Homélie samedi 3 juillet 2021

Publié le par Christophe Delaigue

Homélie samedi 3 juillet 2021

St Thomas, apôtre [Fête]

Ep 2,19-22 / Ps 116 / Jn 20,24-29

 

Cette page d’Évangile on l’entend chaque année pour le Dimanche de la Miséricorde, le dimanche après Pâques. Et je trouve intéressant qu’on l’entende au cœur de ces jours de Mission Bonne Nouvelle. Car elle est là la mission pour laquelle le Christ nous envoie : l’annonce de la miséricorde de Dieu, son amour sauveur, jusque dans le don de sa vie que fait pour nous le Christ, jusque dans la mort et la résurrection.

Notre mission c’est cela, c’est d’annoncer le salut, annoncer cet amour sauveur, cet amour qui console, qui pardonne et qui redonne l’espérance – comme dit le pape François à propos de la miséricorde. Notre mission ça n’est pas de faire de grands discours abstraits aussi beau soient-ils, de grands discours sur Dieu, mais c’est de dire son amour, son amour tel que nous l’avons déjà un peu perçu ou « touché du doigt ». L’annoncer et donc le vivre concrètement.

Je ne suis pas en train de dire qu’il n’y a pas une annonce explicite à faire, mais elle est inséparable des actes et de l’expérience spirituelle. C’est ainsi, d’ailleurs, que les disciples et les apôtres sont devenus témoins du Christ ressuscité. Car ils ont entendu Jésus mais surtout ils ont vécu avec lui et ils l’ont vu à l’œuvre. Jusque dans cette scène d’évangile qu’on vient d’entendre : il ne se contente pas d’être là et de leur dire un truc du style : « Allez, croyez maintenant, et débrouillez-vous pour persuader les gens ». Non. Il vient à leur rencontre, il vient les rejoindre, et même il prend le temps de revenir pour que Thomas soit associé en actes et pas seulement sur la parole de ses frères, et là il l’invite à toucher ses plaies de crucifié, il l’invite à poser un geste qui lui permette d’avancer, qui lui permette de croire et de devenir témoin à son tour.

Jésus le rejoint là où il en est, il ne le laisse pas aux seuls discours, aussi vrais et aussi beaux soient-ils.

Alors la question, peut-être, pour nous ce matin c’est de savoir comment nous nous laissons rejoindre aujourd’hui par le Christ pour l’annoncer et vivre son salut ? Aujourd’hui. Comment est-ce que nous nous laissons rejoindre y compris dans nos formes de peur à l’annoncer ou nos éventuelles paralysies, pour qu’il vienne nous donner sa paix et la confiance, et que ce soit bien son œuvre que nous fassions et pas juste nous faire plaisir ?

C’est tout l’enjeu, je crois, de la vie de prière, chacun et ensemble, et de la vie fraternelle. Au cours de cette mission nous le vivons concrètement avec les matinées qui nous sont offertes pour nous laisser former et ressourcer afin de mieux oser la rencontre chaque après-midi. Nous le vivons aussi dans la messe qui nous rassemble, chaque soir ou ce midi, où nous voulons tout remettre dans les mains du Christ et nous laisser former par sa Parole et le mystère de sa Présence qui se donne dans l’eucharistie.

Et nous entendons ce matin qu’il nous dit qu’il est là. Nous entendons ce matin qu’inlassablement il veut venir à nous pour nous libérer de nos paralysies de quelque ordre que ce soit, il vient nous libérer, nous sauver. Et c’est bien parce que nous ferons cette expérience de sa Présence et de son Amour, l’expérience de sa Paix et de la joie profonde qui va avec, qu’alors nous pourrons être des témoins qui peuvent toucher d’autres, non par de seuls discours, mais par l’humble témoignage de ce que nous avons déjà reçu ou perçu du mystère de la présence de Dieu à nos vies et à ce monde.

Et nous avons besoin les uns des autres pour le vivre, pour recueillir cela, et pour apprendre à en témoigner en nous laissant former par la Parole que nous avons reçue des apôtres. Nous sommes ce Temple saint dont parlait la 1ère lecture, cette demeure de Dieu dans l’Esprit Saint, c’est-à-dire le signe que Dieu veut pour rappeler au monde qu’il existe et qu’il est là. C’était ça le sens du Temple à Jérusalem, ces pierres bâties de main d’hommes pour rappeler à Israël que Dieu est là au milieu de lui afin de pouvoir être témoin, comme peuple et au milieu des nations, de l’existence de Dieu.

Et c’est aujourd’hui notre mission : être des signes vivants de la présence de Dieu. Être ses mains qui vont prendre soin, être sa voix qui annoncera son amour et qui osera des paroles de consolation et de pardon, être ses pieds qui iront à la rencontre des uns et des autres.

Alors c’est vrai que parfois, comme Thomas, nous douterons, du moins nous nous questionnerons sur comment faire ou même sur le sens de tout cela... Comme lui osons nous interpeler et nous aider alors à avancer ensemble, osons nous interpeler et nous soutenir pour apprendre à voir le Christ qui passe dans nos vies, et osons nous motiver à témoigner humblement, à notre mesure, de ce que nous déjà nous avons compris et reçu de la Bonne nouvelle de l’Évangile, ce que nous avons pressenti déjà de l’amour de Dieu pour nous et de sa fidélité de chaque jour (cf. psaume du jour). Amen.

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