Homélie Dimanche du Bon Pasteur 2021

Publié le par Christophe Delaigue

4ème dimanche de Pâques – Année B

[Carmel ND de Surieu]

Journée mondiale de prière pour les vocations

Ac 4,8-12 / Ps 117 (118) / 1Jn 3,1-2 / Jn 10,11-18

 

Depuis plusieurs semaines nous contemplons le Christ qui a donné sa vie pour nous, par amour. Le Christ qui a consenti à ce qui allait advenir et qui s’est avancé librement, qui s’est laissé conduire, qui ne s’est pas défilé et qui a été mis à mort. Ma vie, dit-il, « nul ne peut me l’enlever ». On pourrait croire le contraire, justement. Mais non, il s’est donné, quoi qu’il en coûte, par amour et au nom même de cet amour sauveur.

Et il a ouvert pour nous un passage, celui de sa résurrection, dans laquelle il nous entraîne à sa suite.

« Le Père m’aime, dit-il, parce que je donne ma vie pour la recevoir de nouveau. Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau »

Quel pouvoir ? C’est celui de la liberté qui se fait obéissance à la volonté du Père, qui se fait réponse. Son pouvoir c’est celui de la liberté à se donner, à donner sa vie par amour.

Et nous le fêtons depuis Pâques, la vie a été re-suscitée, Dieu a ressuscité Jésus, victoire de la vie sur tout mal et sur toute mort, et chemin de vie qui nous est offert et proposé.

Sur ce chemin où Jésus nous précède, il nous assure de sa présence avec nous, nous l’avons entendu au fil de ces dernières semaines. Il est là, il veut nous accompagner et nous rejoindre. Et plus encore, il veut nous conduire. Il est ce pasteur qui conduit ses brebis.

Il veut nous conduire en ce lieu même qu’est sa résurrection, il veut nous conduire en ce lieu même qu’est le salut, la promesse qu’avec lui et quoi qu’il puisse nous arriver, la vie aura le dernier mot, même malgré les apparences parfois. Et l’assurance confiante que quoi qu’il nous arrive il sera là avec nous, que Dieu ne nous abandonne pas, à plus forte raison si nous nous tournons vers lui.

Jésus est bien l’Emmanuel. Le Dieu sauveur est bien le Dieu-avec-nous. Et c’est ainsi qu’il nous sauve. Par sa présence, mystérieuse mais pourtant bien réelle. Telle est en tout cas notre foi qui peut vraiment être moteur de vie et d’espérance.

Jésus est ce Bon Pasteur de l’Évangile, au nom du Père qui veut conduire son peuple jusqu’en la terre promise d’une vie libérée de tout ce qui l’entrave. Et cela dès aujourd’hui, dans le réel concret de notre quotidien.

Jésus est ce Bon Pasteur de l’Évangile, au nom du Père qui voudrait sauver tous les hommes – toute l’humanité – si nous le voulons bien et si nous voulons bien nous laisser conduire à lui.

Jésus est ce Bon Pasteur qui aime et connaît ses brebis – ses brebis que nous sommes – mais qui voudrait aussi entraîner avec lui toutes les autres, celles qui sont hors de l’enclos, celles qui sont parties peut-être, quelles qu’en soient les raisons, mais aussi, je crois, celles dont il n’est pas encore le berger et qui n’ont jamais entendu parler de lui…

En fait, c’est tout le mystère du salut qui se dit ce matin dans cette page d’Évangile, mais aussi tout l’enjeu de notre vie chrétienne, tout l’enjeu de notre vie à la suite du Christ.

Avec plusieurs appels qui nous sont implicitement adressés, dont celui de connaître et de reconnaître Jésus, comme lui nous connaît et nous aime. Le connaître et le reconnaître par une vie qui se rendre disponible et qui se fasse notamment familière de sa Parole, pour entendre qui il est vraiment et nous former à son école. Une vie aussi qui s’ouvre jour après jour à l’écoute intérieure de ce qu’il pourrait vouloir nous souffler de chemins de vie à sa suite, au cœur de ce qui nous habite et nous travaille, et en écho à cette Parole reçue et aux appels du monde autour de nous.

Alors, nous le savons, nous serons ses témoins, témoins pour d’autres, à notre petite mesure mais toute notre mesure. Et d’autres, peut-être, découvriront alors qu’il y a quelqu’un qui marche avec eux, une présence, et que ce quelqu’un veut les conduire eux aussi, les entraîner en sa promesse de vie qu’est la résurrection, quelqu’un qui les aime et qui leur peut leur apprendre à aimer à sa suite…

Il nous faut prier ce matin pour que notre Église – et donc chacun de nous et chacune de nos communautés – nous acceptions tout-jours de nous mettre dans ces dispositions-là. Celles du Christ lui-même pour ses brebis.

Par amour le Père nous a donné son Fils qui nous a rejoint en notre humanité pour nous révéler ce projet de salut. Par amour il nous a révélé comment prendre soin les uns des autres. Par amour il vient nourrir nos vies de sa présence de Ressuscité. Et dans une confiance folle en nous il nous envoie pour être aujourd’hui sa voix qui va consoler et annoncer le salut, ses mains qui vont prendre soin et relever le blessé, ses pieds qui vont aller à la rencontre et marcher avec celles et ceux qui cherchent quel sens à leur vie. C’est notre mission, chacun et ensemble, dans la diversité de nos charismes, de nos états de vie et de nos vocations.

Alors, en ce dimanche de prière pour les vocations, prions pour que nous soyons les uns et les autres fidèles à cet appel qu’est celui de notre vie baptismale et que nous soyons fidèles aussi à l’appel particulier auquel nous avons un jour répondu.

Demandons au Seigneur que nos vies, comme celle du Christ, soient appelantes pour d’autres, et que des jeunes, aujourd’hui encore, se lèvent, qu’ils osent se mettre à l’écoute de tout ce qui bouillonne en eux pour entendre, là, comment la Parole pourrait s’incarner avec ce qu’ils sont et avec les charismes propres qu’ils ont reçus ou que l’Esprit Saint suscitera en eux.

Oui, prions tout spécialement dans cette eucharistie pour les vocations, et prions notamment, si vous le voulez bien, pour les vocations presbytérales – et des vocations presbytérales pour notre diocèse.

Car nous avons besoin de pasteurs pour nos communautés, des pasteurs qui les aide à avancer à l’écoute et à la suite du Christ, des pasteurs qui prennent soin de leurs communautés pour que chacun en elles puisse déployer les appels de l’Évangile, à sa mesure, en étant nourri de la Parole et des sacrements et en apprenant à s’ouvrir au Christ qui toujours nous précède et à l’Esprit Saint qui souffle en nos vies.

Des pasteurs qui permettent à tous de vivre de leur baptême pour que d’autres, autour de nous, découvrent ce mystère qui nous fait vivre et que nous célébrons à chaque eucharistie : le Christ Jésus, mort et ressuscité, Présence aimante d’un Dieu qui veut nous rejoindre et nous sauver de tout mal.

 

Publié dans Homélies

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