélie dimanche 15 juin 2014 - Trinité

Fête de la Trinité / Année A

Notre-Dame (sam. soir) / Boussieu [avec baptême]

Ex 34,4b-6.8-9 / Dn 3,52-56 / 2Co 13,11-13 / Jn 3,16-18

C’est donc la fête de la Trinité… Nous croyons en un Dieu-Trinité… C’est notre foi… Mais c’est vrai que c’est un peu étonnant comme « idée », c’est un drôle de « concept » – si j’ose l’expression – … ! Un Dieu unique en trois personnes, un Dieu unique qui aurait – on pourrait dire – comme plusieurs modes de présences ?

La Trinité, ça nous dit d’abord que Dieu n’est pas une sorte d’entité spirituelle isolée, qui serait fermée sur elle-même. Nous croyons en un Dieu qui est relations – relations au pluriel – ; le Père est en relation avec le Fils, par l’Esprit… Et un Dieu, en plus, qui veut nous faire entrer dans cette dynamique de relations : relation à lui – pensez à l’axe vertical de la croix – et relations les uns aux autres – l’axe horizontal. Et puisque nous croyons que nous sommes créés à l’image à la ressemblance de Dieu, ça veut donc dire que nous ne pouvons pas être heureux sans les autres, sans être en relations, c’est ça que nous devons vivre, et nous en donner les moyens – comme nous le rappelait un peu la 2ème lecture – ; mais être en relations non seulement avec ceux qui nous entourent mais aussi avec Dieu [– et si nous voulons bien croire que c’est quelqu’un, même si nos yeux ne le voient pas … ]

Dieu… Nous croyons qu’il est un Dieu créateur. Créateur de ce monde qui nous entoure et qui est encore en devenir, qui nous est confié, mais aussi et surtout créateur de vie, miséricordieux disait la 1ère lecture, un Dieu qui aime et qui veut, pour notre bonheur, que nous vivions ou que nous apprenions à vivre entre nous et avec lui des chemins de pardon et de recherche de la paix, dans l’écoute et le dialogue…

C’est ce Dieu là que Jésus vient justement nous révéler, un Dieu qui, malgré nos difficultés ou nos non-désirs parfois à vouloir aimer, est bien un Dieu qui nous aime comme un Père, c’est-à-dire un Dieu qui voudrait pour nous le meilleur mais un Dieu qui ne juge pas d’abord ; et un Dieu qui nous laisse libre de nos choix, même les pires et même de lui faire ou non une place. Du coup un Dieu qui attend patiemment que nous nous tournions vers lui ou que nous revenions vers lui, [et un Dieu qui a fait le choix de ne pas intervenir de façon magique dans notre vie]… Un Dieu que nous pouvons décider de rendre partenaire de notre vie ; un Dieu aussi à qui nous pouvons nous adresser, à qui nous pouvons confier nos joies et nos peines.

C’est tellement important pour Dieu que nous puissions découvrir tout cela et le comprendre petit à petit, qu’il a fait le choix de venir nous le dire avec des mots humains et qu’il est venu le vivre en actes parmi nous, par Jésus que nous reconnaissons comme le Fils de Dieu, Jésus qui est venu témoigner en paroles et en actes que Dieu est là avec nous, à nos côtés, malgré les apparences peut-être et les épreuves ou malgré son silence qui parfois nous interroge, qui peut même nous mettre en colère ou nous détourner de lui.

Et c’est un Dieu qui nous aime tellement, qu’au nom de cet amour, Jésus a été jusqu’au bout, jusqu’au don total de lui-même. Il ne s’est pas défilé devant les incompréhensions, il n’a pas cherché à sauver sa peau quand on a voulu le mettre à mort au nom de ce message d’amour et de pardon qui dérangeait. Aller jusqu’au bout, c’était la seule façon pour lui de nous faire entendre et croire que la vie et l’amour sont plus forts que tout mal et que toute mort ; c’est le mystère de la résurrection, c’est le cœur de notre foi ! [C’est ce que nous avons fêté à Pâques.]

Je trouve tout cela à la fois extraordinaire et bouleversant. Un Dieu qui fait tout ça pour nous… Juste parce qu’il nous aime et qu’il aime ce monde, disait l’évangile. Je trouve cela tellement bouleversant ; et en même temps tellement mystérieux [et du coup un peu dur à comprendre… Sauf que la foi ce n’est pas tout comprendre, juste faire confiance … ]

Dans l’évangile de St Jean il nous est dit ailleurs que c’est l’Esprit Saint, l’Esprit de Dieu, son souffle de vie et d’amour, qui nous guidera vers la vérité tout entière – la vérité de ce mystère. Ça veut dire que pour comprendre et entrer dans la confiance en Dieu il faut non seulement nous mettre à l’écoute de Jésus par sa Parole mais il faut aussi demander à Dieu qu’il nous éclaire de l’intérieur, qu’il souffle en nous ce dont nous avons besoin pour comprendre mieux et pour grandir dans la foi, la confiance.

L’Esprit, c’est cette force d’amour et de paix qui relie Jésus à son Père. C’est ce souffle de vie qui circule en Dieu, un peu comme ce souffle de vie qui est en nous et que nous nommons respiration.

Après sa résurrection, Jésus nous a promis qu’il serait pour toujours présent avec nous, par son eucharistie et par la vie de ceux qui le reçoivent dans le pain et le vin consacrés, mais aussi par cette force divine, par le don de l’Esprit Saint, ce même Esprit que nous prions pour que le pain et le vin deviennent le Corps et le Sang du Christ, et pour que nous mêmes qui allons communier devenions le Corps du Christ, le Tempe de l’Esprit, c’est-à-dire la présence même de Dieu en ce monde.

C’est l’Esprit qui permet à Jésus d’être connecté à son Père, d’être sur la même longueur d’onde, et c’est ce même Esprit qui nous est promis pour que nous aussi nous soyons en relation avec Dieu et pour que nous puissions nous aussi être sur la même longueur d’onde et comprendre, du coup, ce qu’il veut pour nous, pour chacun.

Par contre, il nous faut vouloir l’accueillir cet Esprit Saint ; faire ce pari de confiance que le demander c’est se donner les moyens de croire en ce que Jésus veut nous révéler de Dieu, un Dieu Père qui veut pour tous le salut, c’est-à-dire la vie et le bonheur, un Dieu qui ne juge pas au sens qu’il nous enfermerait dans nos fautes, mais un Dieu qui veut nous donner les moyens d’être du côté de la vie qui relève et qui est avec lui plus forte que tout mal et que toute mort, un Dieu qui voudrait nous permettre de faire la lumière sur nous-mêmes et sur notre vie, un Dieu qui veut pour cela nous offrir le pardon comme chemin de bonheur véritable et de paix…

Je propose que nous prenions le temps, maintenant, dans le silence de notre cœur, de demander l’Esprit Saint, de lui demander de venir nous rejoindre. Nous demandons à Jésus qu’il nous donne cette force d’amour qui lui vient du Père. Qu’il puisse nous guider, nous éclairer, qu’il nous aide à avancer sur le chemin de la connaissance de Dieu et sur le chemin de la foi – la foi qui est une histoire de confiance…

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