Mariage Armance et Augustin

Mariage Armance et Augustin

Sam. 13 juin 2026, à Mens

Nb 6,22-27 / Ct de Dn 3 / Rm 12,1-2.8-18 / Lc 24,13-33

 

Merci Armance et Augustin pour ces très beaux textes que vous nous proposez ce matin. Je ne sais comment les uns et les autres on reçoit tout ça. Mais j’aimerais commencer ces quelques mots d’homélie en repartant de la 1ère lecture, cette bénédiction à laquelle nous sommes appelés.

Ces mots pourraient vous être adressés à tous les deux, Armance et Augustin, ils le sont à nous tous aussi. Cette bénédiction promise à Aaron et à ses fils, qui est en fait une mission : annoncer et être ainsi bénédiction pour les autres, que notre vie rayonne de cette lumière et de cette paix que nous souhaitons et qui nous est promis, et cela va bénir notre propre vie, notre propre chemin de vie. C’est parce que nous le vivrons que ça nous sera donné aussi.

Et ça rejoint très bien ce que nous célébrons : vous vous mariez, Armance et Augustin, certes parce que vous vous aimez et parce que vous demandez ce matin au Seigneur de bénir cette union, d’en faire un chemin de vie avec lui qui vous rende témoins de cet amour, d’un amour qui soit force de vie pour vous.

Pour le dire autrement : vous ne vous mariez pas juste pour célébrer un amour déjà là et déjà bien réel, vous vous mariez pour devenir ensemble ministres de cet amour, serviteurs de cet amour, témoins. C’est-à-dire que ça rayonne autour de vous et que ça nous donne d’y croire, croire que c’est possible de s’aimer vraiment, dans la fidélité et pour toute la vie, et que ça donne la vie, ce sera fécond – les enfants à venir, notamment, mais plus largement aussi dans tout ce que ça va vous donner de vivre avec les autres et pour eux.

Sur ce chemin, vous êtes donnés l’un à l’autre comme une « aide », l’aide que Dieu veut pour l’un et pour l’autre. C’est ce que nous dit le livre de la Genèse au chapitre 2, ce passage que ceux que je prépare au mariage savent qu’il est capital pour moi. Ça veut dire cet appel à vous aider à voir comment avancer, comment faire fructifier votre amour, comment corriger le tir aussi quand ça va dévier et notamment que l’un ou l’autre s’en rendra compte, et puis comment discerner toute décision et tout choix ensemble, pour le bien de l’un et de l’autre, et pour celui de votre foyer et de votre famille.

Tout cela, on le sait bien, c’est un chemin, c’est le chemin d’une vie, et sur ce chemin là le Seigneur s’engage avec vous puisque vous avez décidé de l’associer.

Sa présence à vos côtés, ce sera parfois une évidence, mais parfois aussi vos yeux seront comme empêché de le reconnaître. Pour tout un tas de raisons.

Un peu comme nos deux personnages de l’évangile qui rentre chez eux après la mort de Jésus et qui sont dans une forme de désespérance. Ce qui avait commencé à se construire pour eux, l’avenir qui s’envisageait avec le Christ, tout s’est comme effondré pour eux. Ils avaient cru que… qu’il serait le libérateur d’Israël… et voilà que… que rien du tout, il est mort. Nous avions cru que… notre amour serait plus fort que tout… et pourtant nous nous mettons à douter de cela, pour je ne sais quelle raison, douter de soi ou de l’autre ou de Dieu ou de la vie elle-même en ce qu’elle serait un chemin bon et beau, fécond, qui rayonne, etc. etc. etc.

Dans notre page d’évangile, nos deux pèlerins se laissent rejoindre par un troisième, Dieu lui-même, le Christ ressuscité, qui dans nos vies à nous va aussi nous rejoindre, par telle ou telle rencontre qui va nous remettre en route et en confiance, par telle ou telle expérience spirituelle aussi où Dieu va se faire proche et nous aider à y voir plus clair.

Ce qui est ici aidant et ce qui est capital à entendre, je crois, c’est que Jésus leur fait faire un détour étonnant mais tellement évident en fait, celui de mettre en mots. « De quoi discutiez-vous ? » c’est-à-dire : qu’est-ce qui vous arrive ? qu’est-ce qui se passe ? Mettre en mots. Parfois avec l’aide d’un autre qui va nous aider à prendre un peu de hauteur ou de recul, qui va nous aider à entendre autrement ce qui, là, est peut-être en train de se jouer entre nous…

Et puis 2ème chose que Jésus fait dans ce texte, c’est d’ouvrir avec eux les Écritures, il les aide à se remettre dans le projet de Dieu, qui il est et comment il est présent à nos vies, à quoi il nous appelle.

Ouvrir la Parole c’est se mettre à l’écoute de Dieu et lui demander, au regard de ce que nous y lirons, lui demander à quoi il nous appelle, au cœur de ce que nous sommes en train de vivre et de traverser.

Laisses-vous rejoindre, laissons-nous tous rejoindre par l’autre qui est là à nos côtés et par le Seigneur qui veut nous souffler un chemin de vie, laissons-nous enseigner par lui, laissons-nous déplacer aussi. Alors nous ferons l’expérience que nos yeux s’ouvrent et que nos cœurs redeviennent tout brûlant telle une espèce d’évidence intérieure ou d’intuition qui va s’imposer à nous pour ce qu’il y a à vivre maintenant, et surtout grâce à cette mise en mots et le discernement ensemble que ça va appeler.

