Homélie mardi 6 avril 2021

Publié le par Christophe Delaigue

Mardi de la 1ère semaine de Pâques

Ac 2,36-41 / Ps 32 (33) / Jn 20,11-18

 

A peine sommes-nous sortis de carême, qu’on nous parle déjà, et de nouveau, de conversion. C’est l’appel de la 1ère lecture, l’appel de Pierre à la foule de ceux à qui est annoncée la résurrection. Et c’est la double expérience de retournement de Marie-Madeleine dans cette si belle page d’évangile de ce jour.

Se convertir pour être sauvés. Voilà l’enjeu. C’est-à-dire pour entrer dans les promesses de résurrection, pour aujourd’hui, et recevoir l’Esprit Saint que Jésus a promis et qui est sa force de Vie.

Se convertir, ou plutôt se laisser convertir par Dieu lui-même, se donner les moyens qu’il vienne nous convertir. Car la conversion n’est pas le fait de notre volonté mais bien de l’œuvre de Dieu en nous.

On le voit très bien avec Marie-Madeleine et son double retournement. C’est la rencontre du Ressuscité, son appel et sa Présence aimante, qui provoquent ce double retournement de Marie-Madeleine et son envoi en mission.

Cet appel à la conversion digne d’un temps de carême mais qui est pourtant tellement pascal, il nous faut de fait le réentendre déjà. Car ce sera toujours à accueillir et parce que cette Bonne nouvelle de la résurrection et la joie pascale qui va avec, ce sera toujours à laisser se déployer en nous, en nos vies. Pour que ce soit véritablement une Bonne nouvelle transformante, pas juste une belle idée ou des mots qui font tout chaud au cœur mais qui ne changent rien. Une Bonne nouvelle à accueillir petit à petit et année après année, jour après jour…

« Que devons-nous faire ? » demande la foule à Pierre. Et nous, que faire, que faire de cette Bonne nouvelle, comment nous laisser transformer, modeler par elle ?

Demander la grâce, je crois, de l’expérience. Et déjà contempler comment la résurrection est concrètement à l’œuvre dans les premières rencontres du Ressuscité, et faire mémoire de nos expériences personnelles de salut. Car la rencontre du Ressuscité est bien une expérience de salut. Marie passe des pleurs à la joie, de la mort et de la séparation de Jésus à sa rencontre, du vide d’un Maître qui n’est plus là et d’une forme de paralysie qui va avec à l’envoi en mission.

Dans la rencontre de celui qu’elle va reconnaître comme le Ressuscité, Marie-Madeleine fait bien une expérience de salut.

Et je crois que nos propres expériences de salut sont des expériences très concrètes d’une forme de rencontre avec le Ressuscité, des expériences d’une Présence et d’un Amour qui nous a pu nous saisir et nous mettre en route. C’est en tout cas ce que j’ai pu relire relire ce matin dans la prière, ce que j’ai pu relire de mon propre  chemin de salut et de rencontres du Ressuscité dans tels et tels évènements de mon histoire.

Oui, je le crois, il me semble qu’expérience de salut et découverte d’une Présence et d’un Amour qui nous prend et nous envoie sont intimement liés.

Alors, tout simplement, dans cette eucharistie, prenons le temps du silence qui fait mémoire. Et ce qui va remonter en nous de notre histoire de salut(s) et de rencontres du Christ Présent à ce que nous vivions, eh bien tout simplement offrons-le en action de grâce – eucharistie – et déposons-le avec le pain et le vin. Pour qu’aujourd’hui encore le Christ ressuscité se révèle à nous et nous comble de sa joie, la joie promise, la joie parfaite, sa joie qui est toute paix. Amen.

Publié dans Homélies

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