Voilà un film intéressant ! Qui aborde assez finement la question vocationnelle, en l’occurence celle d’une jeune fille qui veut entrer au couvent.
Nous sommes en Espagne, et notre jeune héroïne doit demander à son père l’autorisation de faire un stage en communauté afin d’avancer dans son discernement. Evidemment personne ne sait qu’elle se posait ce genre de question ! Et tout le monde autour d’elle va en être troublé, ou inquiété, ou démuni, chacun avec ce qu’il est, là où il en est – notamment de ses questions de foi et de ses doutes...
La tante joue un rôle intéressant, avec de bonnes questions. Même si elle ne croit pas en Dieu et que forcément tout ça lui paraît incompréhensible. Le père, lui, semble parfois perdu ou dépassé, il veut surtout le bonheur de sa fille, et donc si c’est ça qu’elle veut vivre...
Mais n’est-ce pas une fuite ? Ou ne lui a-t-on pas « lavé le cerveau », n’est-elle pas une peu « fanatique » ? Certes elle a ses blessures, mais comme d’autres ; elle a aussi ces sentiments qui la travaillent et dont elle ne sait trop que faire, et en même temps cet appel intérieur qui semble si fort... Certes encore, elle semble s’être donné les moyens, avec un accompagnateur spirituel (même si la scène avec celui-ci, en faisant je ne sais quelle activité manuelle en même temps qu’on cause, dans une espèce de sacristie, est un peu étonnant pour qui sait comment ça devrait se pratiquer) ; et il y a aussi eu les discussions avec les responsables de la communauté (même si là aussi, tout est quasi concentré sur la seule figure de la supérieure, ce qui ne serait pas complètement le cas ou qui ne serait alors pas très juste).
Je trouve en tout cas que c’est assez bien vu, plutôt intelligemment mis en scène, et surtout intéressant ; et on voit bien comment ça vient bousculer et interroger chacun, comment ça oblige à se positionner, combien aussi c’est quand même assez incompréhensible pour tout le monde tellement ça relève de l’intime et d’une expérience spirituelle difficile à mettre en mots ou à comprendre. Et certains dialogues sont vraiment réussis – je pense à celui avec la tante (que j’ai déjà évoqué, mais je le redis), je pense encore à celui avec la postulante qui est en clôture depuis une année déjà...
Alors c’est vrai, notre héroïne est encore très jeune, puisqu’elle n’a que 17 ans, et sans doute on prendrait le temps de lui faire faire un peu d'études supérieures, pour qu’elle se confronte plus au monde, qu’elle gagne un peu en maturité humaine et affective et pose un choix plus réfléchi. Mais il est vrai aussi qu’un film ne peut tout dire du temps et des étapes nécessaires, et que forcément on condense un peu les choses – c’est par exemple flagrant en fin de film où ça va un peu vite, du moins on a l’impression que ça se joue dans un temps assez ramassé – même si tout reste ouvert et en chemin. Mais quand même, ça reste réussi, je trouve, et surtout intéressant.
Par contre il est vrai que mon côté musicien et mélomane a du mal avec ces bandes-sons où ça se coupe parfois abruptement et un peu n’importe comment. Et avec le fait qu’il y a finalement peu de musique tout au long du film. En revanche le choeur final en voix d’enfants, c’est vraiment magnifique et ça finit du coup en beauté.
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