Dieu s’engage avec nous. Dieu s’engage avec vous, Armance et Augustin, et vous en êtes témoins pour nous aujourd’hui. Alors associons-le, associez-le à ce qui vous sera donné de vivre. Il veut que votre couple soit bénédiction pour d’autres, il vous appelle à cela et, je le crois vraiment, il vous donnera ce dont vous avez besoin pour en vivre.

Mais associez-le, demandez-lui de vous éclairer et de vous conduire. Cherchez aussi, chacun et ensemble, cherchez comment répondre aux appels que vous percevrez, comment répondre dans l’humble quotidien de vos jours. Dans cette confiance, cet acte de foi que vous posez pour nous et avec nous ce matin, que Dieu marche avec vous. Discrètement, mais réellement…

Votre vie est appelée à devenir bénédiction pour nous, pour d’autres, pour celles et ceux qui croiseront votre route. C’est quand même magnifique et tellement mystérieux, c’est grand et c’est en même temps à vivre dans le concret. Et j’aime cette 2ème lecture que vous nous avez donnée à entendre, qui est vraiment dans ce concret-là. Se réjouir avec ceux qui sont dans la joie, pleurer avec ceux qui pleurent, se faire proche d’eux, rester ouverts et accueillants à l’autre, vouloir vivre dans une réelle fraternité qui œuvre pour le bien et pour la paix, etc. etc. Vous irez relire ce texte tranquillement, c’est une belle feuille de route qui vous est donnée, Armance et Augustin, à lire et à relire régulièrement. Et qui va vous donner bien concrètement d’être ces témoins dont on a besoin, d’être cette bénédiction dont parle notre 1ère lecture.

En tout cas, sur ce chemin qui s’ouvre à vous, ensemble, ce chemin sur lequel vous avancez déjà, laissez-vous rejoindre et aider, comme nos deux pèlerins d’Emmaüs. Et laissez-vous rejoindre par le Seigneur, donnez-vous les moyens de le laisser être là avec vous, au milieu de vous, comme nous le célébrons ce matin. Il veut marcher avec vous, il veut vous aider à y voir plus clair, à rallumer la flamme des cœurs quand ce sera plus difficile, et faire que ça rayonne, que ça témoigne, que ça aide d’autre à garder ou retrouver confiance en l’autre, en Dieu et en la vie.

C’est le défi de notre vie à tous, car nos vies sont malheureusement marquées par le mal qui vient mettre du doute en nous et parfois aussi du découragement.

Ce matin le Seigneur s’engage avec vous, je me permets de le redire. Et ça nous engage nous aussi vis-à-vis de vous. Car le Seigneur se fait présence en ce monde par son Église que nous sommes et par ce que nous vivrons chacune t ensemble de ses appels d’Évangile et notamment de ce qui fait le cœur du cœur, le commandement de l’amour : nous aimer les uns les autres comme le Christ nous a aimés.

Puissions-nous en vivre, tous, chacun à notre mesure. Et puissent votre vie et votre chemin de vie en montrer quelque chose, Armance et Augustin, à votre mesure.

Notre monde a besoin de témoins de confiance et d’espérance, notre monde a besoin de serviteurs de la vie et de l’amour qui se fait proche et qui prend soin, qui soigne les blessures, qui pardonne et qui console, qui réconforte et qui redonne d’y croire, cet amour qui relève et encourage, qui remet en route et qui fait vivre.

Alors merci, Armance et Augustin, de nous rappeler tout cela par votre engagement de ce jour et par ce que ces textes peuvent nous en dire. A vous et à nous tous aussi d’en faire quelque chose, un jour après l’autre, et avec le Seigneur qui est là avec nous.

C’est bien ce que nous célébrons à la fois avec votre sacrement de mariage mais aussi par cette eucharistie où nous sommes appelés à devenir ce que nous célébrons, devenir ce que nous allons recevoir tout à l’heure : le Corps du Christ, sa présence en parole et en actes, sa présence qui vit et annonce l’amour sauveur du Père, le Père qui n’a que nos mains d’hommes pour vivre concrètement cet amour sauveur, le Père qui a besoin aussi de nos voix pour le donner à entendre, dans la consolation, le pardon, l’encouragement, etc.

Voilà en tout cas ce que nous pouvons demander ce matin au Seigneur, pour vous d’abord Armance et Augustin, mais aussi pour nous tous, au cœur de ce que nous vivons chacun, et avec ce que nous sommes, là où nous en sommes de notre chemin de vie et de foi, quelles que soient nos convictions ou nos questions, voire nos cris ou nos révoltes contre Dieu. Il vient-là nous rejoindre et il veut-là nous donner à percevoir quelque chose de sa présence et de son amour…

Alors je ne sais comment vous recevez tout cela, les uns et les autres – et pardon si c’était peut-être un peu décousu… Je propose qu’on prenne quelques instants de silence pour recueillir bien simplement ce qui nous habite chacun, là maintenant, et pour l’offrir tout simplement au Seigneur, dans le silence de nos cœurs et dans la prière. Amen.

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