ND de La Salette, réconciliatrice des pécheurs (fête dans le diocèse de Grenoble-Vienne)
2Co 5,17 – 6,2 / Ct de Jdt 13,18-20 / Jn 19,25-27
Marie est là au pied de la Croix. Mère de douleurs – comme nous le rappelait la liturgie de lundi, au lendemain de la fête de la Croix glorieuse – et Mère de compassion, à qui le Christ nous confie.
Marie nous est donnée comme Mère pour ce que nous avons à vivre, y compris pour ces combats qui sont nos croix, y compris le combat du péché qui nous traverse et de la violence des hommes qui défigure le monde.
C’est à cause de cela que le Christ est mort en Croix, et c’est pour nous en libérer qu’il s’est « identifié au péché » – comme a dit St Paul dans la 1ère lecture de ce jour. C’est pour nous en libérer qu’il a consenti librement à se laisser conduire là, sur la Croix.
Au pied de la Croix, Marie nous est donnée comme Mère. Et sur la montagne de La Salette c’est bien une mère qui est venue à nous, une mère qui pleure notre péché, une mère qui pleure cette colère de Dieu qui gronde et dont, avouons-le, nous rêverions parfois qu’elle vienne s’abattre comme au Déluge et faire un grand ménage de printemps sur cette terre qui n’en peut plus de tous ces conflits et de toutes ces guerres…
En tout cas, à La Salette Marie vient jusqu’à nous. Entendrons-nous l’appel à la conversion ? Entendrons-nous l’appel à faire retour vers Dieu ?
Il n’y a que des enfants qui puissent se laisser toucher par les larmes d’une mère, cette Mère de miséricorde qui se fait comme le porte-voix de ce que St Paul nous a dit dans la 1ère lecture : nous laisser réconcilier avec Dieu et pouvoir en devenir ambassadeurs pour d’autres, comme elle, Marie, à La Salette ; en devenir ministres : servir la réconciliation là où nous sommes placés, là où nous sommes envoyés.
Mais pour ce faire, emprunter nous-mêmes ce chemin, déposer notre péché et toute violence qui nous traverse sur le bois de la Croix. Laisser le Christ prendre tout cela pour nous en libérer, nous libérer de l’emprise du mal.
Le lui demander, par l’intercession de Marie sa mère et notre Mère ; lui demander aussi la réconciliation entre les peuples, et y travailler nous-mêmes, déjà, à notre petite mesure mais toute notre mesure, là où nous sommes, en communauté, en famille, dans nos lieux de vie et d’engagements.
Marie nous est donnée comme Mère et elle vient à notre rencontre, pour porter tout cela avec nous, pour nous réveiller aussi de nos endormissements – c’est bien pour cela que son message à La Salette est vigoureux et provocateur, parfois même violent…
Alors en ce jour de fête, recueillons ses larmes de mère, ouvrons nos cœurs à la miséricorde du Père ; et demandons-lui – à lui le Père – sa grâce de pardon, sa grâce de réconciliation, pour nous-mêmes et pour notre monde.
Et avec Marie au pied de la Croix, recueillons le don de la vie que le Christ nous fait et que nous célébrons à chaque eucharistie. Croyons en son amour sauveur qui n’attend que notre consentement et notre participation au don qu’il nous fait de lui-même, pour notre salut et pour le salut du monde…
Humblement, nous nous tenons là, dans un silence qui veille et qui porte dans la prière. Et nous demandons au Seigneur que notre Église et nous tous soyons tout-jours plus des ambassadeurs de cette réconciliation, ce salut que le Christ nous a acquis mais qui reste jour après jour à accueillir et à vivre. Amen.