Cette question est le titre d’un livre qui m’aura fort intéressé. Cette question est posée en contexte post-CIASE, et on se rappelle notamment quelques débats qui sont (re)venus sur la question du secret de la confession et son caractère absolu qui pose question si un enfant, par exemple, venait à parler en confession d’un abus dont il serait victime.
Ce livre est le fruit d’une Journée d’études, au Collège des Bernardins, et du travail, pour cela, d’un groupe de recherche qui a voulu prendre à bras le corps cette question, en la re-situant plus largement dans l’histoire de ce sacrement mais aussi dans ce qui est recommandé par le rituel et ses notes pastorales.
C’est fort intéressant, même si on reste un peu sur sa faim pour telle ou telle contribution, les premières notamment qu’on aimerait ouvrir à des propositions concrètes et même si elles nous offrent de précieux rappels...
J’ai été très stimulé par la lecture de la contribution de la victimologue Isabelle Chartier-Siben sur la question de la confession pour des victimes d’abus – des pages qui nous redisent des choses essentielles à avoir en tête quant au sacrement lui-même –, et par les trois contributions suivantes sur le secret de la confession (celles de Frédérique Poulet et du fr. Benedikt Tomas Mohelnik, auquel répond le fr. Benoît-Dominique de La Soujeole).
Dans ces trois contributions, j’ai notamment été très intéressé par la distinction entre « sceau sacramentel » et « secret prudentiel », avec tout le question de savoir si le secret absolu ne relève pas uniquement de ce qu’on appelle la « matière » du sacrement, à savoir les péchés confessés seulement – ce qui serait élargi à ce qui permet de les confesser, à savoir les circonstances –, mais pas forcément à d’autres éléments qui seraient partagés pendant ce temps de confession, par exemple un abus dont on serait victime mais qui ne relève pas du péché et donc du sacrement. J’ai découvert que le code de droit canonique semble plus souple là-dessus que le Catéchisme de l’Eglise catholique. Et c’est intéressant de comprendre pourquoi il pourrait y avoir plusieurs interprétations d’une même réalité – celle du « sceau sacramentel » et du secret de confession –, comprendre quel est l’enjeu de fond du pourquoi de cette absoluité du secret et de son objet, et pourquoi des textes de la même Eglise et du même Magistère peuvent dire les choses de façon différenciée – notamment, je pense, en fonction du public à qui on s’adresse et de ce que qu’on veut lui donner à entendre pour qu’il comprenne l’enjeu d’un tel sceau sacramentel (ceci étant je suis resté un peu sur ma faim sur ce point-là précis, mais je vous laisse juges de cette appréciation, assez personnelle peut-être).
J’ai (donc) trouvé vraiment intéressant de lire et se poser ces questions-là, mais aussi de redécouvrir ou relire certains enjeux de fond des mises en oeuvre pastorale de ce sacrement – avec un rituel finalement encore peu déployé dans notre pratique, et la question de comment on passe de seules permanences de confessions, parfois un peu formelles, à une vrai chemin d’initiation non seulement à la confession de ses péchés mais plus fondamentalement en fait de la miséricorde du Père qui veut nous sauver et nous relever.
Je me disais que tout cela concernera sans doute pus directement des prêtres – et les confesseurs que nous sommes –, mais que ça appellerait un travail ensemble de lecture de ces pages, pour notre formation continue et une réflexion pastorale sur nos pratiques et nos questionnements aussi. A bon entendeur salut ! si l’un ou l’autre lisait ces quelques lignes et était intéressé !
--------------
Pour en savoir plus, le plan de ce livre (le plan détaillé est ci-après, avec le diaporama de fin de publication) :
--------------
Sous la direction de Frédérique Poulet, Quel avenir pour la confession ?, éditions des Béatitudes, juillet 2026, 156 pages, 18€50.