L’Allègement des vernis

L’Allègement des vernis

Paul Saint Bris signe là un premier roman original et pas désagréable à lire. Une plongée dans la vie du Louvre et plus encore dans un projet de restauration.

Aurélien, le directeur du Département des Peintures, est loin d’être pour ce projet. Un projet à haut-risque pour l’œuvre comme pour le musée, et pour sa carrière aussi. Mais les enjeux sont énormes, financiers, et il va surtout falloir qu’il s’y plie et que ce soit évidemment une belle réussite.

Le tableau en question c’est La Joconde, rien de moins. Et nous voilà entraînés avec elle dans cette aventure qui, je le redis, est une plongée assez passionnante dans ce monde-là de la peinture mais aussi de la culture et ses dessous.

Si ce roman se lit plutôt bien et s’il est intéressant, tel un documentaire, il faut toutefois se laisser faire pour y entrer pleinement, et faire confiance à l’auteur : on peut peiner, par moments, à savoir pourquoi on s’intéresse à tel personnage de l’histoire ou tel détail de l’intrigue, qu’est-ce que ça vient faire là, qu’est-ce que ça apporte vraiment à ce qui là se raconte. On comprendra plus tard… Et l’on comprendra notamment qu’il y a les experts, ceux qui savent et qui ont la connaissance, et il y a ceux qui peuvent « sentir » l’œuvre de l’intérieur, avec le cœur et même avec les tripes, pas qu’avec la tête. Un peu caricatural peut-être, même si certains des personnages de cette histoire sont heureusement un peu des deux – notamment quand on consent à laisser tomber les masques, ou pour le dire autrement : quand la vie nous oblige à « alléger » le « vernis » que nous y mettons pour que ce soit tout beau à voir…

On sent en tout cas que ces pages sont celles d’un passionné et quelque chose passe de notre auteur à son lecteur. Et rien que pour cela déjà cette lecture peut valoir le coup.

Après, notre jeune auteur est vraiment de sa génération, il faut qu’il y ait une histoire de sexe qui se glisse là dedans, comme une évidence de la vie de beaucoup, et surtout racontée vraiment plus que suggérée. Certes c’est très bien mis en mots, ça a du style, mais quand même, c’est comme si ça devenait des passages obligés dans tout roman ou presque – comme d’ailleurs dans quasi tout film aussi – ; et comme cette histoire d’enjeu financier à cette restauration de tableau, ça dit quelque chose de notre époque…

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Paul Saint Bris, L’Allègement des vernis, Le Livre de Poche, janvier 2025 (Éditions Philippe Rey, 2023), 379 pages, 9€90.

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