Homélie mercredi 3 janvier 2018

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Mercredi de la 2ème semaine du Temps de Noël

1Jn 2,29 – 3,6 / Ps 97 (98) / Jn 1,29-34

Au début de la 1ère lecture de ce jour, nous sommes invités à reconnaître en toute personne qui pratique la justice quelqu’un qui est né de Dieu. Et c’est dans cette même lettre de Jean qu’il nous sera dit : « Qui aime connaît Dieu ».

Aimer et pratiquer le justice… Voilà, je me disais, qui a des accents matthéens. Pensons par exemple à Mt 25, ce texte du jugement dernier par lequel nous avons clos l’année liturgique il y a quelques semaines. Mais pensons aussi, dans ce même évangile de Matthieu quand Jésus nous invitera à ne pas nous soucier du lendemain, nous qui prions d’ailleurs le Père, avec Lui Jésus et chaque jour, en osant demander : « Donne-nous notre pain de ce jour » ; ne pas se soucier du lendemain, donc, mais, dira Jésus, « chercher le royaume et la justice », alors le reste sera donné, ce dont nous avons besoin sera accordé par le Seigneur. Comme ce fut la cas au désert pour Israël avec la manne ou l’eau du rocher.

Dans cette 1ère lecture, St Jean nous invite aussi, à connaître Dieu, apprendre à le connaître, à le reconnaître. Hier, dans l’évangile, Jean-Baptiste nous disait : « Il se tient au milieu de vous Celui que vous ne connaissez pas » ; et aujourd’hui il vient de nous indiquer : « Voici l’Agneau de Dieu… c’est lui le Fils de Dieu »…

« Demeurer », entendions-nous hier ; contempler, écouter, faire mémoire de l’œuvre de Dieu. Aujourd'hui il nous est dit : connaître, reconnaître, Celui qui est là, donné, toujours présent, et qui passe dans notre vie…

Il est Celui qui va nous révéler la miséricorde du Père et qu’il n’y a pas d’amour de miséricorde qui tienne, qui soit en vérité, sans aimer l’autre. Or pas d’amour vrai de l’autre quel qu’il soit sans justice, sans pratique de la justice. Les prophètes le disaient déjà.

Jésus va nous révéler aussi, nous redire, que l’horizon de notre vie, son but, mais également ce qui doit guider nos actes, justement, c’est Dieu lui-même ; St Jean vient de nous dire qu’alors « nous le verrons tel qu’il est », « nous Lui serons semblables ».

Pour cela, j’en reviens à notre « Demeurer » d’hier. Désirer connaître Dieu le Père et Jésus, Celui qu’il a envoyé – vous reconnaissez la définition que Jean nous donne dans son évangile de la vie éternelle et que je vous rappelais. Désirer connaître Dieu le Père et Jésus, Celui qu’il a envoyé, et donc nous mettre à son école, à son écoute. Nous laisser façonner par la Parole et dans la prière pour une vie d’Evangile en actes qui soit au Souffle de l’Esprit Saint, pour faire la volonté du Père, pour aimer et pratiquer la justice en enfants de Dieu.

Certes, nous le savons bien, c’est difficile. Difficile d’aimer. Difficile de pratiquer la justice. Difficile de passer par-dessus nos a priori, nos idées parfois toutes faites sur l’autre et difficile de dépasser nos jugements. Oui, nos vies sont marquées par le péché… Or, dit encore St Jean ce matin, « Jésus s’est manifesté pour enlever les péchés » ; il vient nous révéler, nous redire, le pardon du Père…

Nous savons bien que ça ne fonctionne pas de façon magique, que c’est un travail de conversion, de purification du cœur, par la prière et le discernement des situations, par la correction fraternelle aussi et par la mise en mots du mal que nous faisons comme des blessures qui nous atteignent. Rappelez-vous le chemin que Jésus nous proposera en Mt 18.

Oui, Jésus nous révèle un Dieu qui pardonne, qui ne juge pas, qui accueille celui qui se reconnaît pécheur et qui veut entrer dans son amour sauveur. La voilà la justice de Dieu. Le voilà l’horizon qui doit être celui de notre vie, ce vers quoi nous devons tendre chaque jour, concrètement.

Certes, dans l’acceptation de notre faiblesse – nous avons d’ailleurs fêté à Noël Dieu qui vient nous rejoindre au cœur des fragilités et de la vulnérabilité de toute vie – ; dans l’acceptation de notre faiblesse, donc, mais aussi et surtout dans le désir d’aimer et de pratiquer la justice, dans le désir d’apprendre à aimer comme Dieu aime. Et donc, je le redis, dans l'écoute et la contemplation de la Parole comme dans l'écoute des cris de ce monde ; dans le discernement alors et l’écoute de ce que l’Esprit nous soufflera pour répondre aux appels et aux cris, ce qu’il soufflera en nous pour faire la volonté du Père.

« Voici l’Agneau de Dieu », dit Jean Baptiste. Nous allons l’accueillir ce matin encore dans cette eucharistie pour vivre de Lui, avec Lui et comme Lui, et pour apprendre à Le reconnaître toujours déjà là, qui vient établir sa demeure en nous pour que nous demeurions en Lui… « Voici l’Agneau de Dieu… c’est lui le Fils de Dieu »…

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