Homélie dimanche 29 novembre 2020

Publié le par Christophe Delaigue

1er dimanche de l’Avent - Année B [*]

Is 63,16b-17.19b / Ps 79 (80) / 1Co 1,3-9 / Mc 13,33-37

 

Je l’ai dit au début de cette messe, nous commençons aujourd’hui une nouvelle année – une nouvelle année liturgique –, une année de plus pour apprendre à accueillir le Christ Jésus qui vient, une année de plus pour aller à la rencontre de ce Dieu qui veut nous rejoindre au cœur de ce que nous vivons et de ce que la vie nous donne de traverser…

Et le 1er appel qui nous est adressé par Jésus pour entrer dans cette année nouvelle, c’est l’appel à veiller ! Veiller, et rester éveillé, car « le maître de la maison », dit-il, doit venir.

Veiller… Je ne sais pas vous mais moi je pense direct à des soirées autour du feu, en camp, que ce soit aux scouts ou en camp d’aumônerie ou sans doute dans des sessions du Chemin Neuf. Et je vois la nuit noire, le feu qu’il faut entretenir, l’ambiance à la joie et à la fête qui aide à lutter, lutter pour tenir et ne pas s’endormir, lutter pour guetter le jour nouveau qui va arriver. Et on sait bien que pour tenir il faut s’y aider, on chante, on mange des chamallows grillés, on danse, on se raconte des histoires et on « refait le monde » – comme on dit –, etc.

Il s’agit, nous dit Jésus, de veiller. Et de veiller celui qui vient, « le maître de la maison », lui Jésus, Dieu qui vient visiter son peuple, Dieu qui veut venir à notre rencontre aujourd’hui encore.

C’est ça que nous célébrons et que nous fêterons à Noël. Car c’est même déjà le temps de Noël qui commence aujourd’hui, et nous nous préparons à accueillir vraiment cette Bonne nouvelle que Dieu veut nous redire cette année encore.

Nous croyons que Dieu n’est pas perdu je ne sais où dans les nuages à nous regarder de haut nous débattre avec la vie, non, nous croyons que Dieu vient nous rejoindre pour vivre avec nous ce que la vie nous donne de traverser et pour illuminer nos nuits ou nos ténèbres d’une présence qui va nous permettre d’avancer et de trouver notre chemin.

Pour cela, est-ce que nous voulons bien entendre et accepter que Jésus soit le maître de notre vie ? Car la maison dont il s’agit, moi ça me fait penser à l’histoire de Zachée (Lc 19) où Jésus lui dit : « Aujourd’hui je veux demeurer chez toi », avant d’ajouter : « Aujourd’hui le salut est entré dans cette maison »

Le Seigneur veut demeurer chez nous. Mais la question c’est : est-ce que nous lui ouvrirons ? Et dans la page d’évangile de ce jour vous avez entendu qu’il est question d’être des portiers. Et moi ça me fait penser à ce verset du livre de l’Apocalypse, quand Jésus nous dit : « Voici que je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi » (Ap 3,20) …

Figurez-vous que cette histoire-là c’est le mystère de chaque eucharistie mais c’est aussi celui de toute notre vie. Croire qu’il vient, qu’il passe, qu’il est là. Croire que ça change toute vie de l’accueillir et de le suivre. D’apprendre à l’accueillir et à le suivre. Et de lui ouvrir...

Disposer notre vie à lui ouvrir et à apprendre à le reconnaître. Comment ? de plein des façons !

  • Par exemple dans une Parole de ma bible ou de la liturgie qui viendra donner sens à ce que je vis ou à ce qui me questionne…
  • Par exemple dans une espèce d’intuition qui va peut-être m’être donnée dans la prière à force d’oser faire silence et d’apprendre à écouter ce que Dieu, peut-être, murmure en moi…
  • Par exemple encore dans telle rencontre ou tel évènement qui va être de l’ordre de la vie qui me traverse et qui me relève ou me redonne confiance, ou tel évènement ou telle rencontre de l’ordre d’un quelque chose qui m’éclaire ou qui réchauffe un peu en moi là où j’en suis…
  • Et puis dans les sacrements que nous célébrons et que nous apprenons à recevoir comme des forces de vie et de salut de Dieu lui-même, notamment le sacrement de l’eucharistie où nous célébrons le Christ Jésus qui se rend présent à nous pour vivre avec nous, en nous, et se faire notre force pour vivre à sa suite…

Alors c’est vrai, c’est un mystère tout cela. Un mystère ça ne veut pas dire qu’on ne peut rien y comprendre ou que ça demeurera obscur, non. Un mystère c’est une réalité de vie, une vérité de vie, qui va se dévoiler petit à petit à nous – j’ai envie de dire : année après année. Oui, vous en faites sans doute déjà un peu l’expérience, mais vous verrez : année après année ça prend sens en nous, ça prend corps en nous, ça vient éclairer ou accompagner ce que nous avons à vivre.

Alors... ça vaut le coup de veiller. Et pour cela d’écouter et de scruter les traces ou les signes de Dieu qui passe dans notre vie. Oui, quel que soit notre chemin et là où nous en sommes, vivons ce temps nouveau qui commence comme une chance. Veillons, écoutons, scrutons, et rendons grâce. Rendons grâce de ce qui est déjà donné mais aussi de ce qui sera encore à venir.

 

[*] Messe au foyer d’étudiants du Chemin Neuf à Grenoble.

Publié dans Homélies

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