Homélie dimanche 2 août 2026

Homélie dimanche 2 août 2026

18ème dimanche du Temps Ordinaire - Année A

[Messes du samedi soir 1er août et du dimanche matin 2 août 2026]

Is 55,1-3 / Ps 144 / Rm 8,35.37-39 / Mt 14,13-21


Je ne vous connais pas, et je ne sais comment vous recevez ces textes.

Il me semble quand même que cette page d’Évangile, ce récit de la multiplication des pains, c’est un récit qu’on connaît, je pense.

Ceci étant, deux choses m’ont frappé :

  • La 1ère lecture, d’abord, qui peut nous paraître un peu étonnante peut-être, et qui est à entendre au regard de l’évangile.
  • Et puis, 2ème chose, dans l’évangile justement, Jésus qui vient de perdre un proche qu’il aime, Jean-Baptiste, mais Jésus qui ne se laisse pas enfermer dans la tristesse, Jésus qui garde un cœur large et compatissant, Jésus qui voit cette foule qui le suit et le cherche, Jésus qui va répondre à son besoin d’être nourrie, et pas seulement de pain, en fait…

Je disais au début de cette homélie que je ne vous connais pas. Je ne sais pas, du coup, ce que vous vivez les uns les autres, ni quelles sont du coup vos attentes de Dieu et de son salut.

Je ne sais pas non plus comment vous entendez les appels de la 1ère lecture, qui peuvent nous paraître un peu étonnants : « vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau ! » ; « venez » ; « prêtez l’oreille, venez (…) écoutez, et vous vivrez » ; « écoutez (…) bien, et vous mangerez de bonnes choses » …

Mais de quoi nous parle le prophète ?

De quoi le peuple d’Israël avait-il soif ou faim ? De Dieu ?! De ses promesses de vie et de salut, notamment aux heures de désolation et de découragement au cœur de cette épreuve de l’Exil dans laquelle se trouve alors Israël ?!

Et nous ? Quelles sont nos faims et nos soifs ? Qu’attendons-nous de Dieu ?

Dans l’évangile qu’on vient d’entendre la foule est là, nombreuse, avec des malades que Jésus va guérir. La foule est là, nombreuse, car elle a saisi quelque chose de qui est Jésus, et elle attend de lui ce salut promis par Dieu.

Qu’attendons-nous de Dieu, nous ? Qu’avons-nous par exemple à déposer ce matin en cette eucharistie ? Qu’avons-nous à déposer avec le pain et le vin pour que le Seigneur vienne là nous rejoindre au cœur de ce qui fait notre vie, peut-être même ce qui fait nos combats à vivre ou nos découragements ?!

Jésus va nourrir la foule, avec pas grand chose. Jésus veut nourrir notre vie de sa présence, à la petite mesure de la place qu’on lui fera. Il veut déverser sur nous l’eau vive du salut et nous en désaltérer, celle de son Esprit Saint, celle de la miséricorde du Père, son amour qui console, qui pardonne et qui redonne l’espérance.

Alors venons à lui ! C’est-à-dire : osons ouvrir notre cœur, vraiment ; osons lui demander de force et sa paix, sa lumière aussi, d’autant plus si parfois nous doutons ; les raisons peuvent être multiples :

  • l’état du monde et le violence des guerres peuvent nous faire douter de la présence de Dieu et de son amour…
  • Des épreuves de santé ou autres qui nous tombent dessus peuvent aussi nous faire douter de sa présence à nos côtés et de sa bonté…
  • Et puis le silence de Dieu ; son silence apparent et l’impression qu’on peut avoir qu’il n’entend pas et ne répond pas à nos prières…

Alors parfois, oui, nous nous décourageons, nous ne savons plus si nous croyons ou pas, nous ou d’autres autour de nous…

Puissions-nous entendre et réentendre, ce jour, que Dieu est là avec nous, malgré tout, qu’il s’est engagé à nos côtés, comme disait le prophète Isaïe, et qu’il veut se faire nourriture pour être notre force pour tenir et avancer.

Il se donne à nous en cette eucharistie et il veut nous libérer de l’emprise du mal, nous ouvrir à la vie qui rend vivant, même dans les épreuves, la vie qui est là et qui nous traverse, malgré tout.

Dieu est là avec nous, il attend juste que nous, nous osions venir à lui, que nous osions crier vers lui notre attente, nos désirs de vie et de salut, et que nous nous ouvrions à sa présence, que nous entendions vraiment que rien ne peut nous séparer de son amour qui sauve et relève, que rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu, pour qui veut bien garder confiance en lui et lui faire place.

Il est là. Il veut se donner et se faire notre force, déposer en nous sa paix. Et ce faisant, il nous appelle à en devenir témoins, devenir des témoins devenir les témoins en actes par lesquels il va pouvoir se faire proches d’autres qui ne sont pas là ce matin et qui n’osent peut-être plus crier vers Dieu ou y croire…

Dans le mystère de l’eucharistie, nous devenons ce que nous recevons, nous allons devenir ce que nous allons célébrer et recevoir : le Corps du Christ, c’est-à-dire sa présence en actes, ses mains qui vont prendre soin et relever, sa voix qui va oser des paroles de consolation et d’encouragement.

C’est notre mission de disciples. Avec le petit peu de ce que nous sommes, avec le petit peu de la foi qui nous habite. Mais avec ce petit peu là, comme dans notre évangile de ce jour, Dieu peut beaucoup. Puissions-nous le croire, et en vivre…

Alors je ne sais ce que vous vivez les uns les autres, je ne sais pas comment vous recevez tout cela, je ne sais quelle soif et quelles faims de vie et de salut vous habitent, mais prenons bien simplement quelques instants de silence, là maintenant, pour accueillir ce qui là nous habite, ce qui nous vient, ce que ces mots et ces textes de ce jour viennent éveiller en nous, et déposons-le bien simplement auprès du Seigneur. Pour qu’il vienne là nous rejoindre et nous donner à entendre sa présence et son amour. Amen.

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