Homélie fiançailles 20 déc. 2025

Homélie fiançailles 20 déc. 2025

Fiançailles Auriane et Gaspard

Samedi de la 3ème semaine de lAvent

Is 7,10-14 / Ps 23 / Lc 1,26-38

 

Cette page d’évangile beaucoup d’entre nous la connaissent bien, et de fait on l’entend souvent, dès qu’il y a une fête mariale.

Aujourd’hui elle nous est donnée à entendre parce que nous sommes dans ces derniers jours qui nous conduisent aux fêtes de Noël et il s’agit d’entendre que celui que nous attendons et que nous veillons dans la foi, celui qu’Israël espérait, eh bien c’est cet enfant à naître de cette jeune femme de Galilée et que cet enfant à naître vient de Dieu lui-même, comme annoncé par le prophète Isaïe ; qu’il est Dieu qui vient nous visiter et nous parler d’hommes à hommes, pour nous faire entrer résolument dans les promesses de vie et de salut que Dieu n’a cessé d’annoncer à Israël et que Dieu veut élargir à tous de tous les peuples.

Ça c’est le décor, et on le sait – en tout cas pour la plupart d’entre nous je pense.

Mais je propose qu’on reçoive cette Parole un peu autrement, en la mettant en perspective avec ce temps de l’Avent dans lequel nous sommes encore et par là-même avec ces fiançailles que nous célébrons avec vous, Auriane et Gaspard…

Le temps de l’Avent c’est en fait un temps pédagogique – si j’ose ce mot – pour nous donner à comprendre que ce que nous fêtons à Noël c’est Dieu-qui-tient-promesses : le Messie attendu est venu, le signe annoncé en Isaïe est donné.

Et ce Messie qui nous promettra sa présence pour tout-jours avec nous, il veut que nous le laissions nous rejoindre, pour l’enfanter aujourd’hui encore, l’enfanter à ce monde qui reste traversé par le mal et la souffrance, par la violence des hommes et le péché, et aussi par le non-sens apparent de la maladie et de la mort ; Dieu qui nous promet sa présence au cœur de tout cela et même qui nous promet un salut pour qui saura l’accueillir et en vivre pour d’autres…

Nous allons fêter Dieu qui tient promesses, nous allons fêter l’accomplissement de ces promesses de Dieu auxquelles Jésus vient nous ouvrir et dans lesquelles il veut nous entraîner.

Et comme vous le savez, nous sommes à la fin de cette année jubilaire placée sous le signe et l’appel à l’espérance. Or l’espérance c’est cette certitude de foi que nous sommes appelés à faire nôtre, cette certitude de foi que Dieu est le Dieu qui tient promesses, Dieu qui a tenu promesse – son Fils, le Christ-Jésus, le Messie attendu et espéré, est né de la Vierge Marie –, Dieu qui a tenu promesse, donc, et donc Dieu qui tient et qui tiendra encore ses promesses de vie et de salut, ces promesses d’Évangile auxquelles le Christ nous appelle et nous entraîne.

Et ça, si nous mettons notre confiance en cette espérance, alors ça va changer notre regard sur ce que nous avons à vivre et à traverser…

Vous allez peut-être me dire : ok, mais du coup c’est quoi le lien avec le temps des fiançailles ?

Le lien il est tout simple : nous entrons avec vous, Gaspard et Auriane, dans un temps d’accomplissement à venir de promesses qui se disent et se célèbrent. Nous entrons avec vous, Gaspard et Auriane, dans ce temps de gestation d’une parole à recevoir pour qu’elle prenne corps en vous et qu’elle ouvre pour vous, et même par vous, qu’elle ouvre un chemin de vie.

Ce temps de fiançailles qui s’ouvre aujourd’hui c’est ce temps que vous avez choisi de vous donner pour laisser votre « oui » en devenir le devenir vraiment ; c’est ce temps que vous avez choisi de vous donner pour accueillir là une Présence qui soit partenaire de votre chemin et de ce « oui » que vous vous sentez appelé à prononcer pour toute la vie.

