Homélie Jour de Noël 2025

Homélie Jour de Noël 2025

Jeudi 25 décembre 2025 – Nativité du Seigneur

Is 52,7-10 / Ps 97 / He 1,1-6 / Jn 1,1-18

 

Dans la nuit de Noël, cette « voix des guetteurs » dont a parlé le prophète Isaïe dans la 1ère lecture, cette « voix des guetteurs » n’était-ce pas celle des bergers qui furent les premiers témoins de cette naissance qui nous rassemble encore, plus de 2000 ans après ?

Et cette « voix des guetteurs », n’est-ce pas aussi la nôtre, en fait, nous qui avions été invités, au début du temps de l’Avent, à devenir des « veilleurs », des « guetteurs » du Dieu qui vient, Dieu qui promet sa venue, et même : Dieu qui a tenu promesses ?

Car voilà ce que nous célébrons : Dieu-qui-tient-promesses. Dieu qui vient au cœur de nos vies, Dieu qui veut venir aujourd’hui encore, pour nous et pour ce monde qui en a tant besoin. Nous célébrons Dieu qui vient nous dire sa Présence. C’est d’ailleurs son nom : Emmanuel, Dieu-avec-nous. Et c’est ce nom qu’il reçoit : Jésus, Dieu-sauve.

Et l’évangile de ce jour nous le dit à sa façon, en nous plongeant dans le mystère de ce que nous célébrons : Dieu vient nous le dire d’homme à hommes, il a choisi de venir à nous, de venir nous le dire, « en chair et en os » !

« Le Verbe s’est fait chair » … Voilà le cœur du cœur de ce que nous célébrons, au-delà du décor de nos crèches. Ce petit enfant qui vient dans la fragilité de notre vie à tous, ce petit enfant qui naît comme chacun de nous, c’est Dieu lui-même, qui vient et qui est là, Dieu qui demande à être accueilli, « reçu » – comme disait l’évangile – ; Dieu qui va nous parler et qui vient établir sa demeure parmi nous.

C’est exactement ce que nous célébrons à chaque eucharistie ! Nous venons d’écouter une Parole que Dieu veut nous adresser aujourd’hui encore, et le Christ va prendre chair en nous par le Pain de Vie, lui qui est né dans une mangeoire et dans un village dont le nom signifie « La maison du Pain ».

Par sa Parole qui nous est donnée comme nourriture, et par le Pain de Vie, le Christ Jésus vient prendre chair en nous, pour que nous devenions ce que nous célébrons, que nous devenions ce que nous allons recevoir : le Corps du Christ, sa Présence, appelés chacun et ensemble à vivre de sa Parole, et donc à la laisser prendre corps en nos vies. Pour que nous annoncions nous aussi, comme les « guetteurs » de la 1ère lecture, que nous annoncions la Bonne nouvelle de Noël, la Bonne nouvelle du salut ; que nous l’annoncions en paroles et en actes !

« Le Verbe s’est fait chair » … Et comme nous le disait Isaïe dans la 1ère lecture, l’appel il est à annoncer la paix promise et la consolation. Et donc d’y croire et de le demander, mais aussi d’en vivre concrètement.

Et méditant cela ce matin me revenait le texte des Béatitudes au chapitre 5 de l’évangile de Matthieu, et notamment quand Jésus nous dit : « Heureux les artisans de paix » et heureux aussi ceux qui seront consolés…

C’est à recevoir, et donc à demander. C’est à accueillir pour en vivre, vivre de la miséricorde de Dieu, la vivre en actes, cette miséricorde qui est cet « amour de Dieu qui console, qui pardonne et qui donne l’espérance » – comme disait le pape François (dans son texte d’annonce du Jubilé de la miséricorde, il y a 10 ans déjà).

C’est l’appel de Jésus dans l’évangile de Luc (en Lc 6,36) : que nous soyons « miséricordieux comme [le] Père est miséricordieux ». De cet amour « qui console, qui pardonne et qui donne l’espérance ». L’espérance qui est cette confiance inébranlable à laquelle nous sommes appelés en Dieu qui tient promesses, confiance en Dieu car il a tenu promesse et il les tiendra donc encore pour nous aussi. Sa promesse de vie et de résurrection, de vie plus forte que tout mal et que toute mort, cette promesse qu’il nous fait d’une lumière qui brille dans les ténèbres et qui peut illuminer nos traversées quelles qu’elles soient, malgré tout, malgré les apparences premières et immédiates qui nous font parfois douter de Dieu, des autres, de la vie ou d’un sens à ce que nous avons à vivre, et parfois même de nous-mêmes.

Alors quoi que nous vivions chacun, quoi que nous ayons à traverser en ce moment, nous voilà invités à entrer dans cette joie de Noël, dans cette espérance qui nous est proposée et qui est à recevoir : celle d’un Dieu qui est là, Emmanuel, un Dieu qui veut se faire connaître de nous, Dieu qui tiendra ses promesses de salut – c’est le nom qu’il reçoit : Jésus.

Il vient et il est venu nous donner à entendre Dieu qui promet cet amour sauveur au cœur de toute épreuve, Dieu qui promet sa lumière au cœur des ténèbres de toute vie, Dieu qui vient établir sa demeure parmi nous, Dieu qui vient vivre avec nous, pour porter avec nous nos joies comme nos peines, nos cris et nos révoltes parfois, et même nos silences quand on n’y croit plus parce que la vie serait trop dure…

Et nous qui sommes là, nous qui avons cru – malgré tout parfois –, nous sommes appelés à nous tenir là, tel des « guetteurs », et à oser dire et vivre ce mystère d’un Dieu qui est là avec nous. A notre petite mesure mais toute notre mesure, à l’école de la Parole de Dieu que nous allons ruminer jour après jour et semaine après semaine ; à l’école de cette Parole qui ne demande qu’une chose : prendre chair dans le concret de notre vie, pour transfigurer le monde d’une lueur d’espérance.

Puissions-nous recevoir cela comme une Bonne nouvelle, une Bonne nouvelle qui nous mette en joie, une Bonne nouvelle qui nous mette en route aussi… Et puissions-nous accueillir, en ce jour de fête, ce Dieu-fait-homme qui vient aujourd’hui encore nous rejoindre, et qui veut aujourd’hui encore naître à ce monde qui est tellement défiguré par le non-sens du mal et de la violence des hommes…

Au cœur de cette joie de Noël, osons bien simplement déposer ce qui nous habite en ce jour, nos joies comme nos peines, mais aussi les cris du monde et de celles et ceux qui souffrent autour de nous.

Demandons au Seigneur toute paix et toute consolation ; demandons aussi au Seigneur que nous puissions être les uns pour les autres ce que nous célébrons en cette eucharistie, que nous devenions ce que nous sommes appelés à recevoir : le Christ lui-même, sa présence en actes qui se fait Parole de vie et de salut. Amen.

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