Dans son dernier roman, Philippe Besson continue de revisiter son histoire familiale, cette fois-ci autour de ce secret de famille qui entoure ce grand-père qu’il n’a pas connu.
Et par là-même il continue sa quête identitaire personnelle, pour mieux comprendre qui il est vraiment, non seulement d’où il vient mais aussi ce qui l’a marqué profondément, ce qui est inscrit en lui – et d’ailleurs, un grand nombre de ses romans de ces dernières années sont autobiographiques, et sont annoncés comme tels.
J’aime son style et un certain côté tout en douceur. Alors que ce qui se met en mots ne le fut pas toujours. Et j’aime aussi un certain côté pudique du récit – en tout cas et notamment dans ce roman-là. C’est beau et agréable à lire.
Ici l’essentiel se joue en Italie, un été en Toscane. Le basculement d’une vie et celui de toute une famille. Des années de non-dit et de mensonge, à soi et aux proches, qu’on décide de ne plus vouloir vivre en faisant semblant : une rencontre, la carapace qui se craquelle, et là, ce désir puissant qui vient révéler notre homme à lui-même et qui aura été plus fort que tout ce qui s’était construit, emportant tout – et l’emportant même sur la raison et ses raisonnements.
On ne saura que peu des années qui suivront et de ce qui travaillera ce grand-père que notre auteur redécouvre ici. Si ce n’est cette place familiale qui resta vide et le pourquoi à tout cela que ce petit-fils va enfin comprendre, et si ce n’est ce que ce grand-père sera devenu et comment il aura aimé.
C’est très touchant, c’est très bien écrit et vraiment très agréable à lire. Du Philippe Besson comme j’aime. Et, comme il s’en expliqué au fil du récit, il aura « comblé » les trous qui restent, il émet ci et là des hypothèses de ce qui a pu se passer ou traverser les uns et les autres. Et au final c’est bien un récit de vie mais cela en fait aussi un roman, un roman autobiographique.
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Philippe Besson, Une pension en Italie, Julliard, janvier 2026, 236 pages, 21€.