Mais qui appelle à ce que ça s’incarne et ça murisse, qui appelle à ce que ça vienne se déployer en vous et entre vous, pour qu’au jour de votre engagement le Seigneur et son amour soient le cœur-même de l’Amour qui vous unisse et que vous apprendrez alors à rayonner plus encore…

Nous croyons en un Dieu qui vient nous rejoindre dans le concret de nos existences, Dieu qui vient là se révéler à nous. Mais nous le savons, il nous faut apprendre à l’accueillir, comme Marie à l’Annonciation qui doit faire sienne cette Parole que l’Ange vient lui adresser de la part de Dieu, et qui doit concrètement consentir à ce que ça appellera.

Et par son « oui », par ce « oui » de Marie à une Parole reçue, le Seigneur vient établir sa demeure en elle pour qu’elle puisse l’enfanter à ce monde et que le Christ-Jésus, Parole du Père, puisse nous rejoindre et annoncer en paroles et en actes l’amour sauveur du Père dont notre monde a tant besoin. Notre monde et nous-mêmes…

Pendant ces mois de fiançailles, ces mois de gestation qui viennent, c’est bien ce « oui » en devenir de l’un à l’autre, mais aussi la Parole de Dieu elle-même, que vous êtes appelés à laisser grandir en vous. Pour que le Seigneur Jésus vienne façonner votre « oui » par son amour, l’amour sauveur du Père.

Et que vous deveniez ensemble témoins de cet amour, d’un amour qui peut durer et qui est chemin de vie et de salut, même au cœur des hauts et des bas du quotidien. Que vous en soyez témoins, à votre mesure, mais en vous y engageant, en vous engageant à vivre de cette parole et par là-même à vous aimer l’un l’autre et à aimer comme le Christ nous a aimés…

L’enjeu de notre vie à tous, notre vie humaine déjà comme notre vie chrétienne, c’est bien, comme Marie, d’accueillir avec confiance la parole de l’autre qui vient à moi. Et cette confiance sera possible si elle est réciproque, si elle est choisie et si elle s’appuie sur plus grand que soi, et notamment les promesses de Dieu.

Marie, comme tout Israël, attendait l’accomplissement des promesses de Dieu.

Ce chemin en devenir d’accomplissement que vous faites vôtres, Auriane et Gaspard, ce chemin de fiançailles sur lequel vous voulez avancer, il est ce chemin d’accueil des promesses d’un amour déjà présent, pour le rendre fécond et solide, pour y accueillir les promesses de Dieu et en vivre, en faire le socle et le fondement de ce « pour toute la vie » auquel vous voulez un jour vous engager et auquel vous voulez donc vous préparer.

Comme Marie il y a un acte de foi à poser. En l’autre et en Dieu qui a mis l’autre sur ma route. En l’autre et en cette parole qui nous dépasse et qui va devoir s’incarner en nous, et même par nous, pour vivre et offrir au monde quelque chose de cet amour sauveur que Dieu veut offrir et faire connaître largement…

Alors nous pouvons demander au Seigneur qu’il envoie sur vous son Esprit Saint, nous demandons que la puissance du Très-haut vous prenne sous son ombre, pour que vous deveniez ensemble témoins de cet amour sauveur qu’est Dieu et auquel le Christ nous appelle.

Que la Parole s’incarne en vous et entre vous pour qu’elle vous façonne et que vous puissiez en vivre dans le concret des jours qui viendront et des années à venir ; que vous en deveniez témoins ensemble, comme couple, si Dieu le veut et si vous vous en donnez les moyens avec lui…

Alors tout simplement nous prions pour vous et avec vous, Auriane et Gaspard. Nous confions, là maintenant, dans le silence de nos cœurs, ce que ces quelques mots viennent peut-être éveiller en nous, ce qui monte en nous, ce qui nous habite. Bien simplement. Amen.

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