La langue est simple et belle, et le style est fluide, le récit en courtes phrases y trouve un rythme. Je trouve que c’est très agréable à lire.
L’histoire, c’est celle de ce jeune homme de 24 ans – notre auteur, je crois – qui un jour d’été a découvert un petit monastère dans les Pyrénées et qui y revient, au cœur de l’hiver. Avec lui et ce qu’il vient chercher, découvrir et comprendre de la vie dans cette vallée, c’est l’histoire de ce prêtre, fr. Pierre, curé de la vallée d’Aspe, chanoine prémontré qui vit là, seul [*], ou plutôt avec celles et ceux qui viennent faire halte en ce lieu.
Et là, des vies se mettent un peu en mots, c’est balbutiant, et elles furent parfois chaotiques. Mais ici on ne juge pas, on accueille et on écoute. Et on laisse chacun renouer avec lui-même, renouer aussi avec la nature, et s’ouvrir à sa propre intériorité – c’est là qu’un chemin de confiance peu à peu retrouvée et d’espérance pourra peut-être s’ouvrir alors…
Au cœur du récit, la quête de Dieu se dit d’ailleurs ; et il sera question de foi, un peu, au fil des pages. D’amour aussi, et de salut. Et c’est très beau.
Des versets bibliques – surtout de psaumes – viennent alors prendre corps ci et là dans le récit – lui donner chair, autrement – et j’ai trouvé très réussi. C’est tout en douceur, sans imposer la foi au lecteur, mais c’est là et ça nous invite nous aussi à une sorte de pèlerinage intérieur, si l’on veut…
De Pierre Adrian j’avais lu, il y quelques semaines à peine, son Que reviennent ceux qui sont loin ; je croyais l’avoir repéré sur le blog d’un ami éditeur où j’ai du coup découvert l’invitation à lire celui-ci, et je ne regrette pas – voilà d’ailleurs le lien pour aller voir ce qui, là, en était dit.
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Pierre Adrian, Les âmes simples, folio, septembre 2023 (éditions des Équateurs, 2016), 211 pages (format poche).
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[*] Pour en savoir plus sur ce petit monastère, ce sanctuaire marial de Sarrance, il y a ce site internet https://ndsarrance.fr/ ; aujourd’hui ils sont visiblement plusieurs frères prémontrés à vivre là – non plus seulement le fr. Pierre et Albert, ce vieux prêtre qui, dans notre récit, y est accueilli et y vit avec lui.