Méditation Vendredi Saint

Publié le par Christophe Delaigue

 

Te contempler, exposé aux regards de tous et aux railleries, suspendu au bois de la Croix...

“C'était nos souffrances qu'il portait, nos douleurs dont il était chargé” (Is 53,4)...

Te contempler, abasourdis... car c'est à n'y rien comprendre ! Toi, l'Envoyé du Père, son Tout-aimé, il Te laisse souffrir et mourir comme le pire des voleurs et des menteurs et même tel un meurtrier ?

C'est à n'y rien comprendre...

Et pourtant, Tu T'es avancé, librement, même si Tu cries vers le Père, reprenant et portant toutes nos désespérances, tous nous doutes, toutes nos révoltes...

“C'était nos souffrances qu'il portait, nos douleurs dont il était chargé”...

Tu T'es avancé, libre et confiant, ne Te défilant pas à ce qui vient, au nom même de l'Amour, l'amour qui se donne jusqu'au bout, l'amour qui laisse l'autre complètement libre, y compris de renier, de mettre à mort, d'abandonner... L'amour qui pardonne, jusque sur le bois de la Croix... Leçon de vie, mystère dans lequel Tu veux nous entraîner à Ta suite...

Te contempler... Toi qui T'es donné librement... “Ma vie, nulle ne la prend mais c'est moi qui la donne” (Jn 10,18)... Mystère de Ta venue en notre humanité, Dieu qui s'abaisses jusque là, qui T'offres jusque dans le consentement à vivre vraiment notre condition humaine jusqu'en l'expérience de la souffrance et de la mort, et à cause du péché des hommes, ce mal qui défigure nos vies...

“C'était nos souffrances qu'il portait, nos douleurs dont il était chargé”...

Tu es là, exposé à nos regards, nous invitant à entrer dans ce mystère, à y clouer avec Toi nos propres cris, nos découragements, notre mal et nos souffrances, tout ce qui nous blesse, tout ce qui nous cloue au sol, tout ce qui rend cette vie si difficile.

Tu es là, exposé tel le Serpent d'airain que Moïse devait brandir au désert et que le peuple devait regarder, pour ne pas mourir. Alors, fixer sur nos yeux sur Toi, ne pas Te lâcher du regard, recueillir Ton dernier Souffle, et rester en silence... Le silence des nuits de tant d'hommes et de femmes en ce monde... Le silence de la mort... Le silence d'une attente... celle d'un salut promis, ce salut qui vient, le salut qui est déjà à l'oeuvre, jusqu'en nos vies...

Te regarder et se rappeler quand Tu disais : “Venez à moi vous tous qui peinez (...) et moi je vous donnerai le repos”, la paix, le salut (Mt 11,28)...

C'est à n'y rien comprendre ? C'est un chemin, qui engage notre confiance en Ta Parole, en tout ce que Ta vie a révélé, un chemin qui nous oblige à faire un pas, comme un saut dans l'inconnu, celui du silence et de l'attente, celui d'une résurrection qui vient...

Tout déposer avec Toi sur le bois de la Croix, tout déposer ainsi auprès du Père, pour se laisser sauver et ressusciter avec Toi... Telle est notre espérance et notre foi, dans un “Je T'aime” à renouveler aujourd'hui encore, un “Je T'aime” à Ta Présence et à Ton Amour qui tout-jours seront à chercher, à accueillir, à vivre...

Publié dans Méditations

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