Homélie baptême de Santiago

Samedi 24 avril 2021

Jc 1,1-8.12-13.16-18 / Ps 148 / Mt 6,24-34

 

Je crois que ce baptême de Santiago que nous célébrons ce matin c’est l’occasion pour nous de nous demander où nous en sommes de notre propre baptême, où nous en sommes de notre vie de foi, de notre vie avec le Seigneur.

Et en plaçant Santiago sous le patronage de St Jacques – on vient d’entendre un extrait du début de sa lettre – et sous le patronage de St François d’Assise – dont le psaume et l’évangile, à l’instant, nous disent finalement quelques traits caractéristiques de sa spiritualité – vous indiquez, Adrien et Yuxi, un chemin pour Santiago, une façon de vivre la foi, cette foi que ce matin nous célébrons et, si je puis dire, nous semons en lui.

St Jacques, sa lettre, pour dire vite, c’est la foi en actes. Ce qu’on vient finalement d’entendre dans l’évangile quand Jésus nous dit : « Cherchez (...) le Royaume de Dieu et sa justice ». Notre foi ça n’est pas des grandes idées, aussi belles soient-elles, du moins ça n’est pas d’abord cela, ça n’est pas que cela. Notre foi c’est une confiance en quelqu’un qui ouvre pour nous un chemin de vie qui passe par des actes concrets. Il s’agit de vivre à sa suite et à son exemple, il s’agit de vivre les appels de l’Évangile. « Cherchez (...) le Royaume de Dieu et sa justice », nous dit Jésus. Et pour St François ce fut notamment par une vie de pauvreté, pauvre parmi les pauvres.

Ça nous appelle. Une foi en actes, ça peut se vivre de plein des façons qui se résument dans cet appel d’Évangile pour moi capital que Jésus nous adresse en St Luc : « Soyez miséricordieux comme le Père est miséricordieux » (Lc 6,36). Or la miséricorde c’est quoi ? C’est son amour pour nous, qui s’est fait proche de nous en devenant l’un de nous. C’est son amour pour nous qui veut prendre soin de chacun et permettre à chacun de se relever là où la vie l’aurait cloué au sol. La miséricorde c’est aussi le pardon, chemin parfois difficile de nos vies.

La miséricorde – Adrien et Jijo se rappellent peut-être ce que je n’ai cessé de répéter lors de notre pèlerinage avec « Joie d’Évangile », à Rome, il y a 5 ans – la miséricorde, comme dit le pape François, c’est « l’amour de Dieu qui console, qui pardonne et qui donne l’espérance », cet amour qu’il peut nous manifester de plein de façons mais notamment par celles et ceux qui, sur notre route, vont s’arrêter à nos côtés et se pencher vers nous. Et c’est finalement notre mission à nous aussi.

C’est cela chercher le Royaume et sa justice, c’est en vivre, c’est être déjà de ce Royaume de Dieu que le Christ vient inaugurer et dévoiler en sa vie partagée avec nous.

Et, nous dit Jésus, le reste nous sera donné. Pas besoin de s’inquiéter. Appel un peu fou à s’en remettre comme St François à la Providence. C’est un acte de foi à poser : Dieu nous donne et nous donnera ce dont nous avons besoin. Le bonheur ne sera pas ailleurs et pas dans la richesse ou l’opulence, comme notre monde voudrait nous le faire croire. Mais dans une vie à la suite du Christ. Tout simplement. Une vie centrée sur l’essentiel qui est Dieu présent à ce que nous vivons, Dieu qui nous appelle à être miséricordieux. Et là le bonheur est donné.

Nous avons pourtant mille et une raisons de nous inquiéter du lendemain. Sans même parler des épreuves de nos vies dont notre 1ère lecture a fait allusion. L’enjeu pour nous tous c’est que nous apprenions à tout déposer dans le cœur de Dieu, dans la prière, et à nous soutenir les uns les autres sur le chemin. Et nous allons faire l’expérience que ce dont nous avons besoin pour avancer de fait va nous être donné. Qu’il faut qu’on y mette la main à la pâte, évidemment, mais Dieu est présent à nos vies, il nous accompagne, il nous souffle des chemins de vie.

Y compris au cœur de nos épreuves et de façon étonnante parfois. Pas toujours comme nous le voudrions et pas en temps et heure que nous souhaiterions nous, non, mais Dieu est là et Dieu nous donne des frères et des sœurs qui nous consolent et nous redonnent espérance, qui prennent soin de nous, qui nous aident à voir la vie qui nous traverse malgré tout et à apprendre à vivre comme St François dans une sorte d’émerveillement quand même de ce qui est donné et qui nous rend vivants, malgré tout.

Car la vie est plus forte que tout mal. C’est notre foi – notre foi en la résurrection dès aujourd’hui, dès ici-bas, dans le réel concret de ce que nous vivons. C’est notre foi, et nous pouvons en faire l’expérience et nous y aider les uns les autres. Il y a alors de quoi rendre grâce...

Il y aurait plein d’autres choses à dire ce matin de ces textes et à partir d’eux, notamment la 1ère lecture. Mais je vais m’arrêter là et je propose qu’on prenne quelques instants de silence pour laisser monter en nous ce que tout cela éveille, et confier au Seigneur là où nous en sommes chacun, là où nous en sommes de notre vie avec lui, de nos questions, de notre soif de bonheur aussi.

Nous déposons tout cela en lui ; et nous lui confions Santiago dans ce chemin que nous ouvrons pour lui et avec lui. Amen.

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