Le blog de Christophe Delaigue, prêtre à Grenoble : homélies, cinéma, lectures…

Homélie sacrement des malades

Is 40,1-5.9-11 / Ps 22 (23) / Mc 2,1-12

Je n’ai pas envie de vous faire de grands discours mais juste vous partager bien simplement ce qui m’est venu ce matin en pensant à toi, N*, et à cette célébration, et en laissant monter en moi le pourquoi d’avoir proposé ces textes qu’on vient d’entendre. Tout simplement.

Cette page d’évangile avec le paralytique, elle s’est imposée à moi la première fois qu’on s’est vu avec N*, l’autre jour, pour évoquer ce sacrement des malades et la possibilité de le recevoir, et son pour-quoi aussi : nous sommes là pour te porter, N*, dans la foi, et déjà par la nôtre. Pour que le Seigneur te guérisse et qu’il te relève de ta maladie.

Concrètement j’ai envie de dire que je ne sais pas ce que ça veut dire, au sens où je ne sais pas ce que ça va produire. Mais que le Seigneur te guérisse, N*, au cœur de cette maladie qui te paralyse la vie. Et plus, s’il veut, s’il peut. Si telle est l’œuvre de salut qu’il veut faire en toi.

Car la guérison ce n’est pas d’abord ou pas seulement le miracle et la guérison physique – on le voit bien dans cette page d’évangile –, la guérison c’est le salut, c’est la vie re-suscitée en nous, la vie qui nous rend vivants, et vivants malgré tout, vivants au cœur du réel de nos jours... Et la guérison c’est la confiance alors libérée, renouvelée.

Cette confiance et cette vie re-suscitées, c’est ça qui peut nous guérir en profondeur et pourquoi pas jusqu’à retrouver la pleine santé. C’est en tout cas ce que nous demandons, c’est aussi notre foi, même si, c’est vrai, ça ne va pas toujours jusque là – et j’en suis « malheureusement » un bon exemple ! Mais ce que je crois en tout cas, c’est que si nous faisons l’expérience de la vie qui reprend en nous, si nous faisons l’expérience d’être debout malgré tout, si nous faisons l’expérience de la vie plus forte que le mal qui nous assaille, alors c’est gagné, le salut est à l’œuvre, et c’est guérison…

Ce sacrement que nous célébrons il est vraiment de l’ordre de la consolation d’abord. Au sens fort. Il s’agit de prendre soin et d’apaiser les cœurs. D’où la 1ère lecture qu’on a eu tout à l’heure avec Isaïe et l’appel qui nous est fait à la consolation. Au nom de Dieu.

Il s’agit de demander cette paix du cœur que le Christ ressuscité promet à ses amis, cette paix du cœur qui permet d’accueillir la vie. Et cette consolation elle passe dans le secret des cœurs, dans le silence de la prière, mais aussi par ce que nous allons en être les uns pour les autres. C’est l’appel à aimer, qui est le cœur de l’Évangile.

L’appel à aimer, pour nous, et donc l’appel à te laisser aimer, N* : nous laisser aimer tels que nous sommes, nous laisser aimer par Dieu et par celles et ceux qui nous entourent et qui veulent nous porter, nous soutenir, nous aider. Nous aimer...

Nous laisser aimer dans ce que nous traversons pour laisser la vie faire son œuvre en nous – pour choisir la vie, aussi –, et pour laisser la paix et la confiance renouvelée nous façonner de l’intérieur.

Alors c’est vrai, peut-être la question qu’on porte intérieurement c’est quand même de savoir quelle guérison sera accordée ? J’ai envie de dire que ce n’est alors plus la question. Nous demandons et il s’agit ensuite de se laisser faire, de se laisser conduire dans cette confiance que nous posons ce matin que le Seigneur est là avec nous, qu’il veut pour nous la vie et les verts pâturages – comme disait le psaume –, la confiance aussi qu’il donne ce dont nous avons besoin et qu’au cœur de tout cela il veut que notre chemin s’aplanisse, il veut nous éloigner des ravins du mal et de la mort.

Mais il ne le fait pas sans nous, toi N* comme nous qui t’entourons ; il ne le fait pas sans notre consentement à la vie, la vie qui nous traverse malgré tout et qu’il nous faut apprendre à recueillir, même dans les toutes petites choses du quotidien qui sont sans éclat et qui parfois nous paraîtraient presqu’insignifiantes. La vie qui nous traverse : un sourire, un coup de fil qui fait plaisir, un sentiment de paix reçu dans la prière, une main tendue…

Alors nous nous portons ce matin dans la prière – nous te portons, N*, dans la foi et la prière. Et nous demandons au Seigneur qu’il te guérisse, nous lui demandons qu’il fasse en toi son œuvre de vie. Amen.

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