Samedi 16 août 2025
Ga 3,26-28 / Ps 41 / Mc 10,13-16
Avec ces textes qu’on vient d’entendre, et finalement un peu grâce à Mayeul, on pourrait chacun se poser une question toute simple : où est-ce que j’en suis de mon propre baptême ?
Et notamment, au regard des textes qu’on vient d’entendre :
Bénédicte et Pierre, vous nous avez partagé tout à l’heure quelques mots de ce que ça veut dire pour vous de demander aujourd’hui le baptême pour Mayeul et c’est bien ces questions-là que ça vient nous poser à chacun. Ça vient réinterroger, finalement, le sens du baptême, et alors on pourra en vivre chacun – chacun à notre petite mesure mais toute notre mesure.
Alors bien simplement, entendons de ces textes que par le baptême nous devenons fils et filles de Dieu. Pas enfants de Dieu, ça nous le sommes tous de par le fait de notre naissance, et Dieu veut se donner à connaître de tous pour nous indiquer à tous un chemin de vie, du moins permettre à tous de faire ici-bas l’expérience d’être aimés et d’être capable d’aimer aussi et que là est le chemin du bonheur et que là, même, est le chemin d’un salut au cœur de ce monde tellement défiguré par le mal…
Par le baptême, d’enfants de Dieu que nous sommes tous, nous devenons fils et filles de Dieu, avec le Christ, nous reconnaissons que nous sommes appelés à vivre en fils et filles de Dieu, à la suite du Christ, à son école. Fils et filles d’un Dieu qui veut nous aimer et marcher avec nous comme un Père, un Père tout-aimant.
Accueillir le Royaume de Dieu à la manière des enfants c’est reconnaître que nous avons à remettre nos vies dans les bras du Père, que nous sommes en dépendance de lui et que nous avons tout à apprendre de lui pour marcher – marcher vraiment – et grandir – grandir dans l’amour. Ça veut dire l’écouter, obéir à ses commandements, lui faire confiance.
Et ça c’est quand même un trait de vie caractéristique des petits, cette espèce de confiance un peu spontanée qu’ils ont dans celles et ceux qui sont là avec eux et qui les aiment. Et c’est bien pour cela que lorsque l’amour est blessé, pour tout un tas de raisons plus ou moins graves, eh bien ça peut nous marquer pour longtemps et ça nous rend parfois boiteux…
Accueillir le Royaume à la manière d’un enfant c’est entendre cet appel à mettre nos pas dans ceux de Dieu, à grandir à l’écoute de sa Parole, et de croire que puisqu’il qu’il est tout-aimant et qu’il n’est que cela, alors je peux avancer en confiance.
Et pour avancer en confiance, nous croyons que le chemin c’est celui du Christ, le Fils du Père qui nous apprend ce que ça veut dire devenir fils et filles de Dieu, c’est-à-dire à quoi Dieu nous appelle et qui est ce Dieu-Père qui nous aime. J’ai envie de dire : tout simplement.
Du coup, vivre de notre baptême, vous le savez aussi bien que moi, ça veut dire être vraiment disciples de celui qui nous indique et nous révèle qui est le Père, qui est ce Dieu-Père qui veut pour nous le salut et qui veut que nous apprenions à croire qu’il est là avec nous, qu’il sera pour tout-jours – et chaque jour – avec nous, y compris au cœur de nos épreuves de tous ordres.
Vivre en disciples du Christ et donc choisir le Christ comme maître de nos vies. Revêtir le Christ, dit Saint Paul, qu’il soit toujours avec nous et donc que nous soyons, nous, toujours avec lui. Et concrètement, ça veut dire apprendre à écouter sa Parole et à mettre en pratique, ça veut dire aussi apprendre à choisir le bien et à rejeter le mal, et donc à vivre le pardon quand nous allons chuter et déraper.
Et devenant disciples, appelés à vivre des appels de l’Évangile, nous sommes appelés à devenir témoins, ce que rediront bien, tout à l’heure, les signes du baptême : l’onction d’huile va nous dire que notre mission, avec le Christ, c’est (1) celle de la prière, c’est (2) celle de l’écoute et de l’annonce de la Parole et c’est (3) celle de la charité –le service du frère et de chacun – ; que notre mission – ce sera le signe du vêtement blanc – c’est ainsi de vivre unis au Christ, de tout vivre avec lui, et de le porter au monde ; et puis l’appel – avec dernier signe du baptême – à devenir lumières de la lumière du Christ, celle de l’amour de Dieu, cet amour qu’il voudrait répandre comme un feu, un feu de paix pour cette terre.
Et ça, nous y sommes tous appelés, au nom de ce baptême que nous avons reçu, tous appelés à vivre bien humblement de l’Évangile et à être témoins en paroles et en actes du Christ et de l’amour sauveur, chacun à notre mesure, et que nous soyons hommes ou femmes, ou prêtres ou laïcs, ou anciens dans la foi ou nouveaux convertis. C’est notre égale dignité de fils et de filles de Dieu, c’est notre mission commune, celle de vivre en chrétiens, tout bêtement !
Voilà en tout cas ce que ces textes m’ont invité, moi, à me redire, que je voulais du coup vous partager. Je ne sais pas comment vous recevez tout cela, les uns les autres, comment ça vient vous rejoindre ou comment ça vous permet peut-être de vous redire le sens de votre propre baptême.
Je propose qu’on prenne quelques instants de silence tout simplement pour recueillir ça que ça vient faire remonter en nous, et ce qui nous vient, nous l’offrons bien simplement au Seigneur dans le silence de nos cœurs.
Et puis quelques instants de silence aussi pour prier pour Mayeul et pour vous ses parents, et pour prier les uns pour les autres ; pour demander au Seigneur qu’il envoie sur nous sa lumière –comme disait le psaume –, lui demander qu’il nous aide et nous accompagne au cœur de ce que nous traversons peut-être et en tout cas au cœur de ce que nous vivions chacun.
Et que là nous puissions rendre grâce pour ce qui nous est donné et pour la vie qui est là, même quand c’est plus difficile. Que nous ayons confiance, tout-jours, que Dieu est là avec nous, quoi qu’il arrive. Et que Mayeul, comme nous, puisse le découvrir un jour et peu à peu. Amen.