J’ai plutôt aimé cette saga familiale, ce récit qui nous fait traverser tout le XXème siècle aux côtés de cette famille de la France rurale dont l’histoire est aussi mouvementée que celle du monde.
Un roman sur la violence des hommes, voilà ce qui nous est ici donné à lire ; ceux de cette famille mais aussi celle qui traverse le monde et fait l’Histoire. Mais un roman qui parle aussi de la vie qui se fraie-là un chemin, malgré tout. Ce qui donne un roman très agréable à lire – et qui est plutôt très bien ficelé.
Un homme raconte. Son histoire, donc, et celle de son père ainsi que celle de son grand-père, et ainsi de suite. Mais dans le bon sens ! Et il raconte sous forme d’une grande lettre en forme de récit… Cet homme raconte cette violence qui a traversé chacune de ces générations, cette rage en chacun de ces hommes de la famille. D’où vient-elle ? Et il remonte ainsi l’histoire ; et il écrit, comme pour trouver consolation à tant de blessures ; et surtout pour comprendre, aussi, d’où il vient, et plus encore le raconter à ceux qui suivent…
Ce qui est frappant dans ce récit c’est d’assister en même temps aux bouleversements sociétaux qui vont suivre la Première puis la Seconde guerre mondiale, combien leur vie rurale va s’en trouver transformée, combien le monde change. Et combien la vie d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celle du début du XXème siècle ! On le sait, me direz-vous, mais c’est ici très bien mis en récit – on le vit, on y assiste, on se le prend en pleine figure !
En tout cas ça donne un récit pas mal ficelé et bien mené, très bien écrit et bien agréable à lire. Une saga familiale qui nous fait en même temps revivre la grande Histoire et surtout passer de bons moments de lecture, pour moi en tout cas… Pas mal du tout, oui…
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Anne-Laure Bondoux, Nous traverserons des orages, folio, mai 2025 (Gallimard Jeunesse 2023), 588 pages (format poche), 9€50.