Homélie mardi 20 novembre 2018

Publié le par Christophe Delaigue

Mardi 33ème semaine du Temps Ordinaire

Carmel St Joseph (Bruxelles)

Ap 3,1-6.14-22 / Ps 14 (15) / Lc 19,1-10

 

En méditant ces textes ce matin, ma première réaction a été de me dire : « Encore Zachée ?! »… Sans doute parce que c’est un texte qu’on cite ou qu’on utilise souvent, et donc on le connaît… Mais l’enjeu pour notre vie, vous le savez bien, ce serait pourtant de l’entendre toujours et encore comme une bonne nouvelle pour aujourd’hui…

Et je me suis pris à penser que le début de ce qu’on a écouté dans la 1ère lecture, dans l’Apocalypse, pouvait s’adresser à Zachée : « Je connais ta conduite, je sais que ton nom est celui d’un vivant, mais tu es mort »

On pourrait laisser résonner en nous ces paroles un peu étranges… « Je connais ta conduite, je sais que ton nom est celui d’un vivant, mais tu es mort »… Oui ça peut nous parler de Zachée… mais ça pourrait nous concerner nous aussi, ça ne nous est pas si extérieur que cela, comme Jésus qui nous dit ce soir : « Aujourd’hui le salut est arrivé dans cette maison, (…) le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu »

La tentation c’est d’entendre dans ces mots une sorte de constat qui nous serait extérieur alors qu’il y a en fait un appel : qu’est-ce qui dans ma vie, dans notre vie à chacun, a besoin d’être sauvé, aujourd’hui ? Qu’est-ce qui a besoin d’être rejoint, en moi, en chacun de nous, qu’est-ce qui a besoin d’être rejoint par le Seigneur, qu’est-ce qu’il nous faut offrir de nous-mêmes dans cette eucharistie, ce soir ?

L’invitation d’évangile, l’appel il est celui de la joie, comme Zachée, celui de recevoir le Seigneur avec joie. Et pour cela, se laisser transformer toujours et encore par sa Parole, par sa Présence, par son amour.

Mais pour cela encore, je crois, accepter d’entendre avec vérité ces mots du livre de l’Apocalypse : « Je connais ta conduite, je sais que ton nom est celui d’un vivant, mais tu es mort »… Laisser résonner ces mots en nous et entendre la suite de ce qui nous est dit : « Sois vigilant, (…) rappelle-toi ce que tu as reçu et entendu, garde-le et convertis-toi »

Et comme Zachée qui descend de son arbre pour accueillir le Seigneur avec joie, recevons alors cette bonne nouvelle : « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. »

Si nous voulons vivre la charité en actes comme semble le décider alors Zachée après sa rencontre avec Jésus, si nous voulons prendre la tenue de serviteur comme nous y invitaient pour une part les textes et les évangiles des mardis précédents, si nous voulons être ces témoins en actes de la résurrection, de la vie plus forte que tout mal et que toute mort, même malgré les apparences parfois, alors, nous le savons bien, nous devons nous laisser façonner nous-mêmes par ce mystère de la résurrection, nous laisser ressusciter et sauver nous-mêmes par Dieu. Et donc nous laisser rejoindre par le Christ, nous laisser rejoindre vraiment.

Non seulement entendre et méditer sa Parole jour après jour, non seulement répondre à l’invitation d’eucharistie, ce soir, non seulement encore apprendre toujours et encore à nous tenir en Présence dans l’oraison quotidienne, mais aussi entendre ces appels à la conversion, ou plutôt – c’est indissociable – entendre que Jésus veut nous rejoindre au cœur de ce qui a besoin d’être sauvé dans notre histoire et dans notre vie.

C’est cette porte là que nous sommes appelés à lui ouvrir, pour le laisser faire son œuvre de résurrection, en nous.

Alors, « rappelle-toi ce que tu as reçu et entendu, garde-le et convertis-toi »… « Voici que [le Seigneur se tientà la porte, et [ilfrappe. Si [tu entends savoix et ouvre la porte [il entrera chez toi ; tu prendras tonrepas avec lui, et lui avec [toi]. » Amen.

Publié dans Homélies

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