Homélie dimanche 10 août 2025

19ème dimanche du Temps Ordinaire - Année C

Sg 18,6-9 / Ps 32 / Hé 11,1-2.8-12 / Lc 12,35-40


Je ne sais pas comment vous recevez ces textes mais moi, quand je les ai lus pour préparer ces quelques mots d’homélie, ça m’a laissé un peu perplexe…

Déjà parce que cette page d’évangile, ça a des résonances comme si c’était déjà l’Avent, sauf qu’on n’y est pas encore… Et puis comment on reçoit cet appel à rester en tenue de service si on est en vacances, comme moi et peut-être d’autres parmi vous, ou si on aspire justement à des vacances ou au moins un peu de repos… Ça veut dire quoi, concrètement, dans ce réel-là dans lequel on est ?

Et puis surtout ça m’a laissé un peu perplexe à cause du côté un peu décousu, à première vue, entre ces lectures… Pas sûr qu’on voie bien les liens, comme ça, un peu spontanément…

Alors que retenir et qu’entendre de tout cela, que retenir et qu’entendre de ces textes pour nous aujourd’hui ?

Ce qui m’est venu en les méditant c’est le lien avec l’appel qu’on a entendu la semaine dernière dans la 2ème lecture. Je ne sais pas si vous vous en rappelez, c’était l’appel à « rechercher les réalités d’en-haut », à vivre cela comme ligne de conduite pour notre vie ici-bas, notre vie de tous les jours. Et cet appel à « rechercher les réalités d’en-haut » ça veut dire vivre de ce que Dieu veut pour nous, pour notre bonheur, vivre de ce que Dieu peut faire pour nous. Et ça, ça se résume en un mot : le salut.

Elles sont là les promesses de Dieu dont il était question dans la 2ème lecture de ce jour : Sara qui a cru, car elle pensait, nous dit le texte, que « Dieu est fidèle à ses promesses ».

Ses promesses, on voit ça dans nos bibles, les promesses de Dieu sont promesses de vie et de salut. Et le salut c’est quoi ? C’est être libérer de l’emprise de tout ce qui nous empêche d’être pleinement vivants, d’être pleinement nous-mêmes, tels que Dieu nous voit.

Le salut c’est être libérés du mal qui assaille nos vies et de ce qui nous paralyse, la peur, le découragement. Non pas qu’il n’y aura plus de souffrance ni de péché, du moins ici-bas, mais c’est croire qu’au cœur de cela un chemin de vie est possible, malgré tout. Et que je peux faire l’expérience que la vie et le don de soi par amour sont malgré tout plus fort que ce mal qui nous assaille, plus fort que le découragement aussi, plus fort que nos peurs de cela ou de nos ras-le-bol parfois ou nos incompréhensions à tout cela…

Le salut, les promesses de salut, ça peut devenir notre force de vie et de confiance, malgré tout, et au cœur  des difficultés du quotidien.

C’est ce que le peuple d’Israël a vécu de façon toute particulière, toute spéciale, au soir de la sortie d’Égypte, cette fameuse nuit pascale dont parlait notre 1ère lecture, cette « nuit de la délivrance pascale ». Et c’est parce qu’Israël a fait cette expérience de salut qu’il va pouvoir continuer à croire en la présence de Dieu avec lui et en sa puissance de vie au cœur des épreuves.

Ça ne veut pas dire que le chemin sera plus facile, et ça ne veut pas dire non plus qu’il n’y aura pas de doutes ou du découragement. Mais justement. Il s’agira de se rappeler, de faire mémoire.

Et c’est ce que nous faisons à chaque eucharistie, nous rappelant le Christ Jésus qui a vécu pour nous et dans sa chair, dans son corps, ce même mystère Pascal, ce don de lui-même pour notre salut, ce don de lui-même par amour, qui est signe de cette victoire sur le mal, y compris malgré les apparences premières et immédiates, et qui nous appelle à entrer dans la foi en ces promesses de vie et de résurrection que le Christ ouvre là pour nous.

Il s’agira pour nous de croire en cela, de mettre notre foi en cela : lui, le Christ, et son salut.

Croire en cela et en faire mémoire : se le redire, pour y croire, se le raconter, et surtout le célébrer, comme aujourd’hui avec cette eucharistie.

Voilà, je crois, ce que veut dire, déjà, cet appel à rester en tenue de service et à veiller, à guetter le Seigneur qui veut aujourd’hui encore nous visiter et marcher avec nous, porter avec nous.

Voilà comment nous pouvons faire pour rester des éveillées qui guettent sa venue, qui guettent sa présence.

Et voilà pourquoi nous écoutons la Parole de Dieu, à chaque eucharistie ; un peu comme une nuit de veille autour du feu où l’on se raconte nos histoires du passé, qui disent un peu qui nous sommes. Ces nuits de veille où l’on chante aussi, pour tenir éveillés, comme ces chants de louange dont parlait notre 1ère lecture.

Il s’agit de nous aider à tenir dans la foi, dans la confiance. Tenir dans cette confiance d’une aurore qui vient pour nos vies et pour ce monde, où la nuit semble parfois bien sombre…

Veiller, rester en tenue de service, c’est croire que Dieu est là avec nous au cœur de tout cela. C’est aussi faire monter vers lui notre prière pour tous ceux qui en ont besoin, pour Gaza et Israël, pour l’Ukraine mais aussi le peuple russe, pour tant de pays en guerre et tant de chrétiens persécutés.

Et puis c’est vivre à notre mesure le service de l’autre, ce service du salut pour tous. Et ça s’appelle aimer. Aimer Dieu et son prochain. Et ça c’est très concret, même en vacances ou en repos, ou dans ce qui fait notre vie de tous les jours, en famille, au travail, ou dans ce qui fait nos divers lieux de vie…

Alors je ne sais comment nous recevons tout cela, les uns et les autres. Je ne sais ce que ça vient peut-être faire remonter en vous… Ce qui nous vient, là maintenant, nous l’offrons bien simplement au Seigneur, dans le silence de nos cœurs et de la prière. Nous le déposons auprès de lui dans la confiance que nous avons chantée avec le psaume, la confiance en sa présence et en son amour, son amour sauveur qui appelle le nôtre, à notre petite mesure mais toute notre mesure. Amen.

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