Frère Laurent de la Résurrection

Frère Laurent de la Résurrection

Le pape Léon aura permis de remettre un peu plus en lumière ce Carme du 17ème siècle. C’était au détour d’une question d’un journaliste, en décembre dernier, dans l’avion qui le ramenait de Beyrouth. Le pape était interrogé, je crois, sur les livres spirituels qui l’ont marqué et peut-être même sur ceux qui sont sur sa table de chevet (je ne sais plus exactement).

Ce frère Laurent de la Résurrection, j’en avais lu le très beau livre de Denis Sureau qu’on m’avait offert il y a 5-6 ans déjà, une biographie en forme de récit, presque romancé. Là ce fut l’occasion de lire frère Laurent dans le texte, ses lettres et maximes, où il parle avec une certaine simplicité – du moins apparente – de cette « pratique de la présence de Dieu ».

Le point de départ est tout simple : Dieu est là. C’est à nous de nous rendre présents à lui. Et cela peut se faire bien simplement, au cœur de ce que je suis en train de faire : me le rappeler, lui parler, prendre là quelques instants pour lui. Ça n’empêche pas de s’arrêter pour lui, de faire oraison par exemple, mais ça peut aussi être de l’ordre de cette simplicité et évidence-là : Dieu m’est présent, il est présent et n’attend que ma présence, et ce en tout lieu, toute activité, toute circonstance.

Frère Laurent restera frère convers toute sa vie, c’est-à-dire « simple » frère au service des autres, les frères de chœur – qui pour la plupart étaient prêtres. Il sera cuisinier (pendant 15 ans) puis cordonnier. Et ce sera-là le lieu de sa vie spirituelle. Car Dieu est là.

C’est en apparence tout simple, à lire déjà, même si ce n’est pas un petit traité de vie spirituelle et que ça peut paraître redondant par moments ; mais justement : de textes en textes les choses se disent et se redisent et peuvent s’inscrire peu à peu en nous.

En apparence tout simple aussi dans le fond, mais qui appelle en fait un véritable acte de foi à poser et qui fut sans doute nourri aussi, pour frère Laurent, d’une vie d’oraison qui peu à peu s’est apprise et enracinée dans le cœur et le quotidien de ce frère carme, même si l’on nous dit qu’il n’était pas un intellectuel et que les méthodes de prière et d’oraison qu’on lui proposait lui semblaient trop compliquées, que la vie spirituelle doit et peut justement être simple : apprendre à se mettre en présence de Dieu qui est là, se rendre présent à sa Présence, et pour ce faire oser juste croire qu’il est là et apprendre à lui parler là, en toute circonstance, par des pensés, des petits actes d’adoration, des intentions de prière spontanées ; et là, ainsi, lui offrir ce que nous sommes en train de faire, être avec lui et l’être de plus en plus, bien simplement, ce qui va même devenir école d’oraison, peu à peu, pour une présence qui apprenne à durer, à rester, à être là avec son Seigneur.

Le mieux, pour découvrir et comprendre tout cela, c’est d’aller voir par vous-même, non ?! Plusieurs livres peuvent vous y aider, notamment ces trois-là :

  • Les écrits eux-mêmes de frère Laurent, notamment l'édition Sur la pratique de la présence de Dieu, Maximes et lettres suivies des témoignages de Joseph de Beaufort, chez Arfuyen (février 2017, rééd. décembre 2025, 205 pages, format poche, 16€).
  • Le récit de Denis Sureau, Frère Laurent de la Résurrection. Le cordonnier de Dieu, Artège, janvier 2020, 148 pages (format poche).
  • La réédition du livre de Conrad De Meester, spécialiste de spiritualité carmélitaine, Laurent de la Résurrection. Vie, pensées, pratique, aux éditions du Cerf (décembre 2025, 122 pages, format poche, 6€90). Ce livre est une bonne introduction, avec des éléments biographiques, une sorte de synthèse spirituelle du chemin qui nous est proposé par frère Laurent au travers de ses écrits, et enfin des citations ou extraits, ordonnés plutôt de façon thématique.